
Que voir autour de Nîmes : 13 escapades à vivre en 2026
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Savoir que voir autour de Nîmes commence par une question de rayon d'action : en moins d'une heure de route depuis les arènes romaines du centre-ville, on passe d'un aqueduc antique à un canyon calcaire, puis à une lagune où nagent des flamants roses. Le parcours audioguidé Ryo de Nîmes raconte déjà 26 arrêts sur 2h45 de marche dans la ville elle-même ; les environs, eux, méritent largement plusieurs week-ends.
Le Pont du Gard, à 25 minutes de route, reste le point culminant de ce territoire, mais il est loin d'être seul en lice. Uzès a gardé son titre de premier duché de France et son marché du samedi sous des platanes bicentenaires. Aigues-Mortes s'est figée en 1248, année où Saint Louis embarqua pour la septième croisade depuis ses remparts encore intacts. Plus au sud, la Camargue aligne chevaux semi-sauvages, taureaux de manade et plusieurs milliers de flamants roses sur un delta grand comme Paris intra-muros. Cet article recense treize destinations, du site antique à la randonnée sur les Causses, classées par distance et par ambiance pour composer un programme sur mesure selon vos envies.

Nîmes, le camp de base idéal pour rayonner
Nîmes occupe une position presque parfaite sur la carte du Gard : à une demi-heure des plages de Camargue, à 25 minutes du Pont du Gard, à moins d'une heure des premiers reliefs cévenols. La ville s'est construite sur la Via Domitia, la route romaine qui reliait déjà l'Italie à l'Espagne, ce qui explique pourquoi elle sert encore de carrefour naturel entre Provence et Languedoc.
Si vous arrivez en train, la gare Nîmes-Pont-du-Gard TGV dessert directement la ligne à grande vitesse mais se trouve à 10 km du centre-ville : mieux vaut louer une voiture dès l'arrivée si vous comptez enchaîner plusieurs excursions dans la même semaine. Pour les trajets plus courts (Pont du Gard, Uzès, gorges du Gardon), les cars du réseau régional Édgard desservent plusieurs communes, mais les horaires restent limités le dimanche.
Le centre historique de Nîmes reste largement piéton : mieux vaut se garer dans l'un des parkings en périphérie immédiate (Arènes, Feuchères) et rejoindre à pied les principaux monuments plutôt que de chercher une place en centre-ville en pleine saison touristique.
Avant de partir à l'assaut du Gard, un détour par les arènes et la Maison Carrée donne le ton : Nîmes revendique le titre de ville française la mieux conservée de l'Antiquité romaine, ce qui n'est pas un hasard si son Ryocity compte parmi les parcours audioguidés les plus denses du réseau, avec 26 étapes sur 2h45 de marche. Gardez aussi à l'esprit la saisonnalité : la Camargue et les Baux-de-Provence saturent en juillet-août tandis que le Pont du Gard et Uzès restent praticables toute l'année grâce à un climat méditerranéen sec, mistral excepté sur les plateaux.

Le Pont du Gard, le geste architectural qui a construit Nîmes
Il a fallu aux ingénieurs romains un instrument de précision quasi impossible pour l'époque : sur 50 km entre la source d'Uzès et Nîmes, l'aqueduc ne perd que 17 mètres de dénivelé, soit une pente moyenne de 34 centimètres par kilomètre. Le Pont du Gard, qui franchit la vallée du Gardon à 25 minutes de route de Nîmes, reste le tronçon visible et le plus spectaculaire de cet ouvrage hydraulique construit au premier siècle de notre ère.
Ses trois niveaux d'arches culminent à 48,8 mètres, la hauteur d'un immeuble de seize étages, pour un ouvrage qui n'a pourtant nécessité aucun mortier : les blocs de pierre calcaire s'assemblent par simple pression et par des crampons de fer par endroits. Inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1985, le site attire aujourd'hui plus d'1,4 million de visiteurs par an, ce qui en fait l'un des monuments antiques les plus visités de France.
Le site ne se limite pas au pont lui-même. L'espace muséographique en rive gauche retrace la prouesse technique de l'aqueduc sur plus de 2500 m² d'exposition, avec une section dédiée aux enfants qui traverse l'histoire du chantier à hauteur d'enfant. Comptez une matinée entière si vous voulez enchaîner musée, sentier de mémoires de garrigue et passage sous les arches.
