
Que faire à Cambridge en 2026 : 18 expériences entre collèges et rivière
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Cambridge n'a pas besoin d'un palais royal ni d'une grande roue pour attirer près de huit millions de visiteurs chaque année : ses trente-et-un collèges gothiques et sa petite rivière y suffisent largement. Que faire à Cambridge quand la ville entière semble tenir dans les jardins arrière de ces institutions, séparées par un cours d'eau large de dix mètres à peine ? La question mérite qu'on s'y attarde, d'autant que notre article Ryo sur l'université de Cambridge détaille déjà l'histoire de cette institution vieille de huit siècles.
Ici, une chapelle achevée en 1515 abrite la plus grande voûte en éventail du monde. Une bibliothèque dessinée par Christopher Wren conserve les propres annotations d'Isaac Newton sur ses lois du mouvement. Un pont en bois du XVIIIe siècle alimente depuis 270 ans la légende d'un Newton architecte, pourtant démentie par les archives universitaires. Ajoutez une horloge dévorée par une sauterelle mécanique, des prairies où Virginia Woolf se baignait à l'aube et un aérodrome de la Seconde Guerre mondiale où un Concorde entier se visite gratuitement, et Cambridge cesse d'être une simple étape sur la route d'Oxford. Munissez-vous d'un plan de Cambridge dès votre arrivée en gare : les collèges cachent souvent leurs plus belles cours derrière des portes discrètes que rien, de la rue, ne signale.

1. La chapelle de King's College
La King's College Chapel (King's Parade, CB2 1ST Cambridge, noté 4.7/5 sur Google pour 2 190 avis) domine la skyline de Cambridge depuis plus de cinq siècles. Commencée en 1446 sur ordre du roi Henri VI, sa construction s'est étalée sur près de soixante-dix ans et trois règnes, interrompue par la guerre des Deux-Roses avant d'être achevée sous Henri VIII en 1515.
Ce qui frappe en entrant n'est pas tant la longueur du bâtiment, 88 mètres, que sa voûte : un éventail de pierre continu de 24 mètres de haut, considéré comme la plus grande construction de ce type au monde. Aucun pilier central ne vient interrompre la nef, un exploit technique que les architectes de l'époque n'ont jamais reproduit à cette échelle. Sous ce plafond, les stalles en bois sculpté du XVIe siècle encadrent un jubé offert par Henri VIII, et le retable présente une toile de Rubens, l'Adoration des Mages, offerte à la chapelle en 1961.
Vous pouvez visiter la chapelle en journée moyennant un billet, mais l'expérience la plus mémorable reste gratuite : assister à l'evensong chanté par le chœur de King's College, en fin d'après-midi la plupart des jours en période scolaire. Arrivez vingt minutes avant l'office pour être certain d'obtenir une place assise ; aucune réservation n'est possible et les bancs se remplissent vite en haute saison touristique. La lumière du soir traversant les vitraux du XVIe siècle, restés quasi intacts malgré la guerre civile anglaise, rend ce moment difficile à égaler ailleurs dans la ville.
Chaque 24 décembre, la chapelle accueille le célèbre « Festival of Nine Lessons and Carols », un office de chants de Noël retransmis à la radio dans le monde entier depuis 1928. Obtenir une place ce jour-là relève de l'exploit : certains fidèles font la queue dès l'aube pour les quelques bancs ouverts au public sans billet. Le reste de l'année, l'evensong quotidien offre une version plus intime de la même acoustique, celle qui a rendu le chœur de King's mondialement connu. Si vous ne deviez retenir qu'une seule chose à faire à Cambridge en fin de journée, ce serait sans doute celle-ci.
2. Trinity College et la bibliothèque Wren
Fondé en 1546 par Henri VIII à partir de la fusion de deux collèges plus anciens, le Trinity College revendique 34 lauréats du prix Nobel parmi ses anciens élèves, un chiffre supérieur à celui de pays entiers. Isaac Newton, Francis Bacon et le prince Charles y ont tous étudié.
La Grande Cour du collège, la plus vaste de tout Cambridge, sert de décor à une tradition étudiante : chaque année, une poignée d'étudiants tente de la traverser en courant pendant les 43 secondes que met la cloche à sonner midi, un défi popularisé par le film Les Chariots de feu. Vous verrez la fontaine centrale, alimentée depuis le XVIe siècle par un aqueduc encore fonctionnel.
