Week-end à Sienne : itinéraire complet 2 jours entre Piazza del Campo, Duomo et Chianti (2026)

© Shutterstock

Emilie

Créé par Emilie, le 4 nov. 2026

Mis à jour le 4 nov. 2026

Votre guide Ryo

Week-end à Sienne : itinéraire complet 2 jours entre Piazza del Campo, Duomo et Chianti (2026)

Sienne a perdu sa rivalité séculaire contre Florence, et c'est sans doute la meilleure chose qui pouvait lui arriver. Pendant que sa voisine s'enrichissait et s'étendait à partir du XVe siècle, Sienne restait figée dans son plan médiéval, brique rouge et ruelles en éventail, comme si le temps avait renoncé à y entrer. Le parcours audioguidé Ryo de Sienne démarre justement sur la Piazza del Campo, cette place en coquillage où neuf bandes de pavés convergent vers le Palazzo Pubblico.

En un week-end à Sienne, on grimpe environ 400 marches dans une tour de 87 mètres pour un panorama sur les collines toscanes, on cherche une porte ouverte seulement quelques mois par an au sommet de la cathédrale, on mange des pâtes roulées à la main sans aucune machine depuis des générations, on traverse un hôpital médiéval devenu musée, et on découvre que la ville cache encore des kilomètres de canaux creusés à la main sous ses pavés. Deux jours suffisent pour parcourir l'essentiel du centre historique, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1995, et pour comprendre pourquoi les dix-sept quartiers de la ville, les contrade, continuent de se disputer une course de chevaux chaque été comme une affaire d'honneur. La suite de cet article suit un itinéraire jour par jour, du centre monumental aux collines du Chianti, avec les adresses où manger, dormir et les informations pratiques pour organiser le séjour.

Jour 1 : la Piazza del Campo, le Palazzo Pubblico et la Torre del Mangia

Piazza del Campo
© Shutterstock

La Piazza del Campo et le Palazzo Pubblico

Tout commence ici, et ce n'est pas un hasard. La Piazza del Campo s'incline doucement vers son point le plus bas, devant le Palazzo Pubblico, sur un dessin voulu dès le XIIIe siècle pour que l'eau de pluie s'écoule naturellement sans jamais inonder les maisons alentour. Le sol est divisé en neuf secteurs de pavés en brique, un hommage au Gouvernement des Neuf qui a dirigé la République de Sienne à son apogée, entre 1287 et 1355.

Deux fois par an, le 2 juillet et le 16 août, cette place devient un hippodrome improvisé pour le Palio, une course de dix chevaux montés à cru autour du pourtour pavé. Le reste de l'année, c'est l'endroit où les Siennois s'installent sur les marches en pierre pour discuter, lire ou simplement regarder la lumière changer sur la façade du Palazzo Pubblico, le palais communal construit au tournant du XIVe siècle.

Vous pouvez entrer gratuitement dans la cour, mais c'est à l'intérieur, au Museo Civico (Piazza del Campo 1, 53100 Siena, Italie, noté 4.7/5 sur Google pour 2 173 avis), que se trouvent les deux œuvres qui justifient la visite. La première est la Maestà de Simone Martini, une fresque de 1315 représentant la Vierge entourée de sa cour céleste. La seconde, dans la Sala dei Nove, est l'Allégorie du Bon et du Mauvais Gouvernement d'Ambrogio Lorenzetti : deux scènes peintes en 1338 qui comparent une ville prospère sous une administration juste à une ville ravagée par la tyrannie. Les historiens d'art la considèrent comme l'une des premières grandes fresques politiques laïques de l'histoire occidentale, sans sujet religieux.

Prenez le temps de détailler la partie « bon gouvernement » : artisans au travail, danseuses dans la rue, paysans qui rentrent des champs. C'est l'un des rares portraits aussi précis d'une ville médiévale au quotidien, et vous reconnaîtrez certaines silhouettes de Sienne en sortant.

Le parcours audioguidé Ryo de Sienne démarre justement sur cette place avant de longer le Palazzo Pubblico, avec un commentaire sur les fresques du Bon et du Mauvais Gouvernement avant la montée à la tour. C'est une façon simple de ne rien manquer sans dépendre des horaires d'une visite guidée classique.

