L'église Saint-Sauveur et la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes

Ji-Elle, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons

En remontant la rue Saint-Sauveur, vous avez sans doute remarqué deux clochers presque côte à côte. Non, Saint-Goustan n’a pas construit deux églises par indécision ! Ces deux édifices appartiennent simplement à des époques et à des formes de dévotion bien différentes.

Commençons par l’église Saint-Sauveur, la plus ancienne des deux. Elle domine le quartier depuis le XVe siècle, mais son apparence actuelle est en grande partie plus récente. En 1886, un violent incendie ravage l’édifice.

De l’ancienne église, il ne reste que le porche. Prenez donc le temps d’observer ses pierres et ses sculptures : elles ont survécu là où presque tout le reste a dû être reconstruit. L’église rouvrit deux ans plus tard, habillée de boiseries et d’un mobilier de style néogothique.

Mais le véritable trésor vous attend à l’intérieur. Si les portes sont ouvertes, entrez et levez les yeux vers la voûte. Vous devriez apercevoir un imposant navire suspendu au-dessus de vous.

C’est l’Orion, et avec ses 2 mètres 67 de longueur, il est souvent présenté comme le plus grand ex-voto marin de Bretagne. Un ex-voto est une offrande déposée dans un lieu religieux pour demander une protection ou remercier d’avoir échappé à un danger. Dans un quartier de marins, quoi de plus naturel qu’un bateau ?

Seulement, l’Orion n’était pas au départ destiné à une église. Cette maquette de cuirassé aurait été réalisée dans les ateliers de la Marine de Lorient, probablement comme modèle d’étude. Elle ne devint un ex-voto qu’en 1908.

Et ce bateau a connu une véritable crise d’identité : il fut successivement appelé Saint-Goustan, Le Goustannais, puis Le Bigorneau, avant de recevoir son nom actuel lors de sa restauration dans les années 90. Avant de ressortir, cherchez aussi la représentation de saint Goustan. Vous devriez facilement le reconnaître : en bon protecteur des marins et des pêcheurs, il est accompagné de son fameux poisson magique.

Revenons maintenant au second clocher. Il appartient à la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes, bâtie bien plus tard, à la fin du XIXe siècle. Son architecture néogothique s’inspire de la basilique supérieure du sanctuaire de Lourdes, tout en lui ajoutant une touche bien bretonne.

Levez les yeux vers son clocher élancé et sa flèche de pierre finement découpée : ils sont inspirés des clochers traditionnels de Cornouaille, dans le Finistère. Sa construction témoigne de l’immense ferveur provoquée dans toute la France par les apparitions de Lourdes en 1858. Si vous avez la chance de trouver la chapelle ouverte, ses neuf vitraux et sa grotte reconstituée vous plongeront dans l’histoire de Bernadette Soubirous et de la Vierge de Lourdes.

Deux édifices décidément bien différents, mais qui forment, à eux deux, un véritable concentré de traditions maritimes et de ferveur bretonne !

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