Devant la Grande Porte du collège, le long de la rue, un jeune pommier attire les regards avertis : il descendrait, par bouturage, de l'arbre de la ferme familiale de Newton dont la chute d'une pomme lui aurait inspiré sa théorie de la gravitation. L'anecdote de la pomme est en partie légendaire, mais Newton l'a lui-même racontée à plusieurs biographes vers la fin de sa vie, et le collège entretient le pommier avec un soin presque cérémonial.
Mais le vrai trésor du collège se trouve dans la Wren Library, dessinée par Christopher Wren entre 1676 et 1695. Sur ses étagères reposent le manuscrit original de Winnie l'ourson d'A. A. Milne, une bible de Gutenberg et surtout l'exemplaire personnel des Principia Mathematica annoté de la main de Newton lui-même. L'entrée est gratuite en après-midi de semaine, mais l'accès reste limité en nombre : comptez une file d'attente courte hors juillet-août, plus longue en pleine saison. Les photographies y sont interdites, une règle strictement appliquée par le personnel. Levez les yeux vers les bustes de marbre alignés le long des rayonnages : ils représentent les grands esprits passés par Trinity, dont un Newton sculpté par Roubiliac, considéré comme l'un des plus beaux portraits du savant.


3. St John's College et le pont des Soupirs
Moins photographié que King's mais tout aussi riche en histoire, le St John's College (St John's Street, CB2 1TP Cambridge, noté 4.5/5 sur Google pour 276 avis) doit son nom au pont couvert qui relie ses deux rives sur la Cam.
Construit en 1831, ce pont des Soupirs s'inspire directement de son homonyme vénitien, sans lien architectural réel avec lui : l'appellation vient d'un professeur de Cambridge séduit par l'atmosphère du pont italien lors d'un voyage d'études. On le traverse à pied depuis la cour intérieure du collège, ou on l'observe depuis le pont voisin de Kitchen Bridge, angle photographique préféré des visiteurs en punt sur la rivière.
Le collège possède aussi la deuxième plus grande bibliothèque de Cambridge après celle de l'université, et une cour néogothique construite en 1831 dans un style qui tranche avec le reste du campus. Derrière le collège se cache par ailleurs la School of Pythagoras, considérée comme le plus ancien bâtiment de Cambridge encore debout, une maison de pierre du XIIe siècle aujourd'hui restaurée en salle d'archives. Peu de visiteurs la connaissent, et elle n'apparaît sur presque aucun plan touristique de la ville.
Si vous ne visitez qu'un seul collège annexe après King's, choisissez celui-ci : l'entrée reste moins chère et la foule, nettement plus clairsemée. Vérifiez toutefois les horaires avant de vous présenter, car St John's ferme régulièrement ses portes au public pendant les périodes d'examens, entre la mi-avril et la mi-juin, lorsque les étudiants révisent dans les cours.
4. Le pont mathématique de Queens' College
À quelques minutes à pied, le Mathematical Bridge (Silver Street, CB3 9EG Cambridge, noté 4.5/5 sur Google pour 1 408 avis) enjambe la Cam devant Queens' College depuis 1749.
Une légende tenace attribue sa conception à Isaac Newton, qui l'aurait bâti sans une seule vis ni un seul clou, avant que des étudiants curieux ne le démontent pour comprendre son fonctionnement, incapables ensuite de le remonter sans boulonnerie. L'histoire est belle, mais fausse : le pont a été dessiné par l'ingénieur William Etheridge vingt-deux ans après la mort de Newton. La structure en treillis de bois, elle, reste authentique et repose sur un principe d'ingénierie réel, une tangente géométrique qui distribue le poids sans nécessiter d'arche.
Le pont actuel date de 1905, une reconstruction fidèle au plan original après plusieurs remplacements. Vous pouvez le traverser gratuitement depuis la rue si vous entrez dans Queens', mais la meilleure vue s'obtient depuis un punt qui passe dessous, ou depuis le pont de Silver Street juste à côté, où les touristes s'agglutinent en fin de journée pour photographier le treillis de bois se reflétant dans l'eau. Le collège lui-même, avec sa Cloister Court à colombages du XVe siècle, compte parmi les plus pittoresques de Cambridge et se visite pour un droit d'entrée modique.