Monter à la Torre del Mangia et visiter le Museo Civico

Torre del Mangia
© Shutterstock

La Torre del Mangia culmine à 87 mètres, ce qui en fait l'une des tours civiles les plus hautes d'Italie. Son nom vient d'un surnom, pas d'un métier : le premier sonneur de cloches, réputé pour dilapider son salaire en nourriture, était appelé Mangiaguadagni, « celui qui mange ses gains ». La statue qui le représente, usée par les siècles, se trouve toujours près de l'entrée.

Monter demande de compter environ 400 marches en pierre, dans un escalier étroit à sens unique géré par quotas horaires en haute saison. Comptez 20 à 30 minutes aller-retour, et prévoyez des chaussures fermées : certaines marches sont irrégulières et usées au centre par sept siècles de passage. En haut, la récompense est un panorama à 360 degrés sur les toits en tuiles de la ville et, au loin, les premières collines du Chianti.

Deux conseils pratiques avant d'y aller. D'abord, prenez le billet combiné Museo Civico + Torre del Mangia (15 euros en 2026), ou le triple incluant Santa Maria della Scala (20 euros) si vous comptez y aller le lendemain : c'est nettement moins cher que des tickets séparés, et la première entrée doit alors se faire par la tour. Ensuite, le nombre de visiteurs simultanés est limité et le billet de la tour ne se réserve pas : il s'achète le jour même aux guichets du Museo Civico ou de Santa Maria della Scala. En juillet et août, présentez-vous dès l'ouverture, les créneaux de l'après-midi partent vite.

Le Museo Civico se visite en 45 minutes à 1 heure si vous vous limitez aux salles principales, ou en 1h30 pour tout voir en détail, cartes géographiques anciennes et salle du Risorgimento comprises. Beaucoup de visiteurs se contentent de la Sala del Mappamondo et de la Sala dei Nove, ce qui est suffisant pour saisir l'essentiel de la collection sans se presser.

Jour 1 : la cathédrale de Sienne (Duomo) et ses trésors

Cathédrale de Sienne
© Shutterstock

Le Duomo, le Baptistère et la façade inachevée (Facciatone)

La cathédrale de Sienne, dédiée à Santa Maria Assunta, frappe d'abord par ses rayures : des bandes alternées de marbre blanc et de pierre noire verdâtre recouvrent toute la façade et l'intérieur, un motif qui renvoie au balzana noir et blanc présent sur le blason de la ville. L'intérieur abrite un sol en marqueterie de marbre unique en Europe, composé de 56 panneaux réalisés entre le XIVe et le XIXe siècle par des artistes siennois, dont Domenico di Bartolo et le peintre Pinturicchio.

Ce sol n'est visible dans son intégralité que pendant les périodes de « pavimento scoperto » (en 2026, du 27 juin au 31 juillet puis du 18 août au 15 novembre) ; le reste de l'année, une partie reste protégée par des planches pour limiter l'usure. Si votre week-end à Sienne tombe dans cette fenêtre, le billet passe de 14 à 16 euros, mais ne la manquez pas : certains panneaux, comme le Mont de la Sagesse de Pinturicchio, sont d'une complexité graphique rare pour un sol.

Juste à côté, le Baptistère) se love sous l'abside de la cathédrale, à un niveau inférieur à cause de la pente du terrain. Son trésor est la fonte baptismale hexagonale réalisée collectivement par Jacopo della Quercia, Donatello et Lorenzo Ghiberti entre 1417 et 1431, trois sculpteurs majeurs de la Renaissance italienne réunis sur une même œuvre.

Sur le flanc est de la cathédrale se dresse un mur isolé, haut et percé de grandes arcades vides : c'est le Facciatone. Ce fragment de façade inachevée appartenait à un projet d'agrandissement lancé en 1339 pour transformer le Duomo en l'une des plus grandes églises du monde chrétien. La peste de 1348, qui a tué près de la moitié de la population siennoise en quelques mois, a stoppé net le chantier. On peut aujourd'hui grimper sur cette façade abandonnée pour une vue en hauteur sur la cathédrale actuelle et la ville, moins élevée que depuis la Torre del Mangia mais avec un angle différent, presque à l'intérieur du Duomo.