En été, la partie la plus prisée du site n'est pas archéologique mais aquatique : le Gardon coule juste sous le pont et se prête à la baignade et au canoë, avec plusieurs loueurs à Collias et Vers-Pont-du-Gard qui organisent des descentes de 8 km jusqu'au pied des arches. Voir les canoës glisser sous les arcades romaines reste l'une des images les plus partagées de la région, et pour cause : peu de sites conjuguent baignade et patrimoine antique à ce niveau.
Un conseil si vous détestez la foule : venez tôt le matin (avant 9h30) ou en fin de journée, quand les bus de tourisme sont repartis et que la lumière rasante sculpte la pierre ocre. Certains soirs d'été, le site organise «Les Grands Jours du Pont du Gard», un parcours nocturne avec jeux de lumière et parfois spectacle pyrotechnique, à réserver si vous logez à proximité un jeudi ou un samedi de juillet-août. Le reste de l'année, l'illumination discrète du pont après la tombée de la nuit reste visible gratuitement depuis les deux rives, sans qu'il soit nécessaire de payer l'entrée du site en journée.
Le stationnement est payant : comptez environ 10 € par véhicule pour la journée, un billet qui inclut l'accès au musée et aux sentiers mais pas la visite intérieure du pont, fermée au public pour préservation. Notre guide Ryo du Pont du Gard détaille les horaires, les tarifs et les meilleurs points de vue photo si vous voulez pousser l'exploration plus loin.
Uzès, le duché qui alimentait Nîmes en eau
Uzès porte depuis 1565 le titre de premier duché de France, décerné par Charles IX à la famille de Crussol qui habite toujours le château ducal du centre-ville. Ce statut protocolaire cache une évidence géographique : c'est de la source d'Uzès, la Fontaine d'Eure, que partait l'eau acheminée par l'aqueduc jusqu'à Nîmes et son fameux pont. Sans Uzès, pas de Pont du Gard.
Le samedi matin, la Place aux Herbes se transforme en l'un des marchés les plus photographiés du Gard : étals de fromages de chèvre, huile d'olive et linge provençal sous des platanes plantés il y a plus de deux siècles.
À deux pas, la Tour Fenestrelle intrigue les visiteurs par sa forme : ce clocher roman cylindrique de six étages, vestige d'une ancienne cathédrale détruite pendant les guerres de Religion, reste unique en France par son plan circulaire.
Le Duché d'Uzès (Place du Duché, 30700 Uzès, noté 4.4/5 sur Google pour 2K avis) se visite en partie, avec ses jardins à la française dessinés par Le Nôtre et sa tour Bermonde du XIe siècle, point de vue le plus haut de la vieille ville.
Le marché du samedi n'est pas le seul de la semaine : un marché plus modeste se tient aussi le mercredi, davantage fréquenté par les habitants que par les visiteurs de passage. Les gourmets pousseront jusqu'à la biscuiterie locale, réputée pour ses navettes aux amandes, une spécialité que l'on retrouve sur la plupart des tables du Gard lors des grandes occasions.
Les amateurs de chevaux pousseront jusqu'au Haras national d'Uzès, fondé en 1972 sur d'anciennes terres agricoles, qui organise des présentations de races françaises (percherons, camarguais, selle français) certains week-ends de printemps. C'est aussi l'un des rares haras nationaux encore actifs dans le grand Sud, avec un programme de reproduction équine ouvert au public sur réservation.
En été, les Nuits musicales d'Uzès (fin juin) attirent plusieurs milliers de spectateurs dans la cour du château pour des concerts classiques en plein air, une occasion de coupler musique et patrimoine si votre séjour tombe à cette période. Comptez 25 à 30 minutes de route depuis Nîmes, un trajet suffisamment court pour combiner Uzès et Pont du Gard dans la même journée.
Aigues-Mortes, la cité que Saint Louis a bâtie sur un marais
En 1240, Louis IX ne dispose d'aucun port en Méditerranée pour lancer ses croisades : le roi rachète alors un marais salant aux moines de Psalmody et y fait construire de toutes pièces une ville fortifiée. Aigues-Mortes embarque ses troupes pour la septième croisade en 1248 depuis ce site qui n'était, à l'origine, qu'un terrain conquis sur l'eau, comme l'indique son nom (eaux mortes, en occitan).