5. Faire du punting sur la rivière Cam
Si une seule activité résume Cambridge sur une carte postale, c'est celle-ci : glisser en punt, une longue barque à fond plat propulsée à la perche, le long de la rivière Cam. L'entreprise historique Scudamore's (Granta Place, Cambridge CB2 1RS, noté 4.5/5 sur Google pour 5 600 avis) loue des bateaux depuis 1910 et reste la référence pour cette activité.
Deux options s'offrent à vous. La première, le punt chauffeuré : un étudiant ou guide local vous pilote pendant 45 minutes à une heure le long des jardins de King's, Clare, Trinity et St John's, en commentant l'histoire de chaque collège au passage sous les ponts. La seconde, le self-punt : vous prenez vous-même la perche, moyennant une caution et une bonne dose d'humour, car la majorité des débutants finissent trempés ou tournant en rond sous les rires des passants installés sur les berges.
Le tarif varie fortement selon la saison et l'heure de la journée, la formule chauffeurée coûtant sensiblement plus cher que la location libre. Pour l'ambiance la plus sereine, réservez une sortie tôt le matin, avant l'arrivée des groupes en milieu de journée ; pour l'ambiance festive, privilégiez la fin d'après-midi en été, quand les punts se croisent presque continuellement sous le pont des Soupirs. La section de rivière appelée The Backs (Queen's Road, CB3 9JU Cambridge, noté 4.6/5 sur Google pour 810 avis), entre Magdalene Bridge et Silver Street, offre l'enchaînement de collèges le plus dense visible depuis l'eau, un point de vue impossible à obtenir depuis la rue.
Sachez qu'aucune expérience préalable n'est requise pour le self-punt, mais que les bousculades entre embarcations sont fréquentes aux heures de pointe estivales. Un pourboire au chauffeur, bien que non obligatoire, reste la norme si la visite commentée vous a plu. Méfiez-vous enfin des rabatteurs qui abordent les touristes autour de Magdalene Bridge et de King's Parade : les prix affichés au bord de l'eau sont parfois plus élevés que ceux réservés en ligne à l'avance, et tous les opérateurs ne se valent pas en matière d'assurance et d'entretien des barques.
6. Une promenade le long des Backs
Même sans monter dans un punt, vous pouvez longer à pied ou à vélo les Backs, cette bande de pelouses et de ponts qui borde la rivière derrière six des plus anciens collèges de la ville.
Le sentier, en grande partie public et gratuit, traverse des pelouses entretenues depuis des siècles par les jardiniers des collèges, ponctuées de saules pleureurs et de vaches qui paissent encore par endroits en été, une tradition agricole conservée volontairement au cœur de la ville. Vous croiserez le Clare Bridge, le plus ancien pont de Cambridge encore debout, daté de 1640 et orné de quatorze boules de pierre décoratives. L'une d'elles présente volontairement un quartier manquant : la légende locale raconte que le tailleur de pierre, mécontent d'avoir été mal payé, aurait retiré ce morceau par dépit, mais aucune archive ne confirme l'histoire.
C'est un format de balade que recommande aussi notre application Ryo pour explorer le centre-ville à pied, sans dépendre des horaires de bateau. Comptez 45 minutes à une heure pour une marche tranquille de Magdalene Bridge à Silver Street, en vous arrêtant régulièrement pour observer les façades côté jardin, souvent plus soignées que les façades côté rue. Au printemps, les pelouses de King's et de Clare se couvrent de milliers de jonquilles et de crocus, un spectacle éphémère qui attire chaque année les photographes dès les premiers beaux jours de mars.

7. Grimper au sommet de Great St Mary's Church
Surnommée l'Église de l'Université, Great St Mary's Church (Senate House Hill, CB2 3PQ Cambridge, noté 4.6/5 sur Google pour 1 584 avis) sert de lieu de culte officiel à Cambridge depuis le XIIe siècle, mais sa tour attire surtout pour la vue.
