
Les plus belles randonnées en forêt de Fontainebleau : guide complet 2026
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La randonnée Fontainebleau attire chaque année des milliers de marcheurs à moins d'une heure de Paris : 25 000 hectares de sable blanc, de chaos de grès et de hêtres bicentenaires, et pourtant la forêt de Fontainebleau reste systématiquement sous-estimée. On y vient pour deux heures de marche, on repart avec l'envie de revenir pour deux jours. Le massif a cette particularité : il ressemble à chaque fois à quelque chose d'autre selon le secteur, la saison, la lumière. Ce que les peintres de l'école de Barbizon avaient compris dès le XIXe siècle, les randonneurs qui connaissent vraiment « Bleau » le retrouvent à chaque sortie.
Ce guide de la randonnée Fontainebleau couvre 16 itinéraires, du sentier familial de 5 km aux grandes traversées de deux jours, avec pour chacun les données concrètes : distance, dénivelé, difficulté, point de départ, accès en train depuis Paris. Vous trouverez le Circuit des 25 Bosses et ses 850 mètres de dénivelé cumulé sur terrain sableux, les gorges de Franchard et leurs blocs de grès sculptés en animaux par l'érosion, le massif secret des Trois Pignons où une orchidée sauvage sur cinq espèces pousse dans la Canche aux Merciers. Et si vous n'avez jamais vu des grimpeurs de bloc travailler à trois mètres du sentier, Fontainebleau va vous surprendre : c'est le berceau mondial du bouldering, un art de la montée courte et technique que le guide audio Ryo vous raconte aussi depuis les grandes villes. Les 16 itinéraires de cet article ont tous été sélectionnés pour leur caractère distinct, pas question de vous envoyer deux fois au même endroit avec un balisage différent.

Comprendre la forêt avant de chausser
Avant de choisir votre randonnée Fontainebleau, quelques repères géographiques changent tout. La forêt de Fontainebleau n'est pas un bloc homogène : elle se compose de plusieurs massifs distincts, séparés par des plaines, des routes et des villages. Connaître ces massifs, c'est savoir que le massif central (autour de Fontainebleau-ville) est le plus fréquenté mais pas nécessairement le plus spectaculaire, que les Trois Pignons (sud-ouest, secteur Milly-la-Forêt) offrent la plus forte concentration de chaos au mètre carré, et que le massif du Mont Aigu (nord) est presque confidentiel malgré ses panoramas dégagés.
Le sol est la première surprise. Contrairement à une forêt de montagne avec des sentiers tracés dans la terre compacte, Fontainebleau se marche sur du sable pur, du grès et des dalles inclinées. Le sable meuble absorbe chaque pas, ce qui fatigue les mollets deux fois plus vite qu'un chemin ordinaire. Les dalles de grès humides glissent. Les chaos (accumulations de blocs) demandent de l'attention pour les appuis. Résultat : un circuit noté « intermédiaire » ici peut se montrer plus exigeant qu'une randonnée alpine cotée de la même façon.
Le balisage est un système propre au massif. Deux réseaux coexistent :
- Les sentiers Denecourt-Colinet (balisés en bleu, numérotés de 1 à une vingtaine) : les plus anciens chemins de randonnée balisés au monde, créés à partir de 1842 par Claude-François Denecourt. Ils traversent les secteurs les plus pittoresques.
- Les sentiers de l'Association des Amis de la Forêt de Fontainebleau (AFF) : plusieurs couleurs (orange, vert, rouge), créés pour compléter le réseau Denecourt sur les secteurs moins couverts.
- Le GR®1 (blanc-rouge) : le tour de l'Île-de-France, qui traverse la forêt du nord au sud.
Une carte papier ou un tracé GPX téléchargé reste indispensable. Le réseau téléphonique est capricieux dans les zones encaissées, et les intersections peuvent se multiplier sans GPS. L'AFF distribue ses tracés gratuitement sur son site, et la carte IGN Top 25 n°2417OT (Fontainebleau) couvre l'ensemble du massif au 1 : 25 000.
Le Circuit des 25 Bosses
Distance : 17 km | Durée : 6 à 8 h | Dénivelé : 850 m | Difficulté : difficile | Départ : parking de la Croix Saint-Jérôme, Arbonne-la-Forêt
Peu de randonnées Fontainebleau portent aussi bien leur nom. Les « 25 bosses » désignent les innombrables buttes de grès qui jalonnent ce parcours dans le massif de Milly-la-Forêt, côté sud-ouest de la forêt. À chaque descente, une montée attend dans les cinquante mètres suivants. À chaque montée, une dalle inclinée demande un ajustement d'appui. C'est épuisant, c'est magnifique, et ça ne ressemble à aucun autre terrain de randonnée en Île-de-France.
Le départ s'effectue depuis le parking de la Croix Saint-Jérôme, à Arbonne-la-Forêt. Depuis Paris par la ligne R (Gare de Lyon), descendre à Bois-le-Roi puis compter 6 km à vélo ou en taxi pour rejoindre le parking, c'est le seul itinéraire de cet article qui n'est pas directement accessible à pied depuis une gare. Prévoir le départ tôt : avec 850 mètres de dénivelé positif répartis sur de très courtes montées qui s'enchaînent sans répit, les 17 km prennent facilement 7 heures si l'on s'arrête comme il se doit.
