
Que visiter à Madère : 18 incontournables pour découvrir l'île en 2026
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Que visiter à Madère quand on s'y rend pour la première fois ? L'île déroute presque tous ceux qui débarquent. Ils s'attendent à une île volcanique quelque part dans l'Atlantique, et ils trouvent une forêt laurissilve classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, des falaises qui plongent à 580 mètres dans l'océan, et une capitale dont les ruelles carrelées d'azulejos rivalisent avec les meilleurs quartiers de Lisbonne. Ce n'est pas une île de plage, ou si peu : c'est une île de sensations, l'air chargé d'eucalyptus sur les crêtes du Pico Ruivo, le fracas des vagues contre les piscines de lave de Porto Moniz, le marché aux fleurs de Funchal un vendredi matin. Pour vous aider à préparer votre séjour, l'équipe de Ryo a sélectionné 18 sites et expériences que vous ne pouvez pas manquer, que vous ayez 3 jours ou 15 jours sur l'île.
Parmi les révélations qui vous attendent : une levada permet de marcher pendant 5 heures à flanc de falaise sans jamais perdre de vue l'océan ; le jardin botanique de Funchal abrite un dracoena vieux de 800 ans, reconnaissable à ses branches en candélabre ; la pointe de São Lourenço, à l'est de l'île, change de paysage tous les 500 mètres, passant du vert vif des fougères à l'ocre des roches volcaniques nues. Et si vous êtes curieux des traditions locales, la gastronomie madérienne réserve des surprises, à commencer par l'espada preto, ce poisson des grands fonds que vous ne trouverez nulle part ailleurs en Europe avec cette régularité. Chaque section ci-dessous vous donne des détails pratiques, les meilleures périodes de visite et les erreurs à éviter.
1. Funchal, la capitale aux mille visages
Funchal concentre à elle seule une bonne moitié des raisons de venir à Madère. Fondée vers 1424-1425 par João Gonçalves Zarco, l'un des navigateurs envoyés par l'infant Dom Henrique, la ville tire son nom du fenouil sauvage (funcho) qui couvrait les collines lors de sa découverte. Aujourd'hui, c'est une agglomération de 111 000 habitants qui grimpe sur les pentes d'un amphithéâtre naturel face à l'Atlantique, avec une Vieille Ville (Zona Velha) dont les portes peintes à la main sont devenues l'une des attractions les plus photographiées du Portugal.
La Sé de Funchal, cathédrale construite entre 1485 et 1514, mérite au moins une heure de visite. Son plafond en bois de cèdre incrusté d'ivoire représente l'un des plus beaux spécimens de l'art manuélin tardif dans tout le Portugal. À deux pas, le Museu CR7 attire chaque année plus de 300 000 visiteurs pour célébrer la carrière de Cristiano Ronaldo, natif de Funchal, une curiosité incontournable même si le football vous laisse froid. Le Museu de Arte Sacra, lui, est plus confidentiel : sa collection de primitifs flamands, achetés par des marchands madériens en échange de sucre au XVe siècle, est l'une des plus belles hors de Flandre.
Pour voir Funchal dans toute sa splendeur, prenez le téléphérique qui relie le centre au quartier de Monte en 15 minutes : la vue sur la baie depuis la cabine vaut à elle seule le billet de 13 €. Une fois là-haut, redescendez en carriole d'osier (carro de cesto), une tradition locale du XIXe siècle, avec deux piloteiros en blanc qui guident l'engin sur les pavés. La descente de 2 kilomètres prend une dizaine de minutes et constitue l'une des expériences les plus anachroniques et jouissives de l'île.
La Zona Velha a été revitalisée par le projet « Open Doors Art Project » : depuis 2011, plus de 200 portes de la Rua de Santa Maria ont été transformées en œuvres d'art par des artistes locaux et internationaux. Promenez-vous un soir, quand les restaurants ouvrent leurs tables en terrasse et que les bruits de l'océan se mêlent aux conversations. Le guide audio Ryo de Funchal vous propose un parcours dans ces ruelles avec des explications historiques sur chaque porte peinte et les marchands de sucre qui ont fait la fortune de l'île.
Conseil pratique : évitez les mardis et mercredis, quand les paquebots de croisière déversent jusqu'à 8 000 passagers dans le centre. Le marché dos Lavradores devient alors inaccessible sans patience. Préférez un vendredi matin pour une ville à échelle humaine.
