Cénote Zací

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Au cœur de Valladolid, à seulement cinq minutes de la place principale, le cénote Zací est le seul cénote urbain de la ville et l’un des plus accessibles. Semi-ouvert, il dévoile un bassin turquoise entouré de parois rocheuses et surmonté d’une voûte partiellement effondrée laissant filtrer la lumière naturelle. Son eau, fraîche toute l’année (environ 23 °C), abrite un écosystème surprenant : avec hirondelles nichant dans les fissures, chauves-souris actives au crépuscule, libellules et poissons-chats aveugles pour s’adapter à l’obscurité des profondeurs. Au-delà de sa beauté naturelle, le cénote est chargé d’histoire. Il constituait le cœur sacré de la cité maya de Zací, territoire des clans Cupules et Cocomes, à la fois source d’eau potable vitale et lieu de cérémonies rituelles. Les Mayas le considéraient comme une porte vers l’inframonde, Xibalbá, et un sanctuaire dédié au dieu de la pluie, Chaac. Des offrandes y étaient jetées pour assurer la fertilité des champs et la prospérité de la cité, et certains archéologues suggèrent que des rituels plus solennels, voire des sacrifices symboliques, pouvaient s’y dérouler, soulignant l’importance spirituelle du site. Parmi toutes les histoires liées au cénote, celle de Hul-Kin et Sac-Nicté est la plus célèbre. À l’époque de la cité de Zací, deux clans rivaux se disputaient le pouvoir : les Cupules et les Cocomes. Sac-Nicté, jeune femme d’une grande beauté élevée par sa grand-mère sorcière, vivait sur la voûte du cénote. Hul-Kin, fils du cacique rival, et Sac-Nicté tombèrent amoureux malgré l’hostilité de leurs familles et se retrouvaient en secret ici. Découvert par le père de Hul-Kin, celui-ci fut envoyé loin pour un mariage arrangé avec une femme d’un clan allié. Désespérée, Sac-Nicté confia son secret à sa grand-mère : elle était enceinte. Pour retrouver son amour, elle pratiqua des rituels nocturnes : elle se baignait dans le cénote sous la pleine lune, brûlant du copal et priant les dieux. Malgré ses prières, Hul-Kin semblait l’avoir oubliée. Elle attacha alors une pierre à ses longs cheveux et se jeta dans les eaux du cénote. Pris d’un pressentiment, Hul-Kin revint précipitamment à Zací et, découvrant le drame, se jeta à son tour pour mourir avec elle. La grand-mère, témoin de cette tragédie, lança une fleur blanche dans le cénote et prononça des paroles de bénédiction, scellant symboliquement leur union éternelle. Depuis, la légende raconte que chaque année, lorsque l’eau devient plus sombre, le cénote réclame un sacrifice pour cet amour interdit, et que les gouttes tombant des stalactites ressemblent aux larmes des amants, versées lentement au milieu des poissons aveugles qui nagent ensemble dans les eaux turquoises comme les deux amants réunis pour l'éternité.

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