Les remparts, achevés sous Philippe III le Hardi à la fin du XIIIe siècle, dessinent un rectangle quasi parfait de 1634 mètres de circuit, l'un des ensembles de fortifications médiévales les mieux conservés d'Europe. On peut en faire le tour à pied en 45 minutes, avec des vues qui plongent directement sur les marais salants environnants.
La Tour de Constance (Logis du Gouverneur, 30220 Aigues-Mortes, noté 4.6/5 sur Google pour 3 667 avis), donjon circulaire de 40 mètres de haut posté à l'angle nord-ouest, a longtemps servi de prison. Marie Durand, protestante enfermée à 19 ans pour avoir refusé d'abjurer sa foi, y a passé 38 ans avant sa libération en 1768 ; le mot «Résister», qu'elle aurait gravé dans la margelle du puits, se lit encore aujourd'hui.
Autour de la ville s'étendent les salins d'Aigues-Mortes, exploités depuis l'Antiquité et aujourd'hui encore en activité : ce sont eux qui produisent la fleur de sel de Camargue, récoltée à la main en fin d'été quand les bassins prennent une teinte rosée liée à une micro-algue. Les flamants roses, attirés par les crevettes qui prolifèrent dans cette eau saumâtre, s'y posent par centaines de mars à octobre.
Un petit train touristique fait le tour des remparts en 35 minutes pour ceux qui préfèrent une visite commentée sans marcher, avec un départ toutes les heures en saison. La partie gardoise de la Camargue, dont Aigues-Mortes constitue la porte d'entrée, se distingue de la Camargue plus connue des Bouches-du-Rhône par des paysages moins fréquentés, notamment autour de l'étang du Médard.
Un point pratique : la mer s'est retirée au fil des siècles sous l'effet de l'ensablement, si bien qu'Aigues-Mortes se trouve désormais à environ 5 km du littoral. Pour rejoindre une plage, direction le Grau-du-Roi, à 10 minutes de voiture, ou la plage de l'Espiguette, plus sauvage. Depuis Nîmes, comptez 35 à 40 minutes de route par l'autoroute A9 puis la D979. Le guide Ryo des 20 choses à faire dans le Gard situe d'ailleurs Aigues-Mortes parmi les étapes incontournables du département, aux côtés du Pont du Gard et d'Uzès.


La Camargue, le delta où les chevaux courent en liberté
Le Parc naturel régional de Camargue, créé en 1970, protège aujourd'hui plus de 100 000 hectares de marais, étangs et rizières à l'embouchure du Rhône. On y vient pour trois images qui circulent depuis des décennies dans les livres de géographie : les chevaux blancs, les taureaux noirs et les flamants roses. Toutes se laissent observer sans trop d'effort, à condition de savoir où regarder.
Les chevaux camarguais naissent bruns ou noirs et ne blanchissent qu'à partir de leur quatrième ou cinquième année. Semi-sauvages, ils vivent en manades encadrées par des gardians à cheval, ces éleveurs-cavaliers qui perpétuent une tradition pastorale aujourd'hui portée en candidature au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. Plusieurs manades autour de Saintes-Maries-de-la-Mer et du Sambuc ouvrent leurs balades à cheval au public, une façon assez directe de croiser les troupeaux au galop.
Pour les flamants roses, direction le Parc ornithologique de Pont de Gau (RD570, 13460 Les Saintes-Maries-de-la-Mer, noté 4.6/5 sur Google pour 12 549 avis), à l'entrée de Saintes-Maries-de-la-Mer, où des sentiers sur pilotis longent les étangs sans déranger les oiseaux.
Le site abrite la plus grande colonie de reproduction de flamants roses d'Europe, installée sur l'étang du Fangassier, avec plusieurs milliers de couples nicheurs chaque printemps. Prévoyez des jumelles : la distance d'observation reste volontairement grande pour ne pas perturber les couvées.
Saintes-Maries-de-la-Mer, ville portuaire au bout de la route, mêle église fortifiée du XIIe siècle et ambiance de station balnéaire décontractée. Chaque 24 et 25 mai, le pèlerinage des gitans en l'honneur de Sainte Sara transforme les rues en procession jusqu'à la mer, l'un des rassemblements les plus habités de Camargue.