2. Le Mercado dos Lavradores, le marché des paysans
Le Mercado dos Lavradores est bien plus qu'un marché couvert. Inauguré en 1940, le bâtiment art déco est tapissé d'azulejos bleus et blancs représentant les métiers ruraux madériens. À l'intérieur, les étals explosent de couleurs : fruits de la passion, bananes miniatures, fleurs de strelitzia, tomates cerises séchées au soleil.
Le niveau supérieur est réservé aux fleurs. Vendredi matin est le meilleur moment : les paysannes de l'intérieur de l'île descendent avec leurs productions de la semaine, vêtues du costume traditionnel. Le rez-de-chaussée abrite le marché au poisson, notamment l'espada preto, ce poisson noir des grands fonds suspendu par la gueule à des crochets en inox. La vision est saisissante. Horaires : lundi-jeudi 7h-15h, vendredi 7h-20h, samedi 7h-14h.
Ne quittez pas le marché sans goûter aux fruits exotiques que les marchands vous tendent à la dégustation : l'anona (chérimole), le tomate-anglais (tamarillo), la pitanga ou le fruit de la passion banane sont autant de variétés introuvables en métropole, cultivées dans les jardins en terrasses de l'intérieur de l'île. Demandez le prix avant d'accepter une découpe : c'est ici, au contact des producteurs, que vous comprenez à quel point l'agriculture madérienne reste artisanale, chaque parcelle étant arrachée à la pente à la force du poignet.
Attention aux vendeurs de rue à l'entrée : les prix des fruits présentés sur plateau peuvent être trois fois plus élevés qu'à l'intérieur du marché. Entrez directement, explorez les étals au fond, et profitez-en pour repérer les petits comptoirs où l'on sert une poncha maison à toute heure de la matinée.

3. Les levadas, les canaux d'irrigation millénaires
Les levadas sont la signature paysagère de Madère, et probablement son attraction la plus originale à l'échelle mondiale. Ces canaux d'irrigation construits à partir du XVe siècle pour acheminer l'eau des montagnes vers les cultures du sud de l'île forment aujourd'hui un réseau de plus de 2 150 km de sentiers, dont une grande partie longe la forêt laurissilve (une forêt subtropicale relique de l'ère tertiaire, classée au patrimoine UNESCO en 1999).
La Levada do Caldeirão Verde (Estrada Regional 105, 9230 Santana, noté 4.7/5 sur Google pour 3 752 avis) est souvent citée comme la plus spectaculaire pour un premier séjour. Elle part de Queimadas, à 890 mètres d'altitude, et longe la vallée de Ribeira da Metade pendant 13 km aller-retour jusqu'à une cascade qui tombe dans une vasque naturelle entourée de falaises couvertes de fougères arborescentes. La végétation change de kilomètre en kilomètre, on passe des châtaigniers et des hortensias aux fougères géantes, avant d'entrer dans les tunnels taillés dans la roche volcanique. Le plus long fait 150 mètres et nécessite une lampe frontale. L'atmosphère sous la canopée, filtrée par les lauriers et les bruyères géantes, est celle d'une forêt qui a traversé les âges sans être dérangée.
Comptez 5 à 6 heures de marche pour l'aller-retour, niveau modéré. Pour les familles, la Levada das 25 Fontes dans la région de Rabaçal est bien plus accessible : 3,5 km aller-retour, avec 25 sources qui forment une cascade en amphithéâtre. Praticable avec des enfants de 6 ans.
Équipement indispensable : chaussures imperméables à semelles rigides (les chemins sont souvent humides), imperméable léger, lampe frontale avec piles neuves. Ne marchez jamais sans lampe dans les tunnels : certains dépassent 400 mètres et sont totalement obscurs. Les groupes organisés saturent les sentiers entre 10h et 14h, partir à l'aube depuis Funchal (50 minutes de route) vous garantit une matinée presque seule en forêt.
Certaines levadas en zone Natura 2000 nécessitent une autorisation ou un guide agréé. Vérifiez auprès de l'office du tourisme de Funchal avant de partir, notamment pour les itinéraires dans le Parc naturel de Madère.
4. Le Pico Ruivo, toit de l'île à 1 862 mètres
Monter au Pico Ruivo (Achada do Teixeira, 9230 Santana, noté 4.8/5 sur Google pour 5 622 avis) (1 862 m) reste le rite de passage obligé pour quiconque visite Madère une semaine ou plus. C'est le point culminant de l'archipel entier, et la vue depuis le sommet embrasse l'intégralité de l'île d'est en ouest, avec la mer qui brille des deux côtés de la crête.