Le circuit emprunte le balisage rouge dès le départ, une marque peinte sur les rochers et les arbres tous les quinze mètres environ, ce qui rend le tracé facile à suivre malgré les innombrables intersections. Très rapidement, le sentier abandonne les sous-bois plats pour grimper sur le premier chaos : des dalles de grès grises inclinées à 30°, où les appuis sont larges mais où les chaussures à semelle souple montrent leurs limites. Les vues se dégagent sur les landes de bruyère en contrebas, ponctuées de pins sylvestres tordus par le vent de sud-ouest, le vent dominant du massif.
La partie centrale traverse les fameuses bosses en succession rapide : sable blanc consolidé par des racines de pins, creux sombres, crêtes brûlées par le soleil. Le point haut de la Croix du Grand Veneur offre un panorama à 360° sur le massif, par temps clair, la plaine de la Brie s'étale à l'est jusqu'aux premiers reliefs du Gâtinais. C'est ici que l'on comprend la vraie topographie de Fontainebleau : ce n'est pas une forêt plate percée de quelques rochers, c'est un relief complexe que les frondaisons dissimulent depuis la route.
Le retour descend le long d'un vallon sableux encadré de parois de grès où des blocs en équilibre précaire semblent posés par une main invisible. Les grimpeurs de bloc (les « bleausards ») s'entraînent ici depuis les années 1930, vous croiserez probablement plusieurs cordées à quelques mètres du sentier, tapis de réception sous le bras, en train de travailler des voies millimétrées. La cohabitation entre randonneurs et grimpeurs est une des saveurs particulières de Fontainebleau.
En automne, le sable humide rend les dalles glissantes. Choisissez les journées sèches, et évitez les chaussures de trail à picots qui déstabilisent sur les plaques inclinées. Les bâtons de randonnée sont un vrai confort sur ce circuit.
Les Gorges d'Apremont et l'école de Barbizon
Distance : 10,5 km | Durée : 3 h 30 | Dénivelé : 220 m | Difficulté : intermédiaire | Départ : parking du village de Barbizon
Cette randonnée Fontainebleau dans les gorges d'Apremont explique à elle seule pourquoi Théodore Rousseau a planté son chevalet dans ce secteur des centaines de fois. La traversée des gorges proprement dites s'effectue sur un sentier balisé en bleu entre deux parois de grès qui montent à 8 à 10 mètres de hauteur, l'encaissement est réel, le fond est sableux, et l'atmosphère change radicalement dès l'entrée dans le couloir. En automne, les hêtres dorés qui couvrent les parois transforment le lieu en aquarelle vivante. En hiver, quand les arbres sont nus, les parois de grès prennent une teinte presque orangée sous le soleil bas.
Le départ depuis le parking du village de Barbizon (à 10 km au nord de Fontainebleau par la D64, accessible en taxi depuis la gare Fontainebleau-Avon) permet une combinaison utile : avant ou après la randonnée, le musée de l'École de Barbizon (Grande Rue, entrée 6 €) présente les tableaux peints sur ces lieux exacts, certains avec la comparaison côte à côte avec l'état actuel du paysage. Une mise en perspective rare et concrète pour comprendre pourquoi ces grès ont fasciné les peintres du XIXe siècle.
Après les gorges, le circuit monte sur le plateau d'Apremont, qui offre l'une des plus longues vues du massif vers le nord-ouest : par temps dégagé, la silhouette du château de Vaux-le-Vicomte est visible à 22 km à vol d'oiseau. La descente vers Barbizon traverse la plaine des Belles-Croix, un plateau de lande rase où paissent parfois des chevaux du centre équestre local, contraste saisissant avec le milieu rocheux des gorges, deux mondes séparés de moins d'un kilomètre.
La variante longue prolonge jusqu'au Rocher Cuvier-Châtillon (+ 4 km, +80 m de dénivelé), dont les vues vers le sud complètent parfaitement le panorama d'Apremont. Si vous faites les Gorges d'Apremont un week-end de printemps ou d'automne, arrivez avant 9 h : c'est un des secteurs les plus photographiés de la forêt, et la lumière du matin y est sans équivalent.

Les Gorges de Franchard
Distance : 12 km | Durée : 4 h | Dénivelé : 280 m | Difficulté : intermédiaire | Départ : Carrefour de Franchard (D409, 77300 Fontainebleau, noté 3.2/5 sur Google pour 87 avis), D409 (7 km depuis Fontainebleau-ville)
Cette randonnée Fontainebleau est peut-être la plus surprenante pour un marcheur qui s'attend à une forêt ordinaire. Ce ne sont pas des gorges au sens alpin, pas de falaises verticales ni de torrent encaissé, mais une vaste cuvette de sable blanc entourée de chaos de grès, comme si un géant avait renversé une boîte de blocs entre les chênes. L'effet de surprise est total : on arrive par un sentier plat sous les pins, et soudainement le sol s'ouvre sur ce cirque minéral lumineux.
Le balisage bleu de l'AFF guide depuis le Carrefour de Franchard (grand parking gratuit, point de départ le plus commode) vers le fond des gorges, où le sable blanc prend une teinte dorée en fin d'après-midi. Les premiers blocs surgissent à la sortie d'une futaie de pins : certains mesurent 4 à 5 mètres de haut, sculptés par l'érosion différentielle en formes qui évoquent des animaux ou des champignons. Le Rocher de la Salamandre, un bloc isolé dont la silhouette évoque effectivement un lézard en grès, se trouve à mi-parcours à 20 mètres au-dessus du sentier principal. Une montée de 5 minutes sans équipement permet d'atteindre son sommet plat, d'où la vue embrasse l'ensemble du cirque.