Moyennant un droit d'entrée modeste, vous grimpez 123 marches en colimaçon jusqu'à une plateforme extérieure d'où l'on domine les toits du centre historique, King's College Chapel comprise. C'est l'un des rares points de vue en hauteur accessibles à Cambridge, une ville qui, contrairement à d'autres cités anglaises, ne compte aucun gratte-ciel ni tour d'observation moderne. Prévoyez de la patience aux heures de forte affluence : l'escalier, étroit, ne permet le croisement que par endroits ponctuels.
Depuis la plateforme, orientez-vous vers l'ouest pour repérer la silhouette de King's College Chapel et, au-delà, les toits de la vieille ville qui se fondent dans les Backs. Des panneaux d'interprétation aident à identifier chaque clocher et chaque coupole du campus. Notez que la tour ferme par grand vent ou pluie battante pour des raisons de sécurité : mieux vaut vérifier la météo, notoirement changeante à Cambridge, avant de gravir les marches. À l'intérieur, l'église conserve par ailleurs le point de référence historique à partir duquel toutes les distances routières vers Cambridge étaient autrefois mesurées.

8. Flâner sur le marché de Cambridge
À deux pas de la Senate House, Cambridge Market Square (Market Hill, CB2 3NJ Cambridge, noté 4.5/5 sur Google pour 3 991 avis) accueille un marché quasi quotidien depuis l'époque médiévale.
Les étals varient selon les jours : produits fermiers et fromages locaux en semaine, antiquités et vinyles le lundi, artisanat et vêtements vintage le week-end. C'est aussi l'endroit le plus simple pour manger sur le pouce entre deux visites, avec une densité de stands de street-food étonnante pour une place aussi petite, des dumplings taïwanais aux crêpes bretonnes en passant par le fish and chips.
Le marché occupe cette place sans interruption depuis le Moyen Âge, ce qui en fait l'un des plus anciens marchés en activité continue d'Angleterre. Autour, quelques adresses valent le détour pour une pause : les salons de thé indépendants de Rose Crescent, à l'angle nord-ouest, et les librairies d'occasion qui bordent les ruelles voisines. C'est enfin le meilleur point de repère pour ne pas se perdre dans le centre : presque toutes les rues piétonnes convergent vers cette place, et il suffit de la retrouver pour se réorienter vers n'importe quel collège.
9. Le Fitzwilliam Museum
Fondé en 1816 grâce au legs du vicomte Fitzwilliam, le Fitzwilliam Museum (Trumpington Street, CB2 1RB Cambridge, noté 4.7/5 sur Google pour 9 271 avis) figure parmi les plus riches musées universitaires du monde, et son entrée reste entièrement gratuite.
Derrière sa façade néoclassique à colonnes corinthiennes se cachent plus d'un demi-million d'objets : momies et sarcophages égyptiens, céramiques antiques grecques, armures japonaises, et une collection de peinture qui va de Titien à Monet en passant par Picasso. La galerie impressionniste, souvent sous-estimée par les visiteurs pressés, réunit des toiles de Renoir, Degas et Cézanne acquises au fil du XXe siècle par des donateurs privés.
Comptez au minimum deux heures pour parcourir les collections principales sans vous presser, davantage si l'histoire de l'art vous passionne. Les salles égyptiennes du rez-de-chaussée attirent le plus de visiteurs en famille, tandis que l'étage, plus calme, convient mieux à une visite contemplative. Un audioguide gratuit disponible à l'accueil complète utilement les cartels, parfois succincts sur certaines pièces majeures.
Le musée organise aussi des expositions temporaires renouvelées plusieurs fois par an, souvent consacrées à un artiste ou une civilisation précise. Vérifiez le programme avant votre venue si une thématique particulière vous intéresse, certaines salles fermant temporairement pendant les rotations d'accrochage. Bon à savoir pour les familles : le musée met à disposition des livrets-jeux gratuits à l'accueil, et le café installé sous la coupole propose une pause abordable à mi-parcours, sans obligation d'avoir payé une quelconque entrée puisque le lieu est intégralement gratuit.


10. Le jardin botanique de l'université
À quinze minutes à pied du centre, le Cambridge University Botanic Garden (1 Brookside, CB2 1JE Cambridge, noté 4.7/5 sur Google pour 7 604 avis) s'étend sur 16 hectares fondés en 1831 par le botaniste John Stevens Henslow, mentor d'un certain Charles Darwin.