Deux accès principaux existent. Le plus fréquenté part de l'Achada do Teixeira (accessible en voiture, 1 592 m d'altitude) : 4 km aller-retour, dénivelé de 270 m, environ 1h30 de marche. C'est le chemin le plus court et le plus accessible. L'autre option, infiniment plus récompensante, part du Pico do Arieiro et traverse la crête principale pendant 11 km avec des passages aménagés en passerelles métalliques au-dessus du vide. Cette traversée prend 4 à 5 heures et constitue l'un des plus beaux itinéraires de randonnée du Portugal.
Le sommet est régulièrement dans les nuages l'après-midi, surtout en été. Partez avant 7h pour maximiser vos chances de ciel dégagé. En hiver (novembre à mars), il peut neiger et le chemin peut être verglacé, renseignez-vous sur les conditions la veille. Une maison de repos avec café et toilettes se trouve à 200 mètres sous le sommet, qui sert un caldo verde roboratif après l'effort.
Ceux qui atteignent le Pico Ruivo en reviennent transformés. Voir les nuages défiler sous vos pieds, la crête de l'île qui serpente vers Funchal d'un côté et l'horizon atlantique de l'autre, c'est une image que vous n'oublierez pas.
5. Le Pico do Arieiro, lever de soleil au-dessus des nuages
Le Pico do Arieiro (Estrada do Arieiro, 9200-049 Funchal, noté 4.8/5 sur Google pour 2 726 avis) (1 818 m) est le troisième sommet de Madère, mais le plus accessible en voiture : une route asphaltée monte jusqu'à un parking à quelques centaines de mètres du sommet, avec un café-restaurant ouvert toute l'année.
À l'aube, quand Funchal et la côte sont encore dans les nuages bas, le Pico do Arieiro émerge dans un ciel dégagé et offre un spectacle hors du commun : une mer de nuages rose et or qui cache la totalité de l'île basse. Le sol de basalte rouge et ocre, sculpté par l'érosion volcanique, ressemble à un paysage lunaire que la végétation colonise par touffes éparses. Par temps clair, la vue s'étend jusqu'à Tenerife et aux îles Desertas à l'horizon.
Pour y accéder avant le lever du soleil, louez une voiture, les premiers bus ne montent pas avant 8h. Le parking est gratuit. Prévoyez des vêtements chauds même en été : les températures au sommet frôlent les 10-12 °C la nuit et tôt le matin. Si vous ne souhaitez pas enchaîner avec la traversée jusqu'au Pico Ruivo, une randonnée de 2 km sur la crête (aller-retour depuis le parking) suffit pour profiter du panorama.

6. Porto Moniz et ses piscines naturelles de lave
À l'extrémité nord-ouest de Madère, Porto Moniz est l'une des destinations les plus photographiées de l'île. Des éruptions volcaniques successives ont formé ici un système de bassins creusés dans la roche basaltique, alimentés directement par les vagues de l'Atlantique. L'eau y est froide (17-21 °C selon la saison), parfaitement transparente dans les parties calmes (visibilité jusqu'à 15 mètres), et entourée de roches noires taillées par les millénaires. Nager dans ces piscines naturelles en regardant les vagues se fracasser à quelques mètres au-dessus de vous, c'est l'une des expériences les plus mémorables que Madère peut offrir.
Il existe deux complexes distincts : les piscines naturelles côté ouest du port (plus sauvages, moins de monde, accès parfois délicat selon la mer) et le complexe balnéaire municipal côté est (vestiaires, douches, snack-bar, entrée entre 1,50 € et 3 € selon la saison). Les piscines municipales sont mieux entretenues et plus sécurisées pour les enfants ; les piscines naturelles offrent une expérience plus brute.
Le trajet depuis Funchal prend 1h15 à 1h30 par la route nord (EN101 via São Vicente), qui est elle-même spectaculaire : tunnels creusés dans la falaise, viaduc en corniche au-dessus de l'Atlantique, villages de pêcheurs accrochés aux pentes. La route du retour par le sud (via Calheta et Ribeira Brava) complète un tour de la partie occidentale de l'île en une journée.
Évitez un samedi d'été entre 10h et 16h : les piscines sont prises d'assaut par les familles madériennes. Les jours de semaine ou en fin d'après-midi, le cadre retrouve toute sa tranquillité.

7. Le Cabo Girão, la plus haute falaise maritime d'Europe
Le Cabo Girão se dresse à 580 mètres au-dessus de l'Atlantique, c'est la plus haute falaise maritime d'Europe. Un belvédère avec sol en verre a été construit à l'extrémité du promontoire en 2012, permettant aux visiteurs de regarder directement vers le bas, vers les fajas (petites plaines côtières) où des agriculteurs cultivent encore du raisin et des bananes, accessibles uniquement par un téléphérique de service.