Envie d'une mise en contexte avant d'entrer ? Le guide audio Ryo consacre une étape à ce chantier interrompu par la peste, avec une durée d'écoute suggérée pour ne pas arriver pressé devant le porche.

Le Museo dell'Opera et la Porta del Cielo

Museo dell'Opera del Duomo
© Shutterstock

Le Museo dell'Opera del Duomo (Piazza del Duomo 8, 53100 Siena, Italie, noté 4.4/5 sur Google pour 1 718 avis), installé dans ce qui aurait été la nef du Duomo Nuovo jamais achevé, conserve les œuvres retirées de la cathédrale au fil des restaurations, notamment la Maestà originale de Duccio di Buoninsegna, peinte entre 1308 et 1311 pour le maître-autel. Elle est considérée comme l'un des sommets de la peinture gothique siennoise, avec son revers entièrement peint de scènes de la Passion, visible uniquement dans ce musée.

C'est aussi depuis ce musée que l'on monte sur le Facciatone mentionné plus haut, par un escalier intérieur assez raide.

L'expérience la plus rare du Duomo reste la Porta del Cielo, la Porte du Ciel. Cette visite guidée, proposée seulement à certaines périodes de l'année et uniquement sur réservation, fait traverser les combles de la cathédrale, fermés au public depuis des siècles, avant de déboucher sur une vue plongeante directement au-dessus de la nef. Les billets sont limités à de petits groupes et partent rapidement en haute saison : si cette visite vous intéresse, réservez dès que les dates de la saison sont annoncées, en général plusieurs semaines à l'avance.

Comptez environ 1h30 à 2 heures pour l'ensemble du complexe cathédral (Duomo, Baptistère, Facciatone, Museo dell'Opera, crypte), couvert par l'OPA SI PASS à 14 ou 16 euros, valable trois jours. La Porta del Cielo, elle, se paie à part (21 euros). C'est le poste le plus cher de la journée, mais aussi celui qui concentre la plus forte densité d'œuvres d'art par mètre carré de tout le week-end.

Jour 1 : Fonte Gaia, les loggias et les ruelles des Contrade

Fonte Gaia
© Shutterstock

Fonte Gaia, la Loggia della Mercanzia et la Loggia del Papa

Revenez sur la Piazza del Campo en fin d'après-midi pour voir la Fonte Gaia, la fontaine monumentale achevée en 1419, alimentée par un réseau de canaux souterrains sur lequel on reviendra demain. Les bas-reliefs actuels sont des copies : les originaux de Jacopo della Quercia, trop abîmés par les intempéries, sont conservés à Santa Maria della Scala.

En remontant vers le quartier des affaires médiéval, la Loggia della Mercanzia (Via Banchi di Sotto, 53100 Siena, Italie, noté 4.5/5 sur Google pour 2 avis) marque la jonction entre la Piazza del Campo et la Via Banchi di Sotto. Construite au XVe siècle pour abriter le tribunal de commerce, elle servait aussi de salle d'attente couverte pour les marchands, un peu comme une bourse à ciel ouvert mais protégée des intempéries.

Quelques rues plus loin, la Loggia del Papa (ou Loggia di San Paolo) est une arcade plus discrète, érigée en 1462 en l'honneur du pape siennois Pie II, Enea Silvio Piccolomini. Elle est facile à manquer si vous ne cherchez pas le blason Piccolomini sculpté sur l'une de ses colonnes.

Flâner dans les contrade et comprendre le Palio

Au-delà des monuments, Sienne se comprend surtout en marchant sans itinéraire précis dans ses dix-sept contrade, les quartiers historiques de la ville. Chacun a ses propres couleurs, son blason animalier (l'Oie, la Tortue, le Dragon, la Louve) et sa propre église de quartier, reconnaissables aux drapeaux accrochés aux fenêtres et aux plaques émaillées fixées sur les murs d'angle.

