

Pearl Harbor
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Impossible de quitter le quartier asiatique sans évoquer plus en détail un nom qui résonne dans le monde entier : Pearl Harbor. Bien que ce port militaire se situe à une dizaine de kilomètres du centre-ville où vous êtes actuellement, l'onde de choc du drame qui s'y est joué le 7 décembre 1941 a redessiné l’histoire d'Honolulu. Ce matin-là, à 7h55, une attaque surprise de l'aviation impériale japonaise fondait sur la flotte américaine du Pacifique.
En deux vagues successives, le pilonnage fait 2 403 morts et détruit une partie de la rade, poussant le président Roosevelt à déclarer la guerre dès le lendemain, qualifiant cet événement de « jour d'infamie ». C’est cet instant précis qui a fait basculer les États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, ce paysage de guerre est devenu un sanctuaire national pour la paix.
Le site principal, le Pearl Harbor National Memorial, abrite un mémorial blanc suspendu directement au-dessus de l'épave coulée de l'USS Arizona. Ce cuirassé a sombré en à peine neuf minutes, emportant avec lui plus de 900 marins qui reposent toujours à l'intérieur. Si vous décidez de vous rendre en bateau au-dessus même de l’épave coulée de l’USS Arizona, vous verrez de petites gouttes d'huile remonter de l'épave à un rythme régulier en vous penchant au-dessus de l'eau, créant des reflets irisés à la surface.
Les habitants les appellent les « larmes noires » de l’USS Arizona, comme si le navire pleurait ses marins depuis plus de quatre-vingts ans. Mais l'impact le plus profond de cette attaque s'est produit sur la population civile d'Honolulu. À l'époque, près de 40 % des habitants de l’archipel étaient d'origine japonaise.
Du jour au lendemain, cette communauté pourtant installée de longue date est passée du statut de minorité à celui d'« ennemis potentiels ». Une suspicion généralisée s'est abattue sur la ville : confiscation des radios, couvre-feu, arrestations sans véritable procédure et changement brutal posé sur cette communauté. À Hawaï, contrairement au continent américain où plus de 120 000 personnes ont été déportées en masse dans des camps, les autorités ne pouvaient pas emprisonner toute la communauté sans paralyser complètement l'économie de l'île.
À la place, Honolulu a été placée sous loi martiale pendant près de deux ans. L'armée a mis en place un internement sélectif et politique, arrêtant et emprisonnant plus de 2000 élites de la communauté répartis dans 13 sites de détention à travers l'archipel. Cette paranoïa de guerre a brutalement fracturé la population asiatique d'Honolulu en créant une division absurde entre les « bons » et les « mauvais » Asiatiques.
Pour éviter d'être confondus avec les Japonais et échapper aux agressions, de nombreux habitants d'origine chinoise, coréenne ou philippine ont dû porter des badges proclamant publiquement leur origine. Paradoxalement, cette alliance de guerre avec la Chine a poussé le Congrès américain à abroger en 1943 sa vieille loi d'exclusion envers les Chinois, leur ouvrant enfin l'accès à la naturalisation, pendant que leurs voisins japonais perdaient tous leurs droits civiques. Si vous prévoyez de vous rendre à Pearl Harbor plus tard pour une visite complète, sachez que l'accès aux musées et au mémorial est gratuit.
Pensez simplement à réserver votre navette pour le bateau sur internet et rappelez-vous que les sacs y sont strictement interdits pour des raisons de sécurité.
Ce point d'intérêt est présent dans les parcours ...
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