Le jardin conserve plus de 8 000 espèces végétales réparties en zones thématiques : arboretum, jardin de rocaille alimenté par un système de ruisseaux artificiels, serres tropicales chauffées et une collection de conifères parmi les plus complètes du Royaume-Uni. En automne, l'arboretum vire à des teintes rouge et or particulièrement photogéniques, un moment que les habitués considèrent comme la meilleure période de visite, avant la foule de printemps.
L'entrée est payante mais reste modeste comparée aux musées londoniens équivalents, et gratuite pour les enfants accompagnés. Prévoyez au moins 90 minutes si vous souhaitez traverser l'ensemble du parcours, davantage si vous emportez un pique-nique sur l'une des pelouses ouvertes, une pratique tolérée en dehors des massifs protégés. Ne manquez pas la serre alpine et la fontaine des parfums, pensée pour être appréciée les yeux fermés : c'est l'un des rares jardins botaniques britanniques à disposer d'un parcours sensoriel conçu aussi pour les visiteurs malvoyants. Le jardin fait par ailleurs office de laboratoire vivant pour les chercheurs de l'université, qui y étudient l'adaptation des plantes au changement climatique ; certaines parcelles expérimentales, signalées par de discrets panneaux, montrent comment des espèces méditerranéennes s'acclimatent désormais au climat de l'est de l'Angleterre.
11. La Round Church
Parmi les quatre seules églises rondes médiévales encore debout en Angleterre, la Church of the Holy Sepulchre, dite Round Church (Round Church Street, CB5 8AD Cambridge, noté 4.5/5 sur Google pour 620 avis), a été construite vers 1130 par des chevaliers revenus des croisades.
Son plan circulaire s'inspire directement de l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. L'intérieur, restauré au XIXe siècle après des siècles de modifications successives, abrite désormais un petit centre d'accueil des visiteurs et une exposition sur l'histoire chrétienne de la ville. La visite se fait en quinze minutes à peine, mais l'édifice mérite un détour ne serait-ce que pour sa rareté architecturale.
Attention, l'église n'est plus une paroisse active mais un centre géré par une association chrétienne : l'accès à la nef est soumis à une petite contribution qui finance l'exposition permanente. Juste en face, Bridge Street et ses maisons à colombages comptent parmi les rares vestiges civils médiévaux du centre, la plupart des bâtiments d'origine ayant disparu au fil des reconstructions universitaires. C'est aussi le point de départ idéal pour rejoindre à pied Magdalene College et l'ancien quartier des tavernes, un peu à l'écart du flux touristique de King's Parade.


12. L'horloge Corpus Clock
Dévoilée en 2008 par le physicien Stephen Hawking en personne, la Corpus Clock (Bene't Street, CB2 3PT Cambridge, noté 4.6/5 sur Google pour 1 278 avis) orne l'angle du Corpus Christi College d'un mécanisme aussi fascinant qu'inquiétant.
Aucune aiguille classique ici : un disque doré de 1,5 mètre de diamètre affiche l'heure par vagues de LED bleues, tandis qu'une sauterelle métallique géante, baptisée le Chronophage (« mangeuse de temps »), rampe sur le pourtour et referme sa mâchoire à chaque minute écoulée, comme pour dévorer physiquement le temps qui passe. Son créateur, l'horloger John Taylor, a volontairement conçu un mécanisme qui ralentit puis accélère de façon irrégulière : l'heure affichée n'est exacte que toutes les cinq minutes.
Elle se contemple gratuitement depuis la rue à toute heure, mais son effet est plus saisissant à la tombée du jour, quand les LED tranchent sur la pierre sombre de la façade.
À quelques mètres de l'horloge, sur la même Bene't Street, ne manquez pas le pub The Eagle : c'est là que, le 28 février 1953, les chercheurs Francis Crick et James Watson auraient annoncé à la cantonade avoir « découvert le secret de la vie », autrement dit la structure en double hélice de l'ADN. Une plaque commémore la scène, et le plafond de la salle arrière porte encore les noms d'aviateurs britanniques et américains gravés ou brûlés à la bougie pendant la Seconde Guerre mondiale. On peut y déjeuner ou y boire une pinte dans un décor resté volontairement d'époque : c'est l'une des haltes gastronomiques les plus chargées d'histoire de toute la ville.
