

L'hôtel Irma
©Robert Alescio CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.fr>via Wikipedia Commons
L'Irma Hotel est l'un des bâtiments les plus emblématiques de Cody. Il a été construit en 1902 par Buffalo Bill lui-même. À cette époque, Cody est encore une petite communauté de la frontière, mais Buffalo Bill imagine déjà un lieu élégant pour accueillir les voyageurs et les visiteurs qui se rendent vers Yellowstone. Il investit près de 80 000 dollars dans ce projet, une somme considérable pour l'époque. L'hôtel porte le prénom de sa fille préférée, Irma Louise Cody, un hommage très personnel au cœur de la ville qu'il a contribué à créer. Buffalo Bill et sa femme Louisa ont eu quatre enfants, mais les deux premiers sont morts très jeunes, à 11 et 5 ans. Son aînée Arta a atteint l’âge adulte, mais disparaît prématurément en 1904. Irma est donc la dernière, et la seule encore en vie lorsque l’hôtel ouvre ses portes, ce qui explique le lien très fort que son père entretenait avec elle. Malgré cette affection, Irma a connu une vie difficile. Elle s'est mariée, a géré l'hôtel avec son mari, mais a connu des épreuves personnelles et financières. Elle est morte en 1918, à seulement 35 ans, emportée par la grippe espagnole, quelques jours seulement après son mari. Une fin tragique pour celle qui avait donné son nom à ce lieu. Pour l'époque, l'Irma Hotel est un établissement particulièrement moderne dans cette région encore isolée de l'Ouest américain. On y trouve des chambres confortables, un restaurant et un bar qui devient rapidement un lieu de rencontre incontournable pour les voyageurs, les cowboys, les hommes d'affaires et les visiteurs curieux de découvrir l'Ouest. La devise de l'hôtel résume parfaitement l'ambiance : "Fancy enough for royalty, plain enough for cowboys", assez raffiné pour la royauté, assez simple pour les cowboys. L'une des anecdotes les plus célèbres concerne le bar. Il est fabriqué en bois de cerisier massif et, selon la légende locale, aurait été offert à Buffalo Bill par la reine Victoria d'Angleterre, en hommage au succès de son Wild West Show lors de ses tournées européennes. La réalité historique est plus nuancée : il aurait en fait été acheté par Buffalo Bill lors d'un voyage en France, avant de traverser l'Atlantique jusqu'au Wyoming. Mais la légende, elle, est restée. Et elle a même voyagé plus loin qu'on ne l'imagine : en 2018, un célèbre metteur en scène d'opéra a révélé s'être inspiré de ce bar pour créer le décor du premier acte de La Fanciulla del West de Puccini joué sur la grande scène de la Scala de Milan. Buffalo Bill lui-même n'a pas pu profiter longtemps de son hôtel. Acculé par les dettes en 1913, il est contraint de le céder à sa femme Louisa, avec qui il est alors en mauvais terme, avant de mourir quatre ans plus trad. Après sa disparition, l’établissement change de propriétaires à plusieurs reprises, s’agrandit dans les années 1930 pour s’adapter à l’arrivée des voyageurs en automobile, puis est classé monument historique national en 1973.







