

La nation Massachusetts
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Retournez-vous pour découvrir un bas-relief de 1930 qui célèbre le tricentenaire de la ville. Cette œuvre met en scène la rencontre entre William Blaxton et John Winthrop en 1630. Blaxton est souvent présenté comme le premier habitant de Boston. Cet érudit excentrique s'était installé seul vers 1625 dans une cabane entourée d'un verger au cœur de ce qui deviendra Boston. À l'arrivée des colons puritains, c'est lui qui leur indique la source d'eau douce qui sauvera la colonie. Mais cette poignée de main cordiale visible ici réécrit l'histoire. Blaxton n'est pas arrivé dans un désert sauvage : cette péninsule s'appelait Shawmut et était habitée depuis des millénaires par le peuple autochtone des Massachusett. C'est d'ailleurs de cette puissante nation d'origine que l'État du Massachusetts tire directement son nom, qui signifie « grande colline » en référence aux Blue Hills au sud de la ville. Relégués au second plan ici, les autochtones sont en réalité décimés par des vagues d'épidémies importées par les premiers navigateurs européens, tuant jusqu’à 90 % de la population originelle. C’est ce vide qui a permis aux colons de s’approprier les terres, puis de couper méthodiquement les survivants de leurs ressources. L'histoire ne les épargne pas par la suite non plus. Lors de la guerre du Roi Philip en 1675, des centaines d'autochtones, pourtant christianisés, furent raflés par les autorités coloniales et internés de force dans des conditions terribles sur Deer Island, dans le port de Boston. Beaucoup y périrent de faim et de froid. Toutefois, le peuple Massachusett n'a pas disparu avec l'arrivée des navires anglais : ses descendants, notamment au sein de la tribu Massachusett de Ponkapoag, perpétuent toujours leur culture et rappellent que la fondation de Boston fut avant tout une dépossession. De fait, le drapeau du Massachusetts fait aujourd’hui polémique en représentant un autochtone sous un bras brandissant une épée. Pour beaucoup de peuples autochtones, ce symbole est offensant car il évoque la violence coloniale. Depuis peu, une commission s’est ouverte pour réfléchir à un autre drapeau, même si certains craignent aussi un retrait de toute figure autochtone, renforçant leur effacement historique.
Ce point d'intérêt est présent dans les parcours ...
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