Le site est accessible depuis Funchal en 30 minutes de voiture, en empruntant la route côtière qui longe le promontoire au-dessus de Câmara de Lobos. L'entrée est gratuite, le parking aussi. La vue par temps clair embrasse toute la côte sud depuis Funchal jusqu'à Ribeira Brava. Par temps nuageux, la mer de nuages qui s'accroche aux falaises crée une ambiance tout aussi saisissante. Prévoyez un pull même en été : le vent souffle fort au belvédère, et la plateforme de verre est régulièrement balayée par les rafales venues du large.
Le skywalk lui-même mérite qu'on s'y attarde : la passerelle en porte-à-faux donne l'impression de flotter au-dessus du vide, et les plus téméraires viennent y tester leur résistance au vertige en regardant l'océan défiler 580 mètres plus bas, entre leurs pieds. Arrivez en début de matinée ou en fin d'après-midi pour éviter les bus de croisiéristes qui s'y pressent en milieu de journée ; la lumière rasante y est aussi plus photogénique.
Des vignes de malvoisie couvrent les pentes entre Câmara de Lobos et la falaise, un aperçu du paysage viticole qui a rendu Madère célèbre dans les cours européennes du XVIIe siècle. Descendez vers le téléphérique de service si vous souhaitez voir la falaise depuis le bas : l'effet est aussi impressionnant que celui du sommet, mais inversé.
8. Câmara de Lobos, le port des pêcheurs de Churchill
Si Funchal incarne la capitale marchande, Câmara de Lobos (Rua João de Deus, 9300-014 Câmara de Lobos, noté 4.4/5 sur Google pour 37 avis) est restée un vrai village de pêcheurs. Ses barques colorées amarrées dans un minuscule port circulaire, ses maisons blanches aux volets bleus, ses filets séchant sur les quais, c'est ici que Winston Churchill venait peindre ses aquarelles pendant ses séjours à Madère dans les années 1950. Une plaque sur un bar marque son poste d'observation habituel.
Le village est à 15 minutes en voiture à l'ouest de Funchal. La promenade balnéaire a été rénovée en 2019 et offre une belle vue sur le port depuis les hauteurs. Le quartier haut du village, accessible par un escalier raide depuis le port, conserve des ruelles d'une authenticité rare : pas de boutiques de souvenirs, des femmes qui étendent le linge, des hommes qui réparent les filets.
C'est aussi le berceau de la poncha, le cocktail emblématique de l'île : les petits comptoirs du port en servent une version corsée, dite poncha pescador (poncha du pêcheur), traditionnellement bue d'un trait avant de prendre la mer. Asseyez-vous en terrasse en fin d'après-midi, quand les barques rentrent et que la lumière dore les façades, c'est l'un de ces moments où Madère se laisse vivre plutôt que visiter.
Les restaurants du bord de mer servent l'espada frais sorti de l'eau le matin même, préparé à la sauce de fruits de la passion, la spécialité du village. Pour une journée complète, associez Câmara de Lobos à une visite de Ribeira Brava, ville côtière à 20 kilomètres plus à l'ouest, avec son marché couvert calme et son fort du XVIIe siècle converti en musée ethnographique.
9. Santana et ses maisons à toit de paille
Santana, dans le nord de l'île, est surtout connue pour ses palheiros, ces maisons triangulaires au toit de chaume qui descend jusqu'au sol, peintes en rouge et blanc. Construites à partir du XVe siècle avec les matériaux disponibles en altitude (bois de bruyère, paille, basalte), certaines sont encore habitées sans interruption depuis le XIXe siècle. Il en reste une vingtaine d'authentiques, dont six sont visitables dans le village thématique municipal.
L'intérieur d'une palheiro surprend : le rez-de-chaussée dépasse rarement 20 mètres carrés, mais l'organisation de l'espace témoigne d'une ingéniosité pratique, niveaux superposés pour les animaux et les habitants, isolation thermique naturelle assurée par la double épaisseur de chaume.
La région de Santana est aussi le point de départ de la randonnée vers la Levada do Caldeirão Verde (section 3). L'altitude du village (437 m) lui confère un microclimat frais et souvent nuageux, en fort contraste avec la côte sud. Conseil : ne vous contentez pas du parc touristique. Marchez 10 minutes dans les ruelles du village, vous trouverez des palheiros authentiques en usage, quelques épiceries familiales et un panorama sur la côte nord que peu de voyageurs connaissent.