Ces rivalités, qui remontent au Moyen Âge, culminent dans le Palio, la course de chevaux disputée deux fois par an sur la Piazza del Campo. Dix contrade sur dix-sept participent à chaque édition : les sept absentes de l'édition correspondante de l'année précédente courent de droit, les trois autres sont tirées au sort. La rivalité entre certaines d'entre elles dure depuis des générations : perdre contre son ennemie historique blesse davantage que ne pas gagner la course elle-même. Hors saison du Palio, vous pouvez quand même ressentir cette ferveur en entrant dans un musée de contrada, souvent ouvert sur demande, où sont exposés les costumes et les trophées des victoires passées.

Le parcours audioguidé Ryo traverse plusieurs de ces contrade et raconte en audio cette rivalité séculaire, de quoi comprendre pourquoi un Siennois peut citer sa contrada avant même sa profession.

Jour 2 : Santa Maria della Scala, l'Orto dei Pecci et les Bottini

Santa Maria della Scala
© Shutterstock

Santa Maria della Scala, l'ancien hôpital des pèlerins

Le deuxième jour commence en sens inverse du premier : on quitte les monuments de pouvoir pour suivre la route des pèlerins. Santa Maria della Scala, l'immense bâtiment qui fait face à la cathédrale, a fonctionné comme hôpital du Moyen Âge jusqu'au début des années 1990, avant d'ouvrir comme musée en 1995, ce qui en fait l'un des plus anciens établissements hospitaliers d'Europe encore identifiables comme tel.

Sa position n'est pas un hasard : l'édifice se dresse exactement sur le tracé de la Via Francigena, la route de pèlerinage médiévale qui reliait Cantorbéry à Rome. Des générations de voyageurs épuisés par des semaines de marche y trouvaient un lit, des soins et parfois une sépulture. Le bâtiment est aujourd'hui un musée dont la pièce maîtresse est la Sala del Pellegrinaio, une salle longue couverte de fresques du XVe siècle représentant la vie quotidienne de l'hôpital : distribution d'aumônes aux pauvres, soins aux malades, mariages de la noblesse locale organisés dans ses murs. Ces fresques, attribuées notamment à Domenico di Bartolo, comptent parmi les témoignages les plus précis de la vie hospitalière médiévale conservés en Europe.

Le sous-sol du musée abrite aussi les statues originales de la Fonte Gaia, celles que vous avez vues en copie la veille sur la Piazza del Campo, retirées de la place pour les protéger de la pollution et des intempéries. Une étape du parcours audioguidé Ryo de Sienne s'arrête justement devant ce bâtiment pour raconter son passé de plus ancien hôpital d'Europe sur la route de la Via Francigena, avant de poursuivre vers le jardin voisin.

L'Orto dei Pecci et l'aqueduc souterrain des Bottini

Orto dei Pecci
© Shutterstock

À dix minutes de marche, derrière le Palazzo Pubblico, les escaliers de la Piazza del Mercato descendent vers l'Orto dei Pecci (Via di Porta Giustizia 39, 53100 Siena, Italie, noté 4.5/5 sur Google pour 2 028 avis), un grand jardin en contrebas qui occupe un vallon resté étonnamment vert en plein centre historique. On y trouve une ferme pédagogique avec quelques animaux, un potager médiéval, un restaurant en plein air et surtout un point de vue à hauteur des fondations des maisons et des tours de la ville, une perspective qu'on n'a nulle part ailleurs à Sienne.

C'est aussi un bon endroit pour une pause déjeuner sur l'herbe si la météo le permet, à l'écart de l'agitation du centre.

Sous ce même vallon, et sous une bonne partie de la vieille ville, s'étend un réseau que presque aucun visiteur ne voit : les Bottini, un aqueduc souterrain creusé à la main dès le Moyen Âge pour acheminer l'eau de pluie des collines environnantes jusqu'aux fontaines de la ville, Fonte Gaia comprise. Les Siennois ont longtemps cherché sous leurs pieds une rivière mythique, la Diana, au point que Dante s'en moque dans le chant XIII du Purgatoire. La visite se fait uniquement accompagnée, sur réservation auprès de la commune, par groupes de 10 personnes maximum (environ 20 euros), certains week-ends seulement ; elle est interdite aux moins de 8 ans et déconseillée aux claustrophobes. Les places partent vite : réservez plusieurs semaines à l'avance.