13. Kettle's Yard
Moins connue que le Fitzwilliam, la maison-musée Kettle's Yard (Castle Street, CB3 0AQ Cambridge, noté 4.6/5 sur Google pour 1 428 avis) séduit les amateurs d'art moderne cherchant à échapper aux foules.
Le lieu fut aménagé entre 1957 et 1973 par Jim Ede, ancien conservateur à la Tate Gallery de Londres, qui a transformé quatre cottages en une résidence-galerie pensée comme un espace de vie plutôt que comme un musée classique. Les œuvres, signées Henri Gaudier-Brzeska, Barbara Hepworth ou Ben Nicholson, se mêlent aux meubles, aux galets ramassés sur les plages et à la lumière naturelle filtrée par des rideaux volontairement transparents.
L'entrée à la maison reste gratuite mais limitée en nombre de visiteurs simultanés, une contrainte pensée pour préserver l'atmosphère intime du lieu. Un conseil que partage aussi le guide audio Ryo : programmer ce type de halte en fin de matinée, avant l'arrivée des groupes scolaires qui saturent souvent les petites salles en début d'après-midi. Une galerie contemporaine attenante, elle aussi gratuite, accueille des expositions temporaires renouvelées plusieurs fois par an. Le principe voulu par Jim Ede tient en une phrase : rien n'est étiqueté, rien n'est mis sous vitrine, et l'on est invité à s'asseoir dans les fauteuils, à ouvrir les livres et à observer comment la lumière du jour déplace les ombres au fil des heures. Peu de musées britanniques offrent une expérience aussi peu muséale, et c'est précisément ce qui séduit les visiteurs lassés des grandes institutions bondées. Prévoyez une bonne heure pour en apprécier l'atmosphère sans vous presser.
14. Le Museum of Zoology
Au cœur du campus scientifique, le Museum of Zoology (Downing Street, CB2 3EJ Cambridge, noté 4.7/5 sur Google pour 2 335 avis) accueille gratuitement petits et grands sous le regard d'un squelette de baleine bleue suspendu au plafond de l'atrium.
Les collections rassemblent des spécimens récoltés depuis le voyage du HMS Beagle par Charles Darwin lui-même, aux côtés de squelettes de dodo, de fossiles et d'une galerie consacrée à l'évolution. Comptez une heure pour une visite complète, un peu moins si vous voyagez sans enfants curieux de s'attarder devant chaque vitrine.
La baleine bleue suspendue à l'entrée, longue de plus de vingt mètres, s'était échouée sur une plage du Sussex au XIXe siècle et compte parmi les premiers squelettes de ce type exposés au Royaume-Uni. À l'intérieur, ne manquez pas les spécimens rapportés par Darwin de son voyage sur le Beagle, dont certains oiseaux qui nourrirent directement sa réflexion sur l'origine des espèces. Entièrement rénové à la fin des années 2010, le musée propose désormais des espaces lumineux et des dispositifs pensés pour les familles, ce qui en fait l'une des visites gratuites les plus appréciées des voyageurs avec enfants. À noter que le musée partage son bâtiment avec le David Attenborough Building, du nom du célèbre naturaliste britannique diplômé de Cambridge, qui a personnellement inauguré les galeries rénovées. C'est aussi un bon plan de repli les jours de pluie, fréquents dans la région, quand punting et promenades le long de la Cam deviennent moins tentants.
15. Les prairies de Grantchester
À trois kilomètres au sud du centre, les Grantchester Meadows (Grantchester, CB3 9ND Cambridge, noté 4.7/5 sur Google pour 980 avis) offrent la respiration champêtre que peu de villes universitaires britanniques peuvent revendiquer aussi près de leur cœur historique.
On s'y rend à pied depuis Cambridge en longeant la rivière, une marche d'environ quarante-cinq minutes bordée de vaches et de saules, ou en punt jusqu'au village de Grantchester lui-même. Le lieu doit sa notoriété littéraire au poète Rupert Brooke, qui y vivait avant la Première Guerre mondiale et qui recevait dans son jardin tout un cercle d'écrivains, dont Virginia Woolf, connue pour s'y baigner nue dans la rivière, une anecdote encore racontée par les guides locaux. Le groupe Pink Floyd a également immortalisé le lieu dans un morceau instrumental de 1969 portant son nom.