Le taureau camarguais, plus petit et plus vif que ses cousins ibériques, se prête à un sport bien différent de la corrida espagnole : la course camarguaise, où des raseteurs habillés de blanc tentent d'arracher à main nue une cocarde fixée entre les cornes de l'animal, sans jamais le blesser ni le mettre à mort. Les arènes de village, à Aigues-Mortes ou aux Saintes-Maries, organisent ces courses chaque week-end d'été, un spectacle bien moins connu des touristes que les corridas espagnoles mais tout aussi ancré dans l'identité locale.
Côté gastronomie, la région produit son propre riz sous appellation protégée depuis 2000, cultivé dans les rizières qui bordent les routes entre Arles et Saintes-Maries. Les gardians eux-mêmes ont donné leur nom à un plat local, la gardiane de taureau, ragoût mijoté au vin rouge que l'on retrouve sur la plupart des cartes de la région.
Comptez 1h à 1h10 de route depuis Nîmes selon la destination précise (Aigues-Mortes puis la digue à la mer, ou directement par Arles). C'est la plus longue excursion de cette liste, mais aussi celle qui change le plus radicalement de décor par rapport au reste du Gard.

Arles, l'autre grande scène romaine du delta
Arles partage avec Nîmes le même patrimoine antique, mais à une échelle légèrement supérieure : ses arènes, construites vers 90 après J.-C., pouvaient accueillir environ 20 000 spectateurs, soit le double de la capacité initiale de celles de Nîmes. Elles servent toujours de cadre aux férias provençales et à des concerts en plein air, une continuité d'usage vieille de 2000 ans que peu de monuments antiques peuvent revendiquer.
À quelques rues de là, le Théâtre antique, plus ancien encore (Ier siècle avant notre ère), a perdu la majeure partie de ses gradins au fil des siècles mais conserve deux colonnes de marbre qui ont donné son nom à la place voisine. L'ensemble monumental d'Arles, arènes et théâtre compris, est classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1981.
Arles doit aussi sa notoriété récente à Vincent Van Gogh, qui y a peint environ 300 toiles en quinze mois, entre 1888 et 1889, dont Nuit étoilée sur le Rhône et La Chambre à Arles. Le café qui a inspiré Terrasse de café le soir se trouve toujours place du Forum, reconnaissable à sa façade jaune repeinte pour coller au tableau. La Fondation Vincent van Gogh Arles, installée dans un hôtel particulier du centre, présente des œuvres d'artistes contemporains inspirés par le peintre plutôt que des originaux, une nuance qui surprend parfois les visiteurs venus chercher les toiles elles-mêmes.
Moins visitées, les Alyscamps méritent pourtant le détour : cette nécropole romaine puis médiévale s'étire sur une allée bordée de sarcophages qui a inspiré Van Gogh et Gauguin lors de leur séjour commun en 1888. L'atmosphère, presque silencieuse en dehors de la haute saison, tranche avec l'agitation du centre-ville.
Depuis 1970, Arles accueille chaque été les Rencontres de la photographie, un festival international qui investit anciens ateliers ferroviaires et bâtiments patrimoniaux pour des expositions temporaires, entre juillet et septembre. Cette effervescence culturelle contemporaine cohabite avec le patrimoine antique sans le concurrencer, une dualité qui distingue Arles de la plupart des villes romaines de la région.
Depuis Nîmes, comptez environ 30 minutes de route par l'A54, un trajet suffisamment court pour envisager Arles en demi-journée si vous combinez la visite avec un passage aux Alyscamps le matin et au marché du samedi ou du mercredi en fin de matinée.
Sommières, le village qui vit avec sa rivière
Sommières s'est construit directement sur un pont : le Vieux Pont, d'origine romaine puis remanié au Moyen Âge, compte 17 arches dont plusieurs sont aujourd'hui recouvertes par des maisons et des commerces qui longent le Vidourle.
Cette rivière, paisible neuf mois sur douze, se transforme en torrent lors des vidourlades, ces crues éclair qui peuvent faire monter le niveau de plusieurs mètres en quelques heures après de gros orages cévenols. Des repères de crue gravés sur les façades du centre-ville rappellent les épisodes les plus marquants, certains remontant au XIXe siècle.
L'écrivain britannique Lawrence Durrell, auteur du Quatuor d'Alexandrie, a choisi de s'installer à Sommières en 1957 et y a vécu jusqu'à sa mort en 1990 ; sa maison, à l'écart du centre, ne se visite pas mais reste un point de repère pour ses lecteurs. Le marché du mardi matin, l'un des plus anciens de la région, occupe les places du centre historique depuis une charte médiévale.