Jour 2 : les pépites méconnues du centre historique

Palazzo Chigi-Saracini
© Shutterstock

Le Palazzo Chigi-Saracini et la Via Banchi di Sopra

À deux pas de la Piazza del Campo, le Palazzo Chigi-Saracini (Via di Città 89, 53100 Siena, Italie, noté 4.5/5 sur Google pour 20 avis) abrite depuis 1932 l'Accademia Musicale Chigiana, l'une des académies de musique classique les plus réputées d'Italie. Le palais lui-même, avec sa tour médiévale et sa cour intérieure, se visite en journée, mais le vrai moment à ne pas manquer si le calendrier le permet, c'est un concert du soir dans sa salle historique, à l'acoustique réputée exceptionnelle pour un espace de cette taille.

En continuant vers le nord par la Via Banchi di Sopra, l'ancienne rue des banquiers, vous longez des palais en brique et en pierre, dont le Palazzo Salimbeni, siège historique du Monte dei Paschi, fondé en 1472 et considéré comme la plus ancienne banque encore en activité au monde. C'est un bon raccourci entre le centre monumental et le quartier nord de la ville, moins photographié mais tout aussi représentatif du tissu urbain médiéval.

La légende de la fondation de Sienne et le free walking tour

Sienne louve romaine statue
© Shutterstock

Sienne aime se raconter une origine plus héroïque que celle, probable, d'un simple établissement étrusque puis romain. Selon la légende de la fondation de Sienne, la ville aurait été fondée par Senius et Aschius, les deux fils de Remus, lui-même frère de Romulus, fondateur de Rome. Fuyant leur oncle après le meurtre de leur père, les deux frères auraient emporté avec eux les statues de la louve romaine, qu'on retrouve aujourd'hui gravées un peu partout dans la ville, sur des colonnes, des façades et jusque sur certains lampadaires. Cette filiation revendiquée avec Rome explique aussi pourquoi le balzana noir et blanc de la ville apparaît associé aux chevaux de Senius et Aschius dans plusieurs fresques historiques.

Pour approfondir ces légendes et l'histoire des contrade sans y passer la journée, plusieurs opérateurs proposent un free walking tour, une visite guidée à pied gratuite (pourboire libre en fin de parcours) qui dure généralement 2 heures et part du centre. C'est une bonne option si vous voyagez seul et aimez le format collectif, mais le parcours audioguidé Ryo permet de relier ces mêmes pépites à votre propre rythme, sans dépendre des horaires fixes d'un groupe ni de la météo du jour.

Que manger à Sienne : spécialités et bonnes adresses

Cinta Senese charcuterie
© Shutterstock

La table siennoise suit un ordre presque immuable, et le respecter donne du sens à chaque étape du repas. On commence par une planche de charcuterie à base de Cinta Senese, une race de porc noir élevée en liberté dans la campagne toscane depuis l'Antiquité, aujourd'hui protégée par un label d'appellation. Son goût plus prononcé que la charcuterie industrielle vient d'une alimentation variée et d'une croissance lente.

À côté, le pecorino di Pienza, fromage de brebis affiné de quelques semaines à plusieurs mois selon les producteurs, se décline du frais et crémeux au bien sec et piquant. Beaucoup de trattorias en proposent une dégustation comparative, souvent accompagnée de confitures locales de figue ou de poire qui équilibrent le sel.

En plat, difficile d'échapper aux pici, des pâtes longues et épaisses, roulées à la main sans machine, sans œuf, juste de la farine et de l'eau. La recette la plus courante reste les pici all'aglione, avec une sauce tomate relevée à l'ail, mais on les trouve aussi au ragoût de sanglier (cinghiale) ou simplement au beurre et à la sauge en automne. Vous repérerez vite les bonnes adresses : ce sont celles où la carte change selon le marché du jour plutôt que de rester figée à l'année.

Pour le dessert, deux pâtisseries siennoises se disputent la place d'honneur. Le panforte, un gâteau dense aux fruits confits, miel et épices, se conserve plusieurs semaines et était à l'origine une nourriture de voyage pour les pèlerins empruntant la Via Francigena. Les ricciarelli, eux, sont de petits biscuits moelleux à base d'amandes et de sucre glace, en forme de losange, qu'on trouve dans presque toutes les pâtisseries du centre, parfois vendus à la pièce pour en goûter plusieurs variétés sans acheter une boîte entière.