La seconde moitié monte sur le plateau de Franchard, couvert de bruyère rase et de genêts. Au printemps (avril-mai), la floraison jaune et la lumière rasante du matin font de cet endroit l'un des panoramas les plus photographiés du massif. Le belvédère de l'Ermitage, une ancienne loge de garde transformée en ruine romantique au XIXe siècle, plonge sur les gorges en contrebas. La descente finale traverse la « mer de sable », une zone de dunes intérieures stabilisées par la végétation, où le sol cède légèrement sous les pieds et les pas font un bruit sourd caractéristique.
En lisière de ce secteur au crépuscule, les sangliers sont parfois visibles en journée, Franchard est l'un des rares endroits du massif où ils sortent encore avant la nuit. En octobre, le brame des cerfs s'entend depuis les gorges à l'aube.
Variante : en combinant avec le sentier Denecourt-Colinet n°16 (balisé rouge), vous rallongez à 16 km pour atteindre le Rocher des Potets, avec ses marmites d'érosion parmi les plus impressionnantes de la forêt.
Le Circuit des Trois Pignons
Distance : 13 km | Durée : 4 h 30 | Dénivelé : 320 m | Difficulté : intermédiaire à difficile | Départ : parking de la Croix Saint-Jérôme, Arbonne-la-Forêt
Le massif des Trois Pignons est le secteur que les habitués de Fontainebleau mentionnent rarement aux inconnus, non par mauvaise volonté, mais parce que sa faible fréquentation comparée au massif central est en partie sa valeur. Situé à l'extrémité sud-ouest, autour de Milly-la-Forêt, il concentre davantage de chaos, de landes et de reliefs qu'aucun autre secteur de surface équivalente. Les trois éperons rocheux visibles depuis la plaine qui lui donnent leur nom dominent une topographie brisée, magnifique et exigeante.
Le départ depuis le parking de la Croix Saint-Jérôme à Arbonne-la-Forêt (même parking que les 25 Bosses, itinéraire distinct) engage d'abord les balises oranges de l'AFF vers le sud, puis bascule sur les sentiers Denecourt-Colinet bleus. Le premier tiers traverse la « Vallée Close » : un creux de sable blanc entouré de pins et de bruyères où le silence est quasi absolu en semaine. La faune y est plus riche qu'ailleurs dans le massif, protection liée à la faible fréquentation, la zone accueille cerfs, chevreuils et, depuis 2019, des traces régulières de loup gris selon l'Office français de la biodiversité.
La montée vers le premier pignon est la section la plus exigeante : 45 mètres de dénivelé sur 200 mètres horizontaux, avec quelques pas d'escalade non exposés (cotation UIAA I-II, mains nécessaires). Le sommet offre une vue sur la plaine de la Brie, la vallée de l'École et, par temps très clair, la silhouette de Paris à 50 km au nord. C'est un des rares endroits de la forêt où l'on comprend physiquement à quel point le massif est enclavé dans la plaine.
La descente vers le deuxième pignon traverse la Canche aux Merciers, un vallon de sable blanc et de genêts qui abrite en mai une floraison d'orchidées sauvages, cinq espèces différentes recensées dans ce secteur par l'ONF en 2023, dont l'Ophrys abeille et l'Orchis bouc. La jonction avec le troisième pignon passe par un sentier plat longeant une prairie humide, dernier habitat naturel du triton marbré dans le massif.
La boucle finale remonte vers le plateau par une escalade de blocs qui constitue le passage le plus technique du circuit. Pas de danger objectif, mais les mains sont indispensables et les enfants de moins de 10 ans peuvent avoir besoin d'aide. Les Trois Pignons sont aussi le secteur le plus venteux de la forêt, exposé au sud-ouest : prévoir une couche supplémentaire même en été. En hiver, les plaques de verglas sur les rochers sont traîtresses, l'ombre persiste des heures sur les faces nord des blocs.
Le Sentier Denecourt-Colinet n°7 : le secteur Cuisinière
Distance : 9 km | Durée : 3 h | Dénivelé : 180 m | Difficulté : intermédiaire | Départ : Carrefour de la Reine Blanche (Route Nationale 7, 77300 Fontainebleau, noté 4.2/5 sur Google pour 58 avis), 4 km est de Fontainebleau par la N7
Claude-François Denecourt était un ancien sous-officier de l'armée napoléonienne reconverti en amoureux de la forêt. À partir de 1842, il a passé plus de quarante ans à tailler des sentiers dans la roche, peindre les premières balises et rédiger des guides vendus aux promeneurs parisiens. Le réseau qui porte son nom, plus de 150 km de chemins numérotés, forme le plus ancien réseau de randonnée balisé au monde. Le n°7, dans le secteur de la Cuisinière au centre-est du massif, est l'un des plus spectaculaires de tout ce réseau.
Dès les premiers hectomètres, le sentier s'engage entre des blocs de grès aux formes improbables. La « Tortue », un bloc de 2,8 mètres posé en équilibre sur une base effilée, et le « Champignon », coiffé d'un chapeau de grès dur de 40 cm d'épaisseur sur une tige amincie par l'érosion, illustrent le processus d'érosion différentielle : les couches silicifiées résistent, les couches sableuses s'évident, produisant des sculptures que nulle main humaine ne pourrait imiter. Ces formes ont fasciné les peintres de Barbizon bien avant qu'elles fascinent les grimpeurs.