La ville accueille aussi, certains week-ends d'été, des abrivados, ces lâchers de taureaux encadrés par des gardians à cheval dans les rues du centre, une tradition camarguaise qui a gagné plusieurs villages du Gard au fil des décennies.
À 30 minutes de route de Nîmes par la D40, Sommières fonctionne aussi comme point d'étape vers Uzès ou vers les vignobles du Pic Saint-Loup, si vous cherchez à prolonger la journée. Notre sélection Ryo des plus beaux villages autour de Nîmes place justement Sommières parmi les étapes à ne pas manquer pour qui aime le charme discret des petites cités du Gard.

Les Baux-de-Provence et Saint-Rémy, les Alpilles version grand écran
Perché sur un éperon calcaire des Alpilles, le village des Baux-de-Provence ne compte qu'environ 350 habitants à l'année mais attire plus d'1,5 million de visiteurs, ce qui en fait l'un des villages les plus denses de France en flux touristique. Classé parmi les Plus Beaux Villages de France, il doit une partie de sa notoriété géologique à son propre nom : la bauxite, minerai découvert ici en 1821 par le géologue Pierre Berthier, tire directement son nom des Baux.
Le château des Baux, ruiné depuis sa destruction sur ordre de Richelieu au XVIIe siècle, s'étend sur 7 hectares au sommet du village et reste l'une des plus vastes forteresses en ruine d'Europe. Des machines de siège reconstituées (trébuchet, catapulte) y sont actionnées lors de démonstrations en saison, un bon moyen de faire patienter les enfants pendant la visite.
À l'entrée du village, les Carrières de Lumières (Route de Maillane, 13520 Les Baux-de-Provence, noté 4.7/5 sur Google pour 29 776 avis) ont transformé une ancienne carrière de bauxite en salle de projection immersive : les images, projetées sur 7000 m² de parois rocheuses, changent chaque année de thème. L'expérience dure environ 45 minutes et convient à peu près à tous les âges.
À 15 minutes de route, Saint-Rémy-de-Provence a vu naître Nostradamus en 1503 et a accueilli Van Gogh de mai 1889 à mai 1890, alors interné volontairement au monastère Saint-Paul-de-Mausole après l'épisode de l'oreille tranchée à Arles. C'est dans cette clinique, dont le cloître roman se visite toujours, qu'il peint la Nuit étoilée et une centaine d'autres toiles en un an, l'une des périodes les plus productives de toute sa carrière.
Le monastère Saint-Paul-de-Mausole continue d'ailleurs de fonctionner partiellement comme clinique psychiatrique aujourd'hui, une continuité d'usage assez rare pour un monument historique classé. Le mercredi, jour de marché à Saint-Rémy-de-Provence, les producteurs locaux envahissent le centre-ville dès 8h, une ambiance qui contraste avec le calme du site archéologique voisin.
Juste à côté, le site archéologique de Glanum superpose trois époques : sanctuaire gaulois, ville hellénistique puis cité romaine, abandonnée après une invasion alémanique au IIIe siècle. Les Antiques, un mausolée et un arc municipal du Ier siècle, marquent l'entrée du site et comptent parmi les monuments romains les mieux conservés hors d'Italie.
Depuis Nîmes, comptez 50 minutes pour les Baux et 45 pour Saint-Rémy : les deux se combinent aisément en une journée si vous partez tôt, avec une pause déjeuner à Saint-Rémy où le marché du mercredi anime toute la ville.
Les gorges du Gardon, l'évasion nature la plus proche de Nîmes
À peine 20 minutes de route suffisent pour passer des arènes de Nîmes à un canyon calcaire qui plonge par endroits à 200 mètres de profondeur. Les gorges du Gardon (Collias, 30210 Collias, noté 4.4/5 sur Google pour 78 avis), classées réserve naturelle nationale depuis 2013, protègent l'une des dernières populations de grand-duc d'Europe de la région, ce rapace nocturne au vol quasi silencieux qui niche dans les falaises.
Le village de Collias, à l'entrée des gorges, sert de point de départ pour la descente en canoë la plus populaire du secteur : 8 km de rivière jusqu'au Pont du Gard, ponctués de vasques profondes où l'on peut se baigner en cours de route.
Plusieurs grottes creusées dans les falaises calcaires, dont la grotte de la Salpêtrière, ont livré des traces d'occupation humaine remontant à plus de 20 000 ans, preuve que ce territoire attire des habitants bien avant l'arrivée des Romains.