Pour accompagner tout cela, demandez un verre de Chianti Colli Senesi, l'appellation DOCG des collines autour de la ville, à ne pas confondre avec le Chianti Classico produit plus au nord : plus simple à boire, souvent moins cher à la carte, et assez typé pour suivre la charcuterie comme les pici. Et si vous voyez « Terre di Siena » sur une bouteille, ce n'est pas du vin : c'est l'appellation DOP de l'huile d'olive extra vierge de la province, à rapporter en souvenir.

En fin d'après-midi, les bars à vin autour de la Via di Città ou de la Via Banchi di Sopra proposent un aperitivo à la toscane : un verre de vin accompagné de crostini au foie de volaille (crostini di fegatini), une recette traditionnelle qu'on retrouve sur presque toutes les cartes de la ville. C'est une bonne façon de faire une pause entre deux visites sans s'engager dans un repas complet, surtout si votre programme de la journée est chargé.

Côté adresses, évitez les restaurants directement sur la Piazza del Campo : la vue se paie au prix du plat, et la cuisine y est rarement à la hauteur du décor. Les meilleures trattorias se trouvent généralement à deux ou trois rues de là, dans les quartiers résidentiels des contrade, là où les habitués mangent encore au quotidien. Demandez conseil à votre hébergeur : à Sienne plus qu'ailleurs, le bouche-à-oreille local vaut mieux qu'un classement en ligne.

Excursions au départ de Sienne : Chianti et villages toscans

Chianti Classico
© Shutterstock

Le Chianti et ses vignobles

Si votre week-end à Sienne s'étire d'une demi-journée, le Chianti commence littéralement aux portes de la ville, vers le nord. Cette région de collines, de cyprès et de vignes produit le Chianti Classico, reconnaissable à son sceau du coq noir (Gallo Nero) sur l'étiquette, une appellation distincte du Chianti plus large qui couvre une zone géographique plus étendue. De nombreux domaines viticoles aux alentours de Castellina in Chianti ou Radda in Chianti ouvrent leurs portes pour une dégustation sur réservation, généralement entre 15 et 30 euros par personne, souvent accompagnée d'une petite assiette de charcuterie et de pecorino locaux.

Sans voiture, plusieurs agences locales organisent des demi-journées ou journées complètes avec transport inclus depuis le centre de Sienne, une option à considérer si vous préférez ne pas conduire après une dégustation.

Arezzo, Castelnuovo Berardenga et les villages voisins

Piazza Grande Arezzo
© Shutterstock

Vers l'est, Arezzo se visite en une journée complète depuis Sienne, environ 1 heure de route. La ville mérite le détour pour sa Piazza Grande en pente, cadre du célèbre Giostra del Saracino, une joute équestre historique, et pour le cycle de fresques de Piero della Francesca à la basilique San Francesco, un sommet de la peinture Renaissance au même niveau que les trésors siennois.

Plus proche, à une vingtaine de minutes de route, Castelnuovo Berardenga marque l'entrée sud du Chianti classique. Ce village plus modeste que les grands noms de la région offre un accès facile à plusieurs domaines viticoles familiaux, moins touristiques que ceux situés plus au nord près de Greve in Chianti.

San Gimignano et Monteriggioni

San Gimignano tours médiévales
© Shutterstock

À l'ouest, San Gimignano se repère de loin grâce à ses quatorze tours médiévales encore debout sur les soixante-douze qu'elle comptait à son apogée, un paysage urbain parfois surnommé la Manhattan du Moyen Âge. Comptez environ 40 minutes de route et une demi-journée sur place pour grimper à la Torre Grossa et flâner dans ses ruelles, idéalement en fin de matinée avant l'arrivée des cars de touristes.

Sur le chemin du retour vers Florence ou en complément de San Gimignano, Monteriggioni (Monteriggioni, 53035 Siena, Italie, noté 4.6/5 sur Google pour 6K avis) vaut un arrêt d'une heure, pas plus. Ce petit village fortifié, dont l'enceinte circulaire complète inspira Dante dans la Divine Comédie pour décrire les géants de l'Enfer, se visite entièrement à pied en 30 à 45 minutes, remparts compris. C'est une excursion courte, facile à combiner avec San Gimignano le même jour si vous louez une voiture pour prolonger le week-end d'une journée supplémentaire.

