

Monumento agli Scioperanti
©Sailko, CC BY 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr>via Wikipedia Commons
Pour une fois, je ne vais pas vous parler de l’église en face de vous, mais bien de la sculpture en bronze à votre gauche : le Monumento agli Scioperanti, que l’on peut traduire par « le monument aux grévistes ». Approchez-vous. La scène est forte, presque brutale. Un homme épuisé porte sur ses épaules le corps sans vie de son fils. À ses pieds, une femme et des enfants, maigres et fragiles, qui semblent remplis de douleur et de résignation. Les corps sont tendus, déformés, comme écrasés par le poids de la vie. Cette œuvre a été imaginée en 1913 par Andrea Lippi, un artiste né ici à Pistoia. Il meurt très jeune, à seulement 28 ans, sans avoir pu réaliser cette sculpture. Il faudra attendre plus d’un siècle, jusqu’en 2018, pour qu’elle soit enfin fondue en bronze et installée ici. Ce que vous voyez n’est pas une scène précise, mais une image universelle. Elle évoque la condition ouvrière, la pauvreté, les luttes sociales. Certains y voient une sorte de Pietà moderne, où la souffrance n’est plus religieuse, mais humaine et sociale. Le lieu renforce encore ce message : c’est là que se terminaient autrefois les manifestations des travailleurs. Ici, la sculpture ne cherche pas à embellir. Elle rend hommage à ceux qui continuent d’avancer malgré tout. Mais continuons pour découvrir une autre œuvre d’art, un peu cachée. Pour y accéder, longez l’église par la droite, en empruntant ce qui ressemble à un petit passage discret.







