Cathédrale métropolitaine Panagia Spiliotissa

Shutterstock

Devant vous se dresse la cathédrale Panagia Spilotissa, reconnaissable à sa façade ocre, flanquée de ses grandes fenêtres en arc et d'une rosace centrale. Bâtie à la fin du XVIe siècle sur les ruines d'un sanctuaire plus ancien, cette basilique présente une architecture à trois nefs, un style Renaissance particulièrement rare parmi les églises des îles Ioniennes. Mais sous sa voûte se cache surtout le trésor d'un épisode majeur de l'histoire du monde chrétien. Dans le sarcophage en argent précieusement conservé à l'intérieur repose le corps intact d'une femme d'exception : l'impératrice Théodora l'Augusta. Pour comprendre pourquoi sa présence ici est si capitale, il faut remonter au IXe siècle. À cette époque, l'Empire byzantin est déchiré par la crise iconoclaste, une querelle sanglante de plus de cent ans. Les empereurs successifs interdisent les images saintes, ordonnant de brûler les icônes et de martyriser leurs fidèles. Le mari de Théodora, l'empereur Théophile, est lui-même un persécuteur acharné. Mais dans le plus grand secret, Théodora et ses enfants continuent de vénérer des icônes dissimulées dans leurs appartements. Pour tromper la vigilance de l'empereur, toute la famille utilise un code secret et surnomme les icônes cachées « les bons jeunes hommes ». À la mort de son mari en 842, Théodora prend le pouvoir comme régente. En 843, elle tranche définitivement le débat : elle rétablit solennellement le culte des images, mettant fin à un siècle de destructions. C'est grâce au courage de cette femme que l'icône a repris sa place centrale dans la foi orthodoxe, car l'icône n'est pas une simple image décorative, mais une véritable « fenêtre sur le ciel ». Comme celles de saint Spyridon, les reliques de Théodora ont été sauvées de la chute de Constantinople en 1456 pour trouver refuge ici, à Corfou. D'ailleurs, chaque premier dimanche de Carême, lors du Dimanche de l'Orthodoxie, le corps de l'impératrice est porté en procession dans toutes les ruelles de la ville. La cathédrale est aussi dédiée à saint Blaise, un évêque médecin du IVe siècle. En souvenir d'un miracle où le saint aurait guéri des enfants atteints de la peste avec des fruits bénis, l'église conserve une coutume étonnante : chaque 11 février, après la messe, on distribue aux fidèles des morceaux de pastèque en plein cœur de l'hiver !

Google Play

Vos commentaires, idées et suggestions

Aucun avis pour le moment

Votre tempo, nos guides audio

Google Play