Les randonneurs, eux, privilégient le sentier qui longe la rive en balcon, avec plusieurs points de vue vertigineux sur les méandres du Gardon, notamment depuis le belvédère du Castellas. Comptez 2h30 aller-retour pour la boucle la plus courte, à faire de préférence tôt le matin en été : la garrigue offre peu d'ombre passé 10 heures.
L'accès reste gratuit toute l'année, contrairement à la plupart des grands sites du secteur, ce qui en fait une excursion facile à improviser en fin d'après-midi si le programme du jour laisse un créneau libre.


Le cirque de Navacelles, la surprise géologique du Larzac
Le Vis a mis plusieurs millions d'années à creuser ce méandre abandonné qui forme aujourd'hui l'un des paysages les plus spectaculaires du sud du Massif central. Le cirque de Navacelles (34190 Navacelles, noté 4.8/5 sur Google pour 5 282 avis), à cheval entre Gard et Hérault sur le causse de Blandas, plonge sur près de 300 mètres de dénivelé et s'étend sur environ 2 km de diamètre, un gouffre presque circulaire que la rivière a fini par contourner en abandonnant son ancien lit.
Au fond, le hameau de Navacelles ne compte qu'une trentaine d'habitants à l'année, regroupés autour d'un vieux pont et d'un moulin, dans un site classé qui fait partie du bien Unesco Causses et Cévennes depuis 2011 au titre des paysages agropastoraux méditerranéens.
Deux belvédères permettent d'admirer le cirque sans descendre : celui de la Baume Auriol côté sud et celui de Blandas côté nord, tous deux accessibles en voiture avec un parking à proximité immédiate. Pour ceux qui veulent descendre jusqu'au hameau, comptez environ 1h30 aller-retour sur un sentier caillouteux mais sans difficulté technique majeure.
La transhumance, ce déplacement saisonnier des troupeaux entre plaine et estive, se pratique encore autour du Larzac voisin ; certains éleveurs ouvrent leurs bergeries à la visite en été, une façon de comprendre l'économie pastorale qui a façonné ce paysage classé.
C'est la destination la plus lointaine de cette liste, à 1h20-1h30 de route depuis Nîmes selon l'itinéraire choisi (par Ganges ou par le Vigan). Prévoyez-la plutôt en excursion à la journée, éventuellement combinée avec un déjeuner au Vigan ou une baignade dans les gorges de la Vis, en contrebas du cirque, où plusieurs vasques naturelles restent fraîches même en plein été.
Anduze et les Cévennes, entre bambous et sentiers de randonnée
Anduze, surnommée la porte des Cévennes, marque la limite entre la garrigue méditerranéenne et les premiers contreforts schisteux du massif cévenol. La ville s'est fait un nom depuis le XVIIe siècle grâce à ses vases en terre cuite vernissée, toujours fabriqués par plusieurs poteries locales et exportés dans toute l'Europe pour orner jardins et orangeries.
À 3 km du centre, la Bambouseraie de Prafrance cultive depuis 1856 plus de 300 espèces de bambous sur 34 hectares, ce qui en fait le plus grand jardin de bambous d'Europe. Le fondateur, Eugène Mazel, avait rapporté les premiers plants d'un voyage en Asie ; certains bosquets dépassent aujourd'hui 20 mètres de hauteur et créent une atmosphère presque tropicale à quelques kilomètres seulement du Pont du Gard.
Depuis Anduze, le Train à Vapeur des Cévennes relie Saint-Jean-du-Gard sur une ligne de 13 km inaugurée en 1909 puis rouverte au tourisme en 1991. Le trajet, tiré par une locomotive à vapeur d'époque, longe les gorges du Gardon et traverse plusieurs viaducs, une balade nostalgique d'environ 50 minutes aller.
Les randonneurs plus chevronnés connaissent la région pour une autre raison : c'est ici que se termine le sentier de Stevenson (GR70), les 272 km que l'écrivain écossais Robert Louis Stevenson a parcourus en 1878 avec son ânesse Modestine, un périple raconté dans Voyage avec un âne à travers les Cévennes qui a largement contribué à populariser la randonnée itinérante en France.