Le sentier n°7 monte ensuite sur le plateau de la Cuisinière, dont la vue dégagée vers le sud-est laisse apercevoir, par temps limpide, les premiers reliefs du Gâtinais. La descente vers le vallon des Demoiselles traverse une futaie de chênes séculaires où le couvert est si dense que la végétation au sol disparaît presque complètement, ambiance cathédrale, silence de cloître. C'est la végétation la plus ancienne du massif central, certains chênes dépassant 250 ans.
Ce sentier est aussi l'un des passages les plus fréquentés par les grimpeurs qui rejoignent le circuit de blocs de la Cuisinière, classé parmi les meilleurs spots de bloc d'Europe. Un week-end de printemps, vous croiserez plusieurs dizaines de bleausards avec tapis de réception sous le bras, en train de travailler des voies millimétrées. L'ambiance est bonne enfant.
Conseil : téléchargez la carte AFF du secteur avant de partir. Les intersections se multiplient et le GPS seul peut envoyer sur le mauvais numéro de sentier. Le site de l'AFF (aaff.fr) propose les tracés GPX gratuitement.

Le bouldering à Fontainebleau : quand le rocher devient terrain de jeu
Une randonnée Fontainebleau ne se résume pas à la marche : le massif est aussi un terrain de jeu vertical. C'est littéralement le berceau mondial de l'escalade sportive. Dans les années 1930, des alpinistes parisiens ont commencé à utiliser les chaos de grès comme terrain d'entraînement hivernal, inventant au passage une technique sans corde, sans hauteur, avec un tapis pour amortir les chutes : le bouldering. Aujourd'hui, des grimpeurs du monde entier viennent spécifiquement à Fontainebleau pour ses blocs.
Le grès de Fontainebleau a une prise particulière. La roche est granuleuse, parfois rugueuse jusqu'à user les doigts en une session, parfois lisse comme du savon sur les volumes polis par des décennies de mains. Les secteurs sont répertoriés dans le « Fontainebleau Climbs » (Jingo Wobbly), la bible des bleausards : plus de 1 600 blocs cotés du orange (débutant) au noir (élite mondiale). Les secteurs les plus accessibles aux randonneurs curieux :
- Rocher Canon (secteur familial, blocs bas, pas d'exposition)
- Secteur Cuisinière (circuit orange et bleu, idéal pour débuter)
- Rocher des Demoiselles (secteur classique, beaux blocs)
- Cuvier-Rempart (niveau avancé, blocs emblématiques de Bleau)
Aucun équipement de corde n'est nécessaire. Un tapis de réception (crashpad) si l'on veut grimper sérieusement, des chaussons d'escalade pour les frictions sur les dalles. Pour les randonneurs, il suffit d'observer : regarder un grimpeur de bon niveau travailler une voie de 3 mètres pendant une heure est une expérience en soi. La concentration, l'économie de mouvement, la façon de lire la roche, c'est une autre façon d'habiter la forêt.
Le guide audio Ryo, disponible sur notre application pour les grandes villes d'Europe, ne couvre pas encore Fontainebleau directement, mais si vous arrivez par la gare de Fontainebleau-Avon, le parcours audioguidé Ryo de certaines villes proches vous donne déjà un avant-goût de la façon dont on raconte un territoire par ses détails. La forêt, elle, se raconte mieux avec les pieds.
La Table du Roi
Distance : 8 km | Durée : 2 h 30 | Dénivelé : 120 m | Difficulté : facile à intermédiaire | Départ : Parking Rocher des Demoiselles (Route Ronde, 77300 Fontainebleau), 3 km nord-est de Fontainebleau-ville
La Table du Roi est un plateau de grès à ciel ouvert au cœur du massif nord, d'où les rois de France contemplaient leurs chasses à courre. Son nom n'est pas une métaphore : quelques bancs de grès naturels forment une surface horizontale d'environ 30 mètres de long, polie par les passages et par le temps, où des générations de promeneurs ont gravé leurs initiales. L'inscription identifiable la plus ancienne daterait de 1642. Ce détail, 380 ans de passage humain sur la même pierre, dit quelque chose de la permanence de la forêt face à l'éphémère des visites.
L'accès est parmi les plus commodes du massif : la gare de Fontainebleau-Avon est à 1,3 km à pied du départ, ce qui en fait l'une des rares randonnées véritablement « porte à porte » depuis Paris. Le sentier monte d'abord vers la mare aux Fées avant de gagner le plateau via une succession de pas rocheux agréablement techniques. Sur le plateau, la vue est dégagée dans plusieurs directions, rare à Fontainebleau, où le couvert forestier masque souvent les horizons.
La descente emprunte la vallée de la Solle, un couloir sableux envahi de bruyère callune en août (teinte violette intense, une des plus belles images du massif). La variante balisée en rouge ramène directement vers la gare, sans voiture. Idéale comme première randonnée Fontainebleau, accessible dès 8 ans avec de bonnes chaussures.
À noter : le plateau est une zone de protection intégrale en période de nidification (15 mars - 31 juillet). Les sentiers balisés restent accessibles, mais le hors-sentier est interdit pendant cette période.
