

L’Hôtel Gabriel
©XIIIfromTOKYO, CC BY 3.0 httpscreativecommons.orglicensesby3.0, via Wikimedia Commons
Bienvenue dans l'Enclos du port, le cœur historique de Lorient. Face à vous se dresse l'Hôtel Gabriel, un chef-d'œuvre de l'architecture classique du XVIIIᵉ siècle, classé Monument historique depuis 1930. Dessiné en 1731 par Jacques V Gabriel, le premier architecte du Roi Louis XV, cet édifice devait devenir l'hôtel des ventes principal de la puissante Compagnie des Indes.
Et l'histoire du bâtiment commence par une petite surprise : si vous observez son architecture, vous constaterez un plan en U composé de deux pavillons symétriques... mais sans corps de logis central ! Le projet d'origine prévoyait pourtant un immense bâtiment principal pour relier les deux ailes.
Mais pour tenir impérativement le calendrier des grandes ventes d'automne de 1734, l'architecte a dû réduire les prétentions du chantier. Le corps central ne sortira jamais de terre, offrant à l'ensemble cette symétrie reposant sur deux seuls pavillons, une composition très rare pour l'époque. Prenez le temps d'observer le magnifique travail de la pierre.
L'édifice utilise un trio de matériaux typiquement bretons : un soubassement en granit solide pour résister aux embruns et à l'humidité, une élévation en tuffeau clair pour la finesse des sculptures, et une toiture en ardoise. Mais le détail le plus fascinant se niche au-dessus des travées centrales de chaque pavillon, sous la forme de mascarons sculptés. Sur le pavillon est, le dieu Hermès, coiffé de son chapeau ailé, veille sur les commerçants et les navires en partance.
Sur le pavillon ouest, la déesse Athéna se présente sous un jour inédit : armée de son casque et de sa lance, elle est aussi entourée d'instruments scientifiques comme un compas, une équerre et une longue-vue. C'est la toute première fois dans l'histoire de l'art classique français que les outils de la construction navale sont ainsi immortalisés sur la façade d'un monument officiel ! Au fil des siècles, l'hôtel Gabriel a tout connu.
Siège des ventes de soies, de cafés, d'épices et de porcelaines sous l'Ancien Régime, c’est aussi ici que se passait la traite négrière et que s’organisait l’esclavage. En effet, il ne faut pas oublier que la Compagnie des Indes a déporté à elle seule plus de 95 000 personnes vers les Amériques et les îles. Ce commerce s’arrête avec la reprise du port par la Marine royale en 1770 qui en fait le siège de la préfecture maritime pendant près de deux siècles.
Ensuite, durant la Seconde Guerre mondiale, l'occupant allemand aménage même un blockhaus et une cave sous la cour centrale. Décidément, ça en fait des rôles pour un seul lieu, aussi emblématique soit-il. Avant de poursuivre votre déambulation, n'hésitez pas à contourner l'édifice pour vous perdre dans son superbe jardin à la française de 16 hectares, labellisé « Jardin remarquable ».
Ce point d'intérêt est présent dans les parcours ...
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