De retour en ville, gardez une heure pour reprendre le parcours audioguidé Ryo là où vous l'aviez laissé : les étapes manquées la veille se rattrapent facilement à pied, entre le Campo et le Duomo.

Comment venir et se déplacer à Sienne

Sienne n'a pas de gare TGV ni d'aéroport international à proximité immédiate : l'option la plus simple reste de passer par Florence. Depuis la gare de Florence Santa Maria Novella, les trains régionaux rejoignent Sienne en 1h15 à 1h30 selon les arrêts, avec un départ environ toutes les heures en journée. Comptez entre 8 et 10 euros l'aller simple.

En bus, la compagnie Autolinee Toscane (qui a repris le réseau Tiemme) propose des liaisons un peu plus rapides depuis Florence (environ 1h15 selon le trafic), avec une gare routière (Piazza Gramsci) directement adjacente au centre historique, contrairement à la gare ferroviaire qui se trouve en contrebas de la ville.

Une fois sur place, oubliez la voiture. Le centre historique de Sienne est entièrement en Zone à Trafic Limité (ZTL), interdite aux véhicules non autorisés toute la journée. Tout se visite à pied, avec quelques montées parfois raides entre les quartiers : comptez 20 à 25 minutes pour traverser le centre historique d'un bout à l'autre. Si vous venez en voiture depuis la campagne toscane, garez-vous dans l'un des parkings périphériques signalés autour des remparts plutôt que de chercher une place en centre-ville, ce qui serait une perte de temps garantie.

Où dormir à Sienne pour un week-end

Piazza del Campo
© Shutterstock

Pour un court séjour, le critère numéro un reste la localisation intra-muros. Dormir dans le centre historique, même dans un établissement modeste, change complètement l'expérience du soir : vous pouvez revenir sur la Piazza del Campo après le dîner, quand les touristes de passage sont repartis et que la place retrouve son calme, éclairée par les façades plutôt que par les cars de tourisme.

Les hébergements situés hors des remparts coûtent généralement moins cher, mais vous obligent à reprendre la voiture ou un bus pour chaque trajet, ce qui grignote vite une bonne partie des soirées d'un week-end de deux jours seulement.

Un autre avantage de loger intra-muros : le silence relatif de la nuit. Passé 23 heures, le centre historique de Sienne, sans circulation automobile, retrouve un calme que peu de villes italiennes de cette taille peuvent offrir. Si vous cherchez un hébergement avec vue, certaines chambres donnant sur les toits du quartier donnent directement sur la Torre del Mangia ou sur le dôme du Duomo, un vrai plus pour les photographes, même si ces options se réservent plusieurs mois à l'avance en haute saison.

Si vous voyagez en haute saison, en particulier autour des dates du Palio début juillet et à la mi-août, réservez plusieurs mois à l'avance : la ville entière se remplit et les prix peuvent doubler sur ces périodes précises. Pour le reste de l'année, une réservation deux à trois semaines avant suffit largement, même pour un week-end de printemps ou d'automne.

Conseils pratiques : durée idéale, budget et meilleure saison

Piazza del Campo
© Shutterstock

Un jour suffit-il pour visiter Sienne ? Techniquement oui, si vous vous limitez à la Piazza del Campo, au Duomo et à une montée dans une tour. Mais deux jours permettent d'ajouter Santa Maria della Scala, les contrade et une excursion dans le Chianti, ce qui transforme une visite éclair en un vrai week-end. Pour un passage express depuis Florence dans la même journée, comptez une amplitude de 8 à 10 heures aller-retour trajet inclus, ce qui laisse à peine 5 à 6 heures sur place : jouable, mais frustrant si vous aimez prendre votre temps devant les fresques.

Côté budget, prévoyez environ 60 à 90 euros par personne et par jour hors hébergement, billets d'entrée aux monuments inclus (comptez 14 à 16 euros pour l'OPA SI PASS du Duomo, 21 euros de plus pour la Porta del Cielo, et 15 euros pour la Torre del Mangia et le Museo Civico ensemble) et deux repas en trattoria.