Chaque automne, plusieurs villages cévenols célèbrent la récolte de la châtaigne lors de fêtes locales, avec vente de farine de châtaigne, marrons grillés et crèmes de marron artisanales. Les randonneurs qui prolongent au-delà du sentier de Stevenson trouvent, plus au nord vers le Mont Aigoual, un réseau de sentiers balisés qui traverse plusieurs hameaux de schiste encore habités à l'année, loin des flux touristiques du Pont du Gard ou des Baux.
Le Parc national des Cévennes, créé en 1970, protège plus loin des villages de schiste aux toits de lauzes et d'anciennes châtaigneraies : le châtaignier, longtemps surnommé l'arbre à pain, a nourri des générations de Cévenols avant l'exode rural du XXe siècle. Notre guide Ryo des plus beaux villages des Cévennes recense les hameaux les plus photogéniques du massif si vous voulez pousser plus loin que Saint-Jean-du-Gard.
Comptez 45 minutes à 1 heure de route depuis Nîmes selon que vous vous arrêtez à Anduze ou que vous poussez jusqu'aux villages plus reculés du parc national.


Beaucaire et Tarascon, deux châteaux qui se regardent sur le Rhône
De chaque côté du Rhône, deux forteresses se font face depuis huit siècles. Côté Gard, le château de Beaucaire (Place du Château, 30300 Beaucaire, noté 4.2/5 sur Google pour 1 240 avis), en partie ruiné sur ordre de Richelieu comme celui des Baux, domine une ville qui fut l'un des plus grands centres commerciaux d'Europe : sa foire annuelle, instituée en 1217, attirait jusqu'à 300 000 marchands venus de toute la Méditerranée avant de décliner au XIXe siècle.
En face, à Tarascon, le château du roi René, achevé au XVe siècle, a traversé les siècles presque intact, avec ses douves toujours en eau et son architecture gothique flamboyant considérée comme l'une des mieux préservées de Provence.
La ville doit aussi son nom à la Tarasque, créature légendaire mi-dragon mi-tortue qu'une procession costumée célèbre chaque dernier week-end de juin, une fête inscrite au patrimoine immatériel de l'Unesco depuis 2005. Alphonse Daudet a immortalisé la ville sous un autre angle avec son personnage de Tartarin, chasseur fanfaron devenu emblème local malgré lui.
Beaucaire conserve aussi un port de plaisance sur le canal du Rhône à Sète, aménagé sur l'ancien bras mort du fleuve, une escale appréciée des plaisanciers qui remontent depuis la Camargue jusqu'à Sète en passant par plusieurs écluses.
Comptez 25 à 30 minutes de route depuis Nîmes pour rejoindre les deux villes, séparées l'une de l'autre par un simple pont sur le Rhône.
Où dormir et comment organiser ses excursions
La plupart des visiteurs choisissent de loger à Nîmes et de rayonner chaque jour, une stratégie logique vu que la ville reste équidistante de la majorité des sites listés ici. Comptez une à deux nuits supplémentaires si vous voulez pousser jusqu'à la Camargue ou au cirque de Navacelles sans revenir tard le soir.
Pour une expérience différente, plusieurs propriétaires du Gard ont transformé mazets, cabanes ou anciennes bergeries en hébergements atypiques ; notre article Ryo sur les logements insolites du Gard recense des options allant de la cabane perchée aux roulottes gitanes en passant par les yourtes cévenoles.
Pour les budgets plus serrés, les campings du littoral gardois (Grau-du-Roi, Aigues-Mortes) offrent une alternative économique en été, à condition de réserver plusieurs mois à l'avance tant la demande dépasse l'offre sur le littoral pendant les vacances scolaires.
Côté saison, le printemps (avril-juin) et l'automne (septembre-octobre) offrent le meilleur compromis entre affluence et météo, avec des températures encore douces sur les Causses et dans les Cévennes. L'été reste jouable pour le Pont du Gard et Uzès (venez tôt), mais devient inconfortable pour les randonnées vers Navacelles ou dans les Alpilles, où le mercure dépasse régulièrement 35°C en juillet-août.
Une voiture reste indispensable pour la majorité de ces excursions : seuls le Pont du Gard, Uzès et Aigues-Mortes sont desservis par des lignes de cars régionales, avec des fréquences qui chutent fortement le week-end.

FAQ
Quelle est la plus belle excursion à faire depuis Nîmes ?