Une fois sur place, le salon de thé historique The Orchard, installé sous les pommiers depuis 1897, sert toujours le thé l'après-midi dans des chaises longues disposées entre les arbres, une tradition qui a accueilli en son temps Alan Turing et les membres du groupe littéraire de Bloomsbury. Réservez si vous venez un dimanche ensoleillé : les tables en extérieur se remplissent vite dès le retour du beau temps. Pour boucler la sortie en beauté, poussez jusqu'à l'église du village, où repose une partie de la mémoire de Rupert Brooke, puis revenez par l'autre rive afin de varier les points de vue sur les prairies inondables, classées zone de conservation pour leur biodiversité.


16. Parker's Piece
Grande étendue d'herbe à deux pas de la gare, Parker's Piece (CB1 1JG Cambridge, noté 4.5/5 sur Google pour 6 641 avis) a un rôle historique méconnu : c'est ici, en 1848, que des étudiants de Cambridge ont rédigé les premières règles écrites du football moderne, les Cambridge Rules.
Un lampadaire central, surnommé Reality Checkpoint par les étudiants, marque traditionnellement la limite symbolique entre le monde universitaire et la vraie vie. Le parc sert aujourd'hui de lieu de pique-nique, de jogging et de matchs improvisés, sans droit d'entrée ni horaire fixe.
Le surnom de « Reality Checkpoint » remonte aux années 1970 et n'a jamais reçu d'explication officielle : pour les uns, il marquait la frontière entre la bulle universitaire et le monde réel des faubourgs ; pour les autres, il servait de repère aux fêtards regagnant leur logement au petit matin. En fin d'année, une patinoire éphémère et une fête foraine hivernale s'installent parfois sur la pelouse, transformant l'esplanade habituellement paisible en cœur animé de la ville. Le reste du temps, c'est simplement le meilleur endroit pour souffler entre la gare et le centre, à mi-chemin d'une promenade qui relie l'arrivée du train aux premiers collèges.
17. Excursion à la cathédrale d'Ely
À vingt minutes de train seulement, la petite ville d'Ely mérite une excursion à la journée pour sa cathédrale (The Gallery, Ely CB7 4DL, noté 4.8/5 sur Google pour 8 200 avis), visible à des kilomètres à la ronde depuis les terres plates des Fens.
Surnommée « le vaisseau des Fens » en raison de sa silhouette qui domine le paysage marécageux environnant, la cathédrale fut fondée en 673 par la reine Etheldreda avant d'être reconstruite en pierre normande à partir de 1083. Son élément le plus spectaculaire reste l'Octogone, une tour lanterne octogonale unique en Europe, construite au XIVe siècle après l'effondrement de la tour centrale d'origine en 1322. Depuis l'intérieur, la structure en bois recouverte de plomb culmine à 43 mètres et laisse passer une lumière que les architectes médiévaux n'avaient encore jamais réussi à obtenir à cette échelle.
La visite guidée de la tour, en montant par un escalier en colimaçon étroit, permet d'accéder à l'extérieur de l'Octogone pour une vue panoramique sur les Fens environnants et, par temps clair, jusqu'à Cambridge elle-même. La cathédrale abrite aussi le Musée national du vitrail, unique au Royaume-Uni, installé dans la galerie sud et retraçant plusieurs siècles d'art du vitrail à travers des centaines de panneaux déposés d'églises désaffectées. Comptez une demi-journée pour l'aller-retour en train, la visite de la cathédrale et une flânerie dans le petit centre historique d'Ely, connu pour son marché du jeudi et sa proximité avec la maison où vécut Oliver Cromwell, aujourd'hui transformée en musée.
Si vous cherchez que faire autour de Cambridge sur une journée complète, cette excursion reste l'une des plus accessibles sans voiture, la gare d'Ely étant desservie plusieurs fois par heure depuis Cambridge.
18. Excursion à l'Imperial War Museum Duxford
À une demi-heure de route ou de bus au sud de Cambridge, l'Imperial War Museum Duxford (Duxford, CB22 4QR Cambridge, noté 4.8/5 sur Google pour 18 481 avis) occupe un ancien aérodrome de la Royal Air Force actif depuis la Première Guerre mondiale.