Pour la meilleure saison, évitez juillet et surtout les jours qui précèdent et suivent le 2 juillet et le 16 août, dates du Palio : la ville est alors bondée et les prix d'hébergement grimpent fortement. Le printemps (avril-mai) et le début de l'automne (septembre, début octobre) offrent une météo agréable, une luminosité idéale pour les photos sur la Piazza del Campo et une fréquentation nettement plus raisonnable qu'en plein été.

Niveau équipement, prévoyez de bonnes chaussures de marche : les ruelles pavées et les montées entre quartiers sont peu adaptées aux talons ou aux semelles lisses. En été, une gourde réutilisable est utile : plusieurs fontaines publiques du centre historique distribuent de l'eau potable gratuite, un détail qui évite d'acheter des bouteilles toute la journée sous la chaleur toscane.

C'est nouveau, c'est dans Ryo

Les derniers parcours audioguidés ajoutés dans l'application

FAQ

Combien de jours faut-il pour visiter Sienne ?

Deux jours couvrent l'essentiel : la Piazza del Campo, le Palazzo Pubblico, la Torre del Mangia, le Duomo et Santa Maria della Scala. Un troisième jour permet d'ajouter une excursion dans le Chianti ou à San Gimignano. En une seule journée, concentrez-vous sur la place, la cathédrale et une seule montée panoramique plutôt que de courir partout.

Peut-on visiter Sienne en une seule journée depuis Florence ?

Oui, c'est une excursion classique en train (1h15 à 1h30 l'aller), mais elle laisse peu de marge : comptez 5 à 6 heures effectives sur place après les trajets. Privilégiez un départ tôt le matin et limitez-vous à la Piazza del Campo, au Duomo et à une seule tour plutôt que de tout faire au pas de course.

Quelle est la spécialité culinaire de Sienne ?

Les pici, des pâtes épaisses roulées à la main, sont le plat signature de la ville, souvent servis à l'aglione ou au ragoût de sanglier. Côté desserts, le panforte et les ricciarelli, deux pâtisseries aux amandes et épices, se trouvent dans toutes les boutiques du centre. La charcuterie de Cinta Senese et le pecorino di Pienza complètent la table siennoise.

Pourquoi Sienne est-elle connue : qu'est-ce que le Palio ?

Sienne est surtout connue pour son centre historique médiéval intact et pour le Palio, une course de dix chevaux montés à cru autour de la Piazza del Campo, disputée le 2 juillet et le 16 août. Dix des dix-sept contrade, les quartiers historiques de la ville, y participent chaque fois (sept de droit, trois tirées au sort), dans une rivalité qui dure depuis des siècles.

Quelle est la meilleure saison pour visiter Sienne ?

Le printemps (avril-mai) et le début de l'automne (septembre, début octobre) offrent le meilleur compromis entre météo agréable et fréquentation raisonnable. L'été, en particulier autour des dates du Palio début juillet et mi-août, la ville est bondée et les prix d'hébergement augmentent nettement.

Comment se déplacer dans le centre historique de Sienne ?

À pied uniquement : le centre historique est classé en zone à trafic limité, interdite aux véhicules non autorisés. Comptez 20 à 25 minutes pour le traverser d'un bout à l'autre, avec quelques montées raides entre les quartiers. Si vous arrivez en voiture, garez-vous dans l'un des parkings situés en périphérie, le long des remparts.

Un week-end à Sienne tient dans un format resserré mais ne manque jamais de matière : deux jours suffisent pour passer de la fresque politique du Palazzo Pubblico aux canaux souterrains de Santa Maria della Scala, en passant par un plat de pici roulé à la main et une dégustation de Chianti dans les collines voisines. La ville récompense surtout ceux qui prennent le temps de lever les yeux, vers le sommet d'une tour ou vers les loggias discrètes à l'écart du Campo.

Pour organiser chaque étape sans y penser sur place, le parcours audioguidé Ryo de Sienne reste le moyen le plus simple de visiter à votre rythme, casque sur les oreilles, entre la Piazza del Campo et les ruelles des contrade, sans dépendre des horaires d'une visite collective ni d'une réservation de dernière minute.