10. Les cascades de Rabaçal, un plateau dans les nuages
Le plateau de Rabaçal (Plateau de Rabaçal, 9370 Calheta Madère, noté 4.5/5 sur Google pour 44 avis) (1 015 m d'altitude) est l'un des espaces naturels les plus préservés de Madère. Niché entre deux vallées profondes dans le centre-ouest de l'île, ce plateau de laurissilve abrite plusieurs cascades et les départs de deux levadas populaires : la Levada do Risco et la Levada das 25 Fontes.
La Cascade do Risco (40 m de hauteur) se rejoint en 30 minutes depuis le parking de Rabaçal par un sentier facile en forêt laurissilve. Un peu plus loin, la Levada das 25 Fontes mène en 45 minutes supplémentaires à un amphithéâtre naturel où 25 sources distinctes forment une cascade en éventail, une des images les plus frappantes de Madère. Le circuit complet (Risco + 25 Fontes en boucle) prend 3 à 4 heures, dénivelé modéré, sentier bien balisé.
Important : l'accès en voiture particulière au plateau est interdit entre 8h et 18h en haute saison (mai-septembre). Un shuttle payant (environ 3 €) part d'un parking 1,5 km en amont. En dehors de ces heures ou en basse saison, l'accès est libre. Arrivez tôt pour éviter les groupes.
11. Le Jardin botanique de Funchal, une collection végétale hors du commun
Le Jardim Botânico da Madeira (Caminho do Meio, 9064-512 Funchal, noté 4.4/5 sur Google pour 23 514 avis) occupe les pentes d'une ancienne propriété de la famille Reid sur les hauteurs de Funchal, avec une vue panoramique sur la ville et la baie. Ouvert en 1960, il rassemble plus de 2 000 espèces végétales originaires de cinq continents, avec une attention particulière à la flore endémique de Madère et aux plantes des zones arides.
La partie la plus spectaculaire est le jardin de rocaille, avec ses cactées atteignant 4 à 5 mètres de hauteur, on ne s'attend pas à voir des saguaros et des agaves dans un jardin de la côte atlantique. Mais c'est le Dracaena draco planté dans l'allée centrale qui surprend le plus : cet arbre dragon, aux branches en candélabre caractéristiques de la flore macaronésienne, date d'environ 800 ans selon les dendrochonologues. La serre des plantes tropicales abrite des orchidées, des ficus géants et des bananiers ornementaux dans une atmosphère humide.
Le billet d'entrée est de 7,50 € (adulte, gratuit pour les moins de 6 ans). Comptez 1h30 à 2h pour une visite complète. Accessible depuis le centre de Funchal par le bus n°31 ou par le téléphérique jusqu'à Monte puis à pied en descente. Un café-restaurant en terrasse avec vue sur Funchal sert des pâtisseries madériennes.
Si vous visitez en avril ou en mai, profitez de la Festa da Flor (Fête des Fleurs), l'un des plus grands festivals de Madère, qui transforme les rues de Funchal en tapis de pétales géant. L'application Ryo propose des contenus audio sur la flore endémique madérienne et l'histoire des jardins botaniques du temps des Britanniques, une perspective qui donne une profondeur supplémentaire à la visite.
12. Le Monte Palace Tropical Garden, mosaïques et cycas entre les palmiers
À quelques minutes à pied du téléphérique de Monte, le Monte Palace Tropical Garden (Caminho do Monte 174, 9050-288 Funchal, noté 4.7/5 sur Google pour 29 015 avis) est l'un des jardins les plus étonnants de tout l'arc atlantique. Créé par l'entrepreneur José Berardo en 1991 sur les ruines d'un ancien hôtel victorien, il déploie ses 70 000 m² sur des terrasses successives, avec des collections de cycadées vieilles de 300 millions d'années, des pierres précieuses exposées en plein air, des sculptures africaines et orientales, et des bassins de carpes koï d'une taille improbable.
La particularité du Monte Palace est la juxtaposition de cultures : une terrasse couverte d'azulejos bleus et blancs retraçant l'histoire du Portugal cotoie une collection de cristaux de quartz et d'améthystes de plusieurs dizaines de kilos, elle-même adjacente à un jardin zen japonais. Le résultat est déconcertant au premier abord mais finalement cohérent, une vision excentrique du monde botanique et artistique.