Tout dépend de ce que vous cherchez. Pour le patrimoine antique, le Pont du Gard reste la référence absolue et le plus accessible en une demi-journée. Pour la nature, la Camargue offre le dépaysement le plus radical avec ses chevaux et ses flamants roses, quitte à sacrifier une journée entière. Pour les amateurs de villages perchés et de panoramas, les Baux-de-Provence l'emportent, surtout en fin de journée quand la lumière rase les Alpilles. Beaucoup de visiteurs finissent par combiner deux ou trois de ces excursions sur un séjour d'une semaine plutôt que de choisir une seule option.
Combien de temps faut-il pour visiter le Pont du Gard depuis Nîmes ?
Le trajet en voiture prend environ 25 minutes par la D981. Sur place, comptez une demi-journée pour la visite du site (pont, musée, sentiers de garrigue) et une journée complète si vous ajoutez une descente en canoë ou une baignade dans le Gardon. C'est l'excursion la plus rapide à organiser de toute cette liste, ce qui explique pourquoi elle se combine facilement avec Uzès dans la même sortie.
Peut-on visiter la Camargue en une journée depuis Nîmes ?
Oui, mais le programme reste serré : comptez 1h à 1h10 de route aller, autant au retour, ce qui laisse environ 6 à 7 heures sur place en partant tôt le matin. Mieux vaut se concentrer sur deux ou trois arrêts (le Parc ornithologique de Pont de Gau, Saintes-Maries-de-la-Mer et éventuellement Aigues-Mortes en chemin) plutôt que de vouloir tout voir en une seule journée. Si votre emploi du temps le permet, une nuit sur place change radicalement la qualité de la visite, notamment pour observer les oiseaux tôt le matin.
Quel village visiter autour de Nîmes sans voiture ?
Le Pont du Gard et Uzès restent les destinations les plus accessibles en transport en commun, desservies par les cars du réseau régional Édgard depuis la gare routière de Nîmes, avec des fréquences réduites le dimanche et hors saison. Aigues-Mortes est également reliée par le train jusqu'au Grau-du-Roi puis quelques minutes de marche. Les autres destinations de cette liste, notamment les Baux-de-Provence, la Camargue profonde ou le cirque de Navacelles, nécessitent une voiture ou un véhicule loué sur place.
Quelle distance sépare Nîmes d'Arles ?
Environ 30 km séparent les deux villes, soit environ 30 minutes de route par l'autoroute A54. C'est l'une des excursions les plus rapides de cette liste, ce qui permet de la combiner avec une matinée aux Alyscamps et un déjeuner sur la place du Forum sans que la journée soit trop chargée.
Quand partir en Camargue pour voir les flamants roses ?
Les flamants roses sont visibles toute l'année au Parc ornithologique de Pont de Gau, mais leur nombre culmine entre avril et septembre, période de nidification sur l'étang du Fangassier. Le printemps offre en général la meilleure lumière et des températures encore agréables pour marcher le long des sentiers sur pilotis, tandis que l'été concentre davantage de visiteurs sur le site.
Où dormir pour explorer les environs de Nîmes ?
Nîmes reste le choix le plus pratique si vous comptez enchaîner plusieurs excursions différentes dans la semaine, grâce à sa position centrale. Si votre séjour se concentre plutôt sur la Camargue, mieux vaut loger du côté de Saintes-Maries-de-la-Mer ou d'Aigues-Mortes pour limiter les trajets. Pour les Alpilles, Saint-Rémy-de-Provence ou les Baux offrent un cadre plus immersif qu'un aller-retour depuis Nîmes.
Treize excursions, du site antique classé à l'Unesco jusqu'au hameau perdu de Navacelles, suffisent à occuper largement une à deux semaines sur place, sans jamais s'éloigner de plus d'une heure et demie de Nîmes. Rien n'oblige à tout enchaîner : mieux vaut choisir trois ou quatre destinations selon vos envies (patrimoine romain, nature sauvage, villages perchés) plutôt que de cocher toute la liste au pas de course.
Avant de reprendre la route, un dernier conseil : commencez ou terminez votre séjour par la Ryocity de Nîmes, qui remet en contexte, en 2h45 de marche commentée, l'histoire romaine que vous retrouverez ensuite au Pont du Gard, à Arles ou à Glanum. C'est souvent la meilleure façon de comprendre pourquoi cette région entière a construit son identité autour d'un même empire, disparu depuis 1600 ans mais toujours visible à chaque détour de route, et pourquoi tant de visiteurs finissent par y revenir.
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