Le Rocher Canon et la futaie du Bas-Bréau
Distance : 6 km | Durée : 1 h 45 | Dénivelé : 80 m | Difficulté : facile | Départ : Parking du Bas-Bréau (Route du Bas-Bréau, 77300 Fontainebleau, noté 4.6/5 sur Google pour 142 avis), 2 km nord de Fontainebleau-Avon sur la D409
Le Rocher Canon est la randonnée de proximité du Fontaineblois : courte, accessible depuis la ville à pied, surprenante. Le sommet à 175 mètres s'atteint en 20 minutes depuis le parking, et la vue sur la plaine de la Brie récompense largement ce court effort. En contrebas, le Bas-Bréau est une ancienne clairière de chênes pédonculés bicentenaires classée en réserve biologique intégrale : pas de sentier balisé à l'intérieur, mais le pourtour est accessible et la densité des arbres vénérables est saisissante. Certains chênes atteignent 7 mètres de circonférence.
Parfaite pour une randonnée de fin de journée : la lumière descendante sur les grès de septembre à novembre est remarquable.

La Seine Sauvage au départ de Thomery
Distance : 10 km | Durée : 3 h | Dénivelé : 90 m | Difficulté : facile | Départ : Gare de Thomery (Rue de la Gare, 77810 Thomery, noté 4.1/5 sur Google pour 16 avis) (ligne R depuis Paris-Gare de Lyon, 55 min)
Cet itinéraire est la grande surprise de la randonnée Fontainebleau pour ceux qui imaginent le massif uniquement comme une forêt intérieure de rochers et de sable. La Seine Sauvage longe le fleuve depuis Thomery jusqu'à Moret-sur-Loing sur une rive quasi vierge de construction, entre falaises de grès calcaire et vignes en espalier, les célèbres vignes de raisin chasselas de Thomery, classées « site remarquable du goût ». On est encore dans l'aire de la forêt de Fontainebleau, mais le paysage n'a plus rien à voir avec les chaos et le sable.
Depuis la gare de Thomery (accessible en 55 minutes depuis Paris-Gare de Lyon par la ligne R), le sentier descend vers la Seine en cinq minutes depuis le quai. Il longe ensuite la berge sur 5 km sans aucune route, avant de remonter vers Moret-sur-Loing par les falaises qui dominent le lit du fleuve. La portion entre le kilomètre 3 et le kilomètre 6 est la plus sauvage : la berge n'est large que de 2 à 3 mètres, les arbres plongent dans l'eau, les bateaux fluviaux créent un clapotis rythmé. En dehors de quelques pêcheurs, la solitude est presque garantie en semaine.
La faune aviaire est remarquable tout au long du parcours : hérons cendrés statiques en lisière d'eau, martins-pêcheurs furtifs, et en hiver, harles bièvres venus de Scandinavie. L'arrivée à Moret-sur-Loing mérite une halte, le bourg médiéval, ses tours de pierre, son pont roman du XIIe siècle constituent l'un des plus beaux villages de Seine-et-Marne. Le retour se fait en train depuis Moret-Veneux-les-Sablons (ligne R, 12 minutes jusqu'à Fontainebleau-Avon).
La randonnée peut aussi se transformer en boucle de 15 km en remontant par les hauteurs du village de Montarlot (+ 4 h 30, +150 m de dénivelé supplémentaire).
La Trans'Bleausarde : la grande traversée en 2 jours
Distance : 52 km | Durée : 2 jours | Dénivelé : 1 200 m cumulé | Difficulté : difficile | Départ : Gare de Fontainebleau-Avon (Avenue Franklin Roosevelt, 77300 Avon, noté 3.6/5 sur Google pour 237 avis) | Arrivée : Maisse (RER D)
La Trans'Bleausarde est la plus longue randonnée Fontainebleau de ce guide, 52 km d'un trait du nord-est au sud-ouest, reliant Fontainebleau-Avon à Maisse en traversant cinq massifs distincts et une dizaine de secteurs balisés. C'est l'itinéraire pour ceux qui veulent comprendre la forêt entière dans une seule expérience continue, plutôt que de la connaître secteur par secteur.
L'organisation classique en deux étapes :
- Jour 1 (26 km) : Fontainebleau-Avon → Gorges de Franchard → Barbizon ou Arbonne-la-Forêt. Hébergement en gîte (réservation indispensable en haute saison : l'offre est limitée).
- Jour 2 (26 km) : Arbonne-la-Forêt → Massif des Trois Pignons → Maisse. Retour à Paris depuis Maisse par le RER D (1 h 30 jusqu'à Paris-Gare de Lyon).
Le balisage orange AFF est globalement fiable sur l'ensemble du tracé, mais quelques intersections dans le massif central peuvent prêter à confusion après plusieurs heures de marche. Téléchargez le tracé GPX sur le site de l'AFF avant le départ, c'est gratuit et ça évite les détours non désirés.
La Trans'Bleausarde n'est pas une randonnée de haute montagne, mais le dénivelé cumulé de 1 200 m combiné à la nature du terrain (sable, rochers, dévers) fatigue davantage qu'un équivalent en montagne sur chemin tassé. Prévoyez 3 à 3,5 litres d'eau par jour, les points de ravitaillement sont rares entre les étapes. Chaussures hautes imperméables et bâtons de randonnée sont recommandés.