Billet d'entrée : 12,50 € (adulte). Fermé le dimanche. Accessible par le téléphérique depuis Funchal (station Monte), puis 5 minutes à pied. La visite demande 1h30 à 2h. La collection de cycadées seule justifie le déplacement : certains spécimens atteignent 2 à 3 mètres et l'ensemble constitue l'une des collections les plus importantes d'Europe.
13. Machico, le berceau historique de Madère
Machico (Largo do Município, 9200 Machico, noté 4.1/5 sur Google pour 23 avis), à l'est de l'île, est la ville qui accueillit les premiers colons portugais en 1419, avant même Funchal. L'histoire veut que Tristão Vaz Teixeira et ses compagnons y aient débarqué après avoir trouvé les traces d'un couple anglais, Robert Machim et Ana de Arfet, enterrés sur la plage après avoir fait naufrage ici un siècle plus tôt. La chapelle do Triunfo, construite à l'emplacement supposé du tombeau, en garde la mémoire.
Aujourd'hui, Machico est surtout connue pour sa plage de sable, l'une des rares naturelles de Madère, et sa promenade maritime rénovée. La ville est plus authentique et moins touristique que Funchal, avec un marché municipal animé le samedi matin et des restaurants de quartier où les menus à 8-10 € comprennent soupe, plat principal et café. L'aéroport international de Madère se trouve à 5 km : parfait pour un déjeuner avant d'embarquer.
Prenez le temps de monter jusqu'au Fort de Nossa Senhora do Amparo, petite forteresse triangulaire du XVIIIe siècle qui domine la baie et abrite aujourd'hui l'office du tourisme, puis de flâner sur la baie de Banda d'Além, plage de sable importé du Maroc en 2008 qui a transformé l'économie locale. Fin août, Machico vit au rythme de la fête de Nossa Senhora, l'un des pèlerinages les plus suivis de l'île, avec processions, feux d'artifice et grillades de rue qui se prolongent tard dans la nuit. C'est l'occasion idéale de voir une Madère populaire et festive, à mille lieues des terrasses lissées du centre de Funchal.

14. La pointe de São Lourenço, la péninsule des volcans
La Ponta de São Lourenço (Vereda da Ponta de São Lourenço, 9100 Santa Cruz, noté 4.8/5 sur Google pour 13 891 avis) est la partie la plus à l'est de Madère, une péninsule volcanique étroite qui avance dans l'Atlantique en formant des falaises rouges, orange et ocre d'une beauté saisissante. C'est l'antithèse visuelle du reste de l'île : ici, pas de forêt laurissilve ni de végétation dense, les roches volcaniques érodées sont à nu, striées de couches colorées qui racontent l'histoire géologique de l'île couche après couche.
Le sentier principal mesure 8 km aller-retour depuis le parking de Baia d'Abra, avec un dénivelé modéré de 250 m. Il traverse plusieurs biomes différents en moins d'une heure de marche : garrigue méditerranéenne, roches basaltiques nues, criques isolées accessibles uniquement à pied. À l'extrémité de la péninsule, la Casa do Sardinha, ancienne maison de gardien restaurée, marque le point le plus avancé accessible au public. La vue depuis là sur les ilhéus da Ponta de São Lourenço, deux îlots rocheux battus par les vagues, est mémorable.
Comptez 3 à 4 heures pour l'aller-retour. Partez le matin pour éviter la chaleur (la péninsule est exposée, sans ombre). Emportez au moins 1,5 litre d'eau par personne. La zone est classée réserve naturelle : ne quittez pas le sentier balisé. Des linaires de Madère et des géraniums sauvages poussent ici et nulle part ailleurs au monde.
La pointe de São Lourenço se combine bien avec Machico (section 13) et le village de Caniçal, dernier port baleinier de Madère jusqu'en 1981, dont le musée de la baleine retrace cette histoire avec honnêteté. Les mouettes de Bulwer et les puffins des Baléares nichent dans les falaises, avec des jumelles, l'observation ornithologique peut occuper une heure supplémentaire.
15. Porto Santo, l'île voisine aux 9 km de sable doré
Porto Santo est la petite sœur de Madère : une île plate, aride, à 42 km au nord, qui possède quelque chose que Madère n'a pas, une plage de sable doré de 9 km quasi ininterrompus, l'une des plus longues de tout l'arc atlantique. Le sable de Porto Santo a une composition particulière en silicates et magnésium qui lui vaudrait des propriétés thérapeutiques pour certaines pathologies rhumatismales, selon les études locales.
