

Le marché aux sorcières
Shutterstock
Oubliez les chapeaux pointus, les chats noirs et les balais volants ! Ici vous êtes au cœur même du « Marché aux Sorcières », le domaine des Yatiris. En aymara, ce mot désigne des sages, des spécialistes du rituel et de la médecine traditionnelle.
On vient les consulter pour demander une protection, lire l'avenir dans les feuilles de coca ou préparer une mesa, ces plateaux remplis d'offrandes colorées, de plantes aromatiques et de sucreries symboliques. En levant les yeux vers les étalages, un détail vous frappera sûrement : ces petits corps séchés suspendus au-dessus des portes. Ce sont des sullus, des fœtus de lamas.
Dans les Andes, la terre n'est pas un simple sol sur lequel on marche, c'est la Pachamama, la Terre-Mère, une entité vivante à laquelle on doit le respect. Lorsqu'un Bolivien fait construire sa maison, il enterre souvent un sullu sous les fondations pour remercier la terre et lui demander sa protection. C'est l'essence même de la ch'alla, ce rituel d'offrande où l'on verse de l’alcool sur le sol ou dépose un cadeau à terre pour entretenir une relation d'équilibre et de gratitude avec la Pachamama.
Naturellement, un lieu aussi mystérieux a fait naître son lot de légendes urbaines. On murmure parfois dans la ville que pour les immenses gratte-ciel de La Paz, un simple fœtus de lama ne suffisait pas et qu'il aurait fallu enterrer des sacrifices humains sous le béton... Une histoire à faire froid dans le dos, mais qui relève surtout du mythe populaire et des frissons pour touristes !
Toujours est-il que cette quête des faveurs de la Terre-mère entraine un florilège de fêtes et traditions toutes plus colorées les unes que les autres. Par exemple, la fête des Alasitas fin janvier où les habitants s'empressent d'acheter des miniatures représentant leurs vœux les plus chers : une mini-voiture, une mini-maison ou même de mini-billets de banque. La spiritualité s’exprime aussi à travers des fêtes monumentales comme l’incontournable Carnaval d'Oruro qui rivalise avec celui de Rio en termes de danseurs et de costumes somptueux.
Parmi eux, la figure clé du diable rappelle les divinités anciennes du monde souterrain et minier. Mais l’identité de la Bolivie s’exprime aussi au quotidien et dans les rues où vous croiserez forcément des cholitas. Longtemps marginalisée, cette femme indigène arborant fièrement sa pollera (sa jupe ample), son châle et deux tresses sous son chapeau melon incarne aujourd'hui une figure d'élégance, de réussite économique et de pouvoir social.
Certaines descendent même sur le ring dans des combats spectaculaires de cholitas luchadoras, transformant leur tenue traditionnelle en symbole de force. Un spectacle à ne pas louper entre rire et admiration pour ces grandes dames qui révolutionnent l’image de la femme de mille façons, allant jusqu’à escalader des sommets à presque 7000 mètres d’altitude ! Alors convaincu ?
Mais la Bolivie ne s'arrête pas à la rigueur des hauts plateaux. Vers l'Est, dans les grandes plaines et forêts tropicales, vivent les peuples Guaranis, Chiquitanos et Mojeños. Là-bas, l'histoire a pris une tout autre tournure, créant d’autres coutumes et traditions.
Des rituels intimes comme les ñatitas, ces crânes humains honorés en famille le 8 novembre pour veiller sur le foyer, jusqu'à la célébration du Willkakuti, le Nouvel An aymara célébré au solstice d'hiver à Tiwanaku, la Bolivie ne se laisse enfermer dans aucun cliché. C'est un pays pluriel, vivant et profondément fier de ses racines.
Ce point d'intérêt est présent dans les parcours ...
Vos commentaires, idées et suggestions
Aucun avis pour le moment