Le site abrite l'une des plus grandes collections d'avions historiques d'Europe, répartis dans plusieurs hangars thématiques : Spitfire et Hurricane de la bataille d'Angleterre, bombardiers de la Seconde Guerre mondiale, avions de chasse de la guerre froide. La pièce la plus spectaculaire reste sans doute un Concorde grandeur nature, que les visiteurs peuvent monter à bord gratuitement, casque radio compris, pour découvrir la cabine supersonique telle qu'elle fonctionnait jusqu'en 2003.
L'un des hangars, l'American Air Museum, a été dessiné par l'architecte Norman Foster et abrite la plus grande collection d'avions militaires américains exposée hors des États-Unis, dont un bombardier B-52 dont l'envergure occupe à elle seule tout le bâtiment. Duxford organise aussi plusieurs meetings aériens par an, où d'authentiques avions de collection reprennent l'air devant des milliers de spectateurs, un événement à réserver bien à l'avance tant les places s'arrachent vite. En dehors de ces dates, comptez une demi-journée complète pour parcourir l'ensemble des hangars sans se presser : le site est vaste et largement extérieur, prévoyez donc une tenue adaptée à la météo anglaise, changeante même en été. Un bus direct relie la gare routière de Cambridge à Duxford plusieurs fois par jour en belle saison, ce qui rend la sortie possible même sans voiture.

FAQ
Combien de temps faut-il pour visiter Cambridge ?
Une journée suffit pour voir l'essentiel du centre historique : King's College Chapel, Trinity College et un tour en punt. Pour inclure musées, jardin botanique et une excursion vers Ely ou Duxford, comptez plutôt deux à trois jours complets sur place.
Cambridge ou Oxford, laquelle visiter en priorité ?
Les deux villes universitaires se ressemblent par leur architecture collégiale, mais Cambridge se distingue par sa rivière navigable en punt et ses jardins arrière (les Backs), tandis qu'Oxford propose davantage de musées gratuits. Aucune n'est objectivement supérieure : le choix dépend surtout de votre point de départ depuis Londres.
Que faire à Cambridge en une seule journée ?
Concentrez-vous sur King's College Chapel le matin, un tour en punt en milieu de journée, puis le Fitzwilliam Museum ou une flânerie sur le marché l'après-midi. Cet enchaînement couvre les sites les plus emblématiques sans excès de marche.
Où dormir à Cambridge ?
Les hôtels du centre historique, proches de King's Parade, coûtent plus cher mais permettent de tout rejoindre à pied. Réserver un hôtel à Cambridge plus en périphérie, côté gare, revient souvent moins cher tout en restant à quinze minutes à pied des collèges principaux.
Que faire autour de Cambridge en excursion ?
Ely et sa cathédrale, à vingt minutes de train, et l'Imperial War Museum Duxford, à trente minutes de route, comptent parmi les excursions les plus populaires depuis Cambridge. Grantchester, accessible à pied ou en punt, convient pour une sortie plus courte.
Cambridge est-elle accessible en train depuis Londres ?
Oui, les trains directs depuis King's Cross ou Liverpool Street rejoignent Cambridge en 45 à 90 minutes selon la ligne choisie, ce qui en fait une excursion à la journée facile depuis la capitale britannique.
Conclusion
Que faire à Cambridge, finalement ? La ville se parcourt aussi bien en une journée dense qu'en un séjour prolongé de trois jours, tant les couches d'histoire s'accumulent d'un collège à l'autre. Entre une chapelle gothique, un punt sur la Cam et un Concorde à visiter gratuitement à trente minutes de route, elle offre une densité d'expériences rare pour sa taille modeste, et de quoi remplir un carnet de voyage bien au-delà des classiques King's et Trinity.
Pour ne rien manquer en marchant d'un collège à l'autre, laissez-vous guider par l'application Ryo et son guide audio : il replace chaque pont, chaque cour et chaque façade dans huit siècles d'histoire universitaire, à votre rythme et sans dépendre des horaires de visite. Et si vous souhaitez approfondir avant de partir, notre guide Ryo de l'université de Cambridge reste la meilleure porte d'entrée pour comprendre comment huit siècles de vie académique ont façonné chaque pierre de la ville.
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