Christophe Colomb vécut à Porto Santo de 1479 à 1482, après son mariage avec Filipa Moniz Perestrelo, fille du premier gouverneur de l'île. La Casa de Colombo, musée consacré au navigateur, retrace ce chapitre avec des cartes et des maquettes de caravelles. Certains historiens avancent que c'est ici que Colomb forma ses théories sur l'existence de terres à l'ouest, en observant les bois flottants et les objets inconnus rejetés par les courants atlantiques.
La traversée en ferry depuis Funchal prend 2h15 et coûte environ 60-75 € aller-retour (tarif 2026). Pour un séjour de 3-4 jours à Madère, Porto Santo constitue une journée de détour rafraîchissante, surtout si vous venez pour randonner et cherchez une pause balnéaire.
16. Observer les baleines et les dauphins au large de Funchal
Madère est l'un des meilleurs sites d'observation des cétacés en Europe. Les eaux autour de l'île, profondes et riches en nutriments grâce aux courants atlantiques, attirent 28 espèces différentes de baleines et de dauphins recensées par l'observatoire marin local. Les sorties s'effectuent toute l'année, avec des probabilités d'observation variables selon la saison.
Les dauphins communs et tachetés sont présents toute l'année. Les cachalots sont régulièrement observés de mars à octobre. Les baleines à bosse passent en migration d'avril à mai. Les sorties durent entre 2h30 et 4 heures et coûtent 45 à 75 € par personne selon la durée et l'opérateur, avec départ depuis la marina de Funchal.
Un détail rassure souvent les voyageurs sujets au mal de mer : la plupart des opérateurs utilisent désormais des catamarans stables plutôt que des semi-rigides, et restent dans les eaux abritées de la côte sud où la houle est plus clémente. Si vous voyagez avec des enfants, choisissez une sortie de 2h30 sur catamaran plutôt qu'une expédition longue en zodiac. Les observations se font à plusieurs centaines de mètres des animaux, conformément à la réglementation : n'attendez pas un contact rapproché façon parc aquatique, mais l'émotion de voir un cachalot souffler en pleine mer reste intacte.
Choisissez un opérateur certifié par l'association madérienne des cétacés, ils naviguent avec un biologiste à bord. La différence d'expérience est significative : explications scientifiques, identification des individus, respect des distances réglementaires. Évitez les sorties par mer agitée.

17. Le Palheiro Gardens, les jardins secrets de Funchal
Moins connu que le jardin botanique ou le Monte Palace, le Quinta do Palheiro Ferreiro (Caminho da Quinta do Palheiro, 9060-415 Funchal, noté 4.4/5 sur Google pour 1 372 avis) est pourtant considéré par les botanistes comme le jardin le plus raffiné de Madère. Fondé en 1804 par le comte de Carvalhal puis acquis par la famille Blandy en 1885, il déploie ses 38 hectares sur les pentes boisées à 550 m d'altitude, à 8 km à l'est de Funchal.
La collection de camélias, plus de 3 000 variétés, est la plus grande d'Europe. Elle se visite idéalement de janvier à avril, quand les arbustes sont en pleine floraison. Les rosiers anglais, les agapanthes, les strelitzias géants et les magnolias bicentenaires composent un jardin à l'anglaise agrémenté de plantes tropicales. L'atmosphère y est silencieuse, loin des foules de Funchal. Billet d'entrée : 10 €. Fermé le week-end.

18. La gastronomie madérienne, entre espada noir et vin vieux
Manger à Madère est une expérience à part entière. La cuisine de l'île est une synthèse entre les traditions paysannes portugaises, les influences des routes commerciales (épices des Indes, sucre de canne) et les contraintes de l'insularité.
L'espada preto (poisson sabre noir, Aphanopus carbo) est le roi de la table madérienne. Ce poisson abyssal, pêché la nuit à des profondeurs de 800 à 1 500 mètres, a une chair blanche et délicate, presque sans arêtes. Il se prépare le plus souvent à la poêle avec de la banane plantain, une combinaison qui surprend mais qui fonctionne, l'acidité fruitée équilibrant la richesse de la chair. Le Mercado dos Lavradores est le meilleur endroit pour voir ce poisson à l'état brut ; les restaurants du bord de mer de Funchal, pour le déguster.
La espetada, brochette de bœuf marinée au laurier frais et grillée sur des tiges de laurier-sauce, est l'autre plat emblématique, traditionnellement servi dans les restaurants de l'intérieur de l'île. Le meilleur se mange à Ribeiro Frio, petit hameau d'altitude au-dessus de Funchal. Comptez 15-20 € pour une espetada complète avec milho frito (polenta frite).
