

Sainte église de Saint-Spyridon
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Au cœur de la vieille ville, son clocher de quarante mètres coiffé d'un dôme rouge domine tous les toits : vous voici devant l'église Saint-Spyridon, le saint patron de Corfou. Mais l'histoire de ce lieu réserve une première surprise de taille. Spyridon, berger devenu évêque au IVe siècle, n'a absolument jamais mis les pieds à Corfou de son vivant ! C'est après la chute de Constantinople que ses reliques entament un long périple à travers les Balkans avant d'atterrir sur l'île en 1456. Et le destin du saint prend une tournure pour le moins insolite en 1512 : le corps de Spyridon est intégré à une dot de mariage lors de l'union d'une héritière avec un membre de la noble famille Voulgaris. Les reliques appartiennent ainsi à une famille privée pendant des siècles, qui finit par bâtir cette église dans les années 1580. Observez la façade ouest : l'absence de grand portail s'explique tout simplement par le fait que la demeure des Voulgaris y était directement adossée. L'année est rythmée par quatre grandes processions au cours desquelles le saint est porté à travers la ville. Chose rare : aucune de ces fêtes ne célèbre sa naissance ou sa mort. Toutes commémorent un sauvetage héroïque de l'île, qu'il s'agisse d'une peste terrassante, d'une famine dévastatrice ou du fameux siège ottoman de 1716, où le saint serait apparu sous les traits d'un moine brandissant une torche pour semer la panique chez l'ennemi. Mais c'est au moment de Pâques que la ferveur atteint son sommet. C'est ici que résonne la musique des célèbres fanfares philharmoniques de l'île, dont la plus ancienne a été fondée en 1840 pour offrir aux habitants leur propre académie de musique. Le Samedi saint, vers 11 heures du