Cette traversée révèle aussi une dimension de Fontainebleau invisible sur les circuits d'une journée : la profondeur du silence dans les zones non balisées de la forêt domaniale, la variation des lumières au fil des deux jours entre les différents types de végétation, et l'étonnante diversité floristique d'une forêt que sa proximité parisienne fait systématiquement sous-estimer.
La Diagonale de Bleau : 35 km en une journée
Distance : 35 km | Durée : 9-10 h | Dénivelé : 550 m | Difficulté : difficile | Départ : Gare de Fontainebleau-Avon | Arrivée : Milly-la-Forêt
La Diagonale de Bleau est la randonnée Fontainebleau ultime sur une seule journée, la version condensée de la grande traversée. Elle relie Fontainebleau-Avon à Milly-la-Forêt en diagonale nord-est/sud-ouest sur 35 km, en traversant les massifs du Mont Ussy, de la Tillaie, de Franchard et des Trois Pignons. C'est la randonnée des habitués, ceux qui connaissent déjà plusieurs circuits courts et veulent les relier en une expérience totale.
Le départ depuis la gare de Fontainebleau-Avon (45 min depuis Paris-Gare de Lyon), l'arrivée à Milly-la-Forêt desservie par bus (ligne 34, retour vers Melun, correspondance ligne R vers Paris). Pas besoin de deux voitures ni de logistique compliquée.
La Diagonale n'est pas balisée en continu, c'est une compilation de tronçons AFF et Denecourt-Colinet raccordés avec des portions sur chemins forestiers non balisés. Le tracé GPX officiel (disponible sur l'AFF et sur Komoot) est indispensable. Prévoir ravitaillement complet : seulement 2 points d'eau sur le parcours (source de Franchard à mi-chemin, fontaine de Milly-la-Forêt en fin de parcours).
Niveau requis : avoir déjà marché au moins 25 km d'une traite en terrain varié. La fatigue accumulée en fin de journée rend les passages rocheux plus risqués qu'ils ne le sont le matin.
Le Sentier des Carriers à Grès
Distance : 5 km | Durée : 1 h 30 | Dénivelé : 60 m | Difficulté : très facile | Départ : Carrefour du Grand Maître (Route Nationale 7, 77300 Fontainebleau, noté 3.7/5 sur Google pour 289 avis), 5 km sud de Fontainebleau par la D409
Ce sentier thématique créé par l'ONF retrace l'histoire de l'extraction du grès de Fontainebleau, utilisé pour paver les routes de Paris jusqu'au XIXe siècle. Le parcours est entièrement plat (à l'exception d'une montée de 10 m vers l'ancienne carrière principale) et balisé en rouge sur des panneaux explicatifs. On y voit les traces de coins en fer plantés dans la roche pour détacher les blocs, des ornières creusées dans le grès par le passage des charrettes chargées à plein, et une « rabière », glissière de grès poli utilisée pour descendre les blocs vers les charrois. Idéal avec des enfants, ou pour une sortie d'1 h 30 sans aucune contrainte physique.
Les Hauteurs de Fontainebleau depuis la Halte de Bois-le-Roi
Distance : 11 km | Durée : 3 h 30 | Dénivelé : 200 m | Difficulté : intermédiaire | Départ : Halte de Bois-le-Roi (Rue de la Halte, 77590 Bois-le-Roi, noté 3.5/5 sur Google pour 2 avis) (ligne R, 42 min depuis Paris-Gare de Lyon)
Cette randonnée Fontainebleau part de la Halte de Bois-le-Roi, un arrêt ferroviaire de la ligne R entre Fontainebleau et Melun. Ce circuit peu connu part directement du quai de la gare, pas de voiture, pas de navette, et monte immédiatement dans la forêt haute. En moins de 45 minutes depuis Paris, on est sur le Rocher des Demoiselles avec la vue sur la boucle de la Seine en contrebas.
Le sentier emprunte les balises bleues de l'AFF vers le sud dès la sortie de la gare. La montée initiale est franche : 80 mètres de dénivelé en 1,2 km. Mais le panorama depuis le Rocher des Demoiselles justifie largement l'effort, la boucle de la Seine visible au nord, les toits de Bois-le-Roi en contrebas, le plateau forestier qui s'étend vers le sud à perte de vue.
La section intermédiaire traverse la futaie de la Solle, une hêtraie cathédrale où les arbres atteignent 35 à 40 mètres de hauteur. Le sol est tapissé d'anémones sylvies au printemps (mars-avril) et de jonquilles en lisière des zones ouvertes. C'est l'une des rares portions de Fontainebleau où la végétation rappelle davantage la forêt de plaine de l'Europe centrale que la lande à bruyère caractéristique du massif.
La descente vers la Seine emprunte un sentier ombragé entre des blocs isolés, avant de rejoindre les berges du fleuve pour 1,5 km à plat. Le retour à la Halte se fait par une montée courte mais raide (30 m de dénivelé sur 200 m horizontaux).
L'Échappée Verte sur le GR®1
Distance : 18 km (tronçon) | Durée : 5 h | Dénivelé : 280 m | Difficulté : intermédiaire | Départ : Halte de Bois-le-Roi | Arrivée : Bourron-Marlotte-Grez (ligne R)
Le GR®1 est le sentier de grande randonnée qui fait le tour de Paris en traversant tous les massifs forestiers d'Île-de-France. Son tronçon fontainebleau, baptisé « Échappée Verte » par les habitués, traverse la forêt du nord au sud sur 18 km entre Bois-le-Roi et Bourron-Marlotte, en balisage blanc-rouge de la FFRandonnée.
La particularité de ce tronçon est de traverser des secteurs peu conus des promeneurs du week-end, notamment la futaie de la Tillaie, une hêtraie classée en réserve biologique intégrale depuis 1981, aucune intervention humaine depuis 45 ans. Les arbres morts restent debout ou au sol, formant un milieu forestier rare en France. Les troncs pourrissants au sol, les arbres creux habitués par des chauvesouris ou des pics épeiche, la végétation de sphaignes dans les zones humides : c'est ce que les écologues appellent une forêt « vieillie naturellement », un spectacle particulier et silencieux.
L'arrivée à Bourron-Marlotte, bourg de vignerons et de peintres, permet de prendre le train vers Paris (ligne R, 1 h depuis Gare de Lyon). Praticable toute l'année, avec précaution : les portions en fond de vallon peuvent être boueuses de novembre à mars, chaussures imperméables impératives en hiver.
La Vadrouille Bleausarde
Distance : 15 km | Durée : 4 h 30 | Dénivelé : 200 m | Difficulté : intermédiaire | Départ : Parking Croix de Toulouse (Route Ronde, 77590 Bois-le-Roi, noté 4.1/5 sur Google pour 37 avis), Bois-le-Roi
Créée par l'AFF dans les années 2000, la Vadrouille Bleausarde est la boucle de découverte généraliste du massif : elle traverse cinq secteurs différents en une seule journée, plaines sablonneuses du nord, chaos du secteur Marlotte, futaie domaniale de hêtres du Mont Ussy, landes du sud, gorges de la Tillaie. C'est moins un itinéraire « coup de cœur » qu'une introduction exhaustive pour découvrir la diversité de la forêt en une seule sortie.
Le balisage orange de l'AFF est continu et bien entretenu. Le profil est régulier, sans passage vraiment difficile, le seul moment délicat survient à la montée sur le Rocher du Mont Ussy (358 m, point le plus haut du massif nord) : un dévers sableux d'une vingtaine de mètres où les mains deviennent utiles. Depuis le sommet, la tour de guet météo est visible mais non accessible au public.
La Vadrouille Bleausarde est la randonnée Fontainebleau à conseiller à quelqu'un qui découvre le massif et veut une seule sortie qui donne envie de revenir.
Préparer sa randonnée à Fontainebleau : équipement, saisons, cartes
Une randonnée Fontainebleau pardonne peu les préparations bâclées. Pas parce que c'est dangereux, c'est une forêt, pas une haute montagne, mais parce que le terrain est singulier et que les habitudes de randonnée « standard » doivent être ajustées.
Chaussures : choisir des chaussures de randonnée à semelle rigide, pas du trail à picots. Les terrains sableux épuisent les semelles souples, et les picots déstabilisent sur les dalles inclinées de grès. Une tige mi-haute apporte un soutien bienvenu sur les chaos.
Eau : les points de ravitaillement sont rares dans la forêt. Prévoir minimum 1,5 litre par personne pour un circuit de 3 heures, 2,5 litres pour une journée complète. Par temps chaud, augmenter d'un tiers. Quelques carrefours forestiers ont des fontaines, mais aucune n'est garantie en fonctionnement.
Navigation : télécharger le tracé GPX avant de partir, pas après. La carte papier IGN Top 25 n°2417OT (Fontainebleau) reste la référence pour les longues journées, et ne dépend pas du réseau téléphonique, capricieux dans les zones encaissées.
Saisons :
- Printemps (avril-mai) : floraisons d'orchidées, d'anémones et de genêts, lumière douce, fréquentation modérée en semaine.
- Été : chaud et souvent surchargé les week-ends. Préférer les sorties en semaine ou avant 8 h le matin.
- Automne (octobre-novembre) : la saison phare. Feuillages dorés des hêtres, brame du cerf audible à l'aube, lumière rasante sur les chaos de grès. La fréquentation reste élevée les week-ends ensoleillés.
- Hiver : forêt quasi déserte, lumière basse qui magnifie les silhouettes de rochers. Certaines zones en fond de vallon peuvent être boueuses ou verglacées. Prévoir couche imperméable et chaussures imperméables.
Bâtons de randonnée : recommandés pour les circuits comportant des chaos (25 Bosses, Trois Pignons, Trans'Bleausarde). Inutiles sur les sentiers plats.
Accès depuis Paris en train : la forêt sans voiture
La randonnée Fontainebleau est l'une des mieux desservies en transports parmi les grandes forêts d'Île-de-France. La ligne R (Transilien, départ Paris-Gare de Lyon) dessert plusieurs points d'entrée en moins d'une heure :
- Fontainebleau-Avon : 40 minutes depuis Paris. Point de départ de la Diagonale de Bleau, de la Trans'Bleausarde, du GR®1, et du circuit de la Table du Roi (1,3 km à pied jusqu'au départ).
- Bois-le-Roi : 45 minutes. Accès au circuit des Hauteurs de Fontainebleau depuis la Halte.
- Thomery : 55 minutes. Départ de la Seine Sauvage.
- Moret-Veneux-les-Sablons : 58 minutes. Arrivée de la Seine Sauvage.
- Bourron-Marlotte-Grez : 1 heure. Arrivée de l'Échappée Verte (GR®1) et de la Trans'Bleausarde.