Les boissons locales méritent leur propre exploration. La poncha est un cocktail à base d'aguardente de canne à sucre, de miel et de citron vert, brassé à la main avec un bastão en bois. La nikita est une invention locale déconcertante, une sorte de float à la bière blonde et à la glace à la vanille qui plaît énormément en été. Les deux se boivent dans les bares de vinho pour quelques euros.
Enfin, le vin de Madère mérite une dégustation sérieuse. Ce vin oxydatif fortifié vieillit pendant des décennies sans se dégrader, certaines cuvées disponibles à Funchal datent des années 1960. Les grandes maisons (Blandy's, D'Oliveiras, Henriques & Henriques) proposent des visites de caves avec dégustation pour 10-15 €. Une bouteille de Malmsey 10 ans est le souvenir idéal à rapporter.
FAQ
Combien de temps faut-il pour visiter Madère ?
Un minimum de 5 à 7 jours est recommandé pour couvrir l'essentiel. Deux jours pour Funchal et ses environs (Monte, Câmara de Lobos, Cabo Girão), un jour pour une levada du nord, un jour pour les sommets (Pico do Arieiro), un jour pour Porto Moniz et la route nord. En 3 jours, les incontournables de Funchal et une excursion en montagne restent accessibles, mais Madère se révèle vraiment avec plus de temps.
Quelle est la meilleure période pour aller à Madère ?
Madère se visite toute l'année grâce à son climat subtropical stable (16 °C en hiver, 26 °C en été). Les mois de mars à juin sont idéaux pour la randonnée et la floraison. Juillet-août est la haute saison : temps ensoleillé, piscines de Porto Moniz agréables, mais réservations nécessaires plusieurs semaines à l'avance. Novembre à février offre un Madère moins fréquenté, avec la Fête des Fleurs en avril et les feux du Nouvel An en décembre.
Faut-il louer une voiture à Madère ?
Oui, fortement recommandé. Les bus inter-villes existent mais sont lents et peu fréquents vers les sites naturels (Pico do Arieiro, Porto Moniz, São Lourenço). Le réseau routier est excellent, mais les routes de l'intérieur sont sinueuses. Les agences à l'aéroport proposent des citadines à partir de 25-35 €/jour. Un GPS ou une application cartographique est indispensable : la signalétique n'est pas toujours claire dans les zones rurales.
Les levadas sont-elles accessibles sans guide ?
La majorité des levadas populaires (Caldeirão Verde, 25 Fontes, Levada do Norte) sont praticables en autonomie avec un tracé GPX téléchargé. Une lampe frontale est indispensable pour les tunnels. Certains itinéraires en zone Natura 2000 nécessitent un guide agréé, renseignez-vous auprès de l'office du tourisme de Funchal ou sur le site du Parc naturel de Madère avant de partir.
Comment se rendre à Madère depuis la France ?
L'aéroport international de Madère (FNC) est desservi par des vols directs depuis Paris-Orly, Lyon et Nantes (Transavia, TAP, Ryanair selon les saisons). Les vols durent environ 3 heures. Comptez 150-300 € aller-retour depuis Paris selon la période et l'anticipation. Les vols directs depuis la province sont souvent moins chers que via Lisbonne.
Peut-on visiter Madère en famille avec de jeunes enfants ?
Oui. Les piscines naturelles de Porto Moniz conviennent aux enfants dès 4-5 ans avec surveillance. La levada das 25 Fontes est praticable dès 6 ans. Le jardin botanique et le Monte Palace sont accessibles en poussette sur les allées principales. Porto Santo avec sa longue plage de sable est idéale pour les familles. Évitez les randonnées d'altitude (Pico Ruivo, traversée Arieiro-Ruivo) avec des enfants de moins de 10 ans.
Madère, une île qui se mérite et se révèle
Madère est une île à dimensions humaines qui concentre des contrastes saisissants sur 57 kilomètres de long : une ville culturelle vivante, des forêts millénaires classées par l'UNESCO, les plus hautes falaises maritimes d'Europe, des sommets volcaniques au-dessus des nuages, des piscines naturelles alimentées directement par l'Atlantique. Aucun de ces éléments pris séparément n'est exceptionnel ; leur coexistence sur une île que vous pouvez traverser en deux heures de route est, elle, proprement extraordinaire.
Pour structurer votre exploration et découvrir les lieux avec leur contexte historique et culturel, l'application Ryo met à disposition des parcours audio dans les principales villes européennes. Si votre séjour au Portugal commence par la capitale avant de rejoindre Madère, consultez nos guides Ryo sur le week-end à Lisbonne et sur la visite de Sintra pour compléter votre itinéraire.