Depuis Fontainebleau-Avon, des navettes forestières saisonnières (généralement avril-octobre, renseignements Île-de-France Mobilités) desservent les principaux carrefours forestiers, dont Franchard et Barbizon. Utiles pour rejoindre les départs de circuits non accessibles à pied depuis la gare.
Une note pratique : le parking du Carrefour de Franchard et le parking de la Croix Saint-Jérôme (départ des 25 Bosses et des Trois Pignons) ne sont pas accessibles en transport en commun sans navette ou taxi. Ce sont les deux seuls itinéraires de ce guide qui nécessitent une voiture ou une organisation spécifique.
FAQ
Quelle est la meilleure période pour faire une randonnée à Fontainebleau ?
L'automne (octobre-novembre) est la saison de référence : feuillages dorés des hêtres, brame du cerf audible à l'aube, lumière rasante sur les chaos de grès. Le printemps (avril-mai) est la deuxième meilleure option, avec les floraisons d'orchidées aux Trois Pignons et les anémones dans la futaie de la Solle. L'été est techniquement praticable mais les week-ends sont surchargés, préférer les sorties en semaine ou avant 8 h. L'hiver offre une forêt quasi déserte avec une lumière basse singulière, mais des zones boueuses ou verglacées dans les fonds de vallons.
Comment accéder à la forêt de Fontainebleau depuis Paris sans voiture ?
La ligne R (Transilien depuis Paris-Gare de Lyon) dessert Fontainebleau-Avon (40 min), Bois-le-Roi et sa Halte (42-45 min), Thomery (55 min), Moret-Veneux-les-Sablons (58 min) et Bourron-Marlotte-Grez (1 h). La plupart des randonnées de ce guide partent directement ou à quelques minutes à pied d'une gare. Seuls les départs de Franchard et de la Croix Saint-Jérôme nécessitent un taxi ou une navette saisonnière depuis Fontainebleau-Avon.
Les randonnées de Fontainebleau sont-elles adaptées aux enfants ?
Oui, à condition de choisir l'itinéraire selon l'âge. Le Sentier des Carriers à Grès (5 km, entièrement plat) est accessible dès 5-6 ans. Le circuit de la Table du Roi (8 km, facile) convient dès 8 ans avec de bonnes chaussures. Les gorges de Franchard conviennent dès 9-10 ans. Le Circuit des 25 Bosses, les Trois Pignons et la Trans'Bleausarde sont réservés aux randonneurs adultes et jeunes adolescents entraînés.
Quelles cartes ou applications utiliser pour se repérer en forêt de Fontainebleau ?
L'application IGN Rando (anciennement Géoportail) couvre l'ensemble du massif avec les cartes au 1 : 25 000. Komoot dispose d'une large base de tracés communautaires incluant les sentiers AFF et Denecourt-Colinet. Le site de l'AFF (aaff.fr) propose les tracés GPX officiels des sentiers numérotés, téléchargeables gratuitement. Pour les longues sorties, la carte papier IGN Top 25 n°2417OT reste la référence : elle ne dépend pas du réseau téléphonique, souvent capricieux dans les zones encaissées.
Peut-on bivouaquer en forêt de Fontainebleau ?
Le bivouac est strictement encadré. Il n'est autorisé que sur trois aires aménagées par l'ONF : Grande Vallée à Bourron-Marlotte, Hippodrome de la Solle, Faisanderie. En dehors de ces zones, le camping sauvage est interdit (arrêté préfectoral). Sur les aires autorisées : une seule nuit, 20 tentes maximum, pas de feu, départ avec ses déchets. Le stationnement nocturne sur les parkings forestiers est également interdit entre 22 h et 6 h.
Qu'est-ce que les sentiers Denecourt-Colinet ?
Les sentiers Denecourt-Colinet forment le plus ancien réseau de randonnée balisé au monde. Claude-François Denecourt, ancien sous-officier de l'armée napoléonienne, a passé quarante ans à partir de 1842 à tailler des chemins dans la roche et à peindre les premières balises bleues sur les rochers. Plus de 150 km de sentiers numérotés parcourent les secteurs les plus pittoresques du massif. Colinet a pris la suite à sa mort. Ces sentiers sont les seuls de la forêt à offrir une véritable cohérence narrative : Denecourt choisissait ses tracés pour leurs vues, leurs rochers sculptés, leurs effets de lumière, ce qui en fait encore aujourd'hui les plus beaux de Fontainebleau.
Conclusion
Des bosses sablonneuses des 25 Bosses aux berges quasi sauvages de la Seine entre Thomery et Moret, la forêt de Fontainebleau offre une palette de randonnées qui dépasse largement ce qu'une seule journée peut révéler. Chaque secteur a sa personnalité propre : les chaos sculptés de Franchard, la hêtraie immobile de la Tillaie, le plateau dégagé d'Apremont, les sentiers dessinés à la main par Denecourt il y a près de deux siècles.
Quelle que soit la randonnée Fontainebleau choisie parmi les 16 itinéraires de ce guide, une règle s'applique : partez tôt. La forêt de Fontainebleau avant 9 h est une expérience différente de la forêt de l'après-midi, le silence, la lumière oblique sur les grès, la brume dans les gorges en automne, c'est ce que les peintres de Barbizon cherchaient à capturer. Notre application Ryo accompagne les amateurs de patrimoine dans d'autres grandes destinations, mais Fontainebleau, elle, se raconte mieux avec les pieds sur le sable et les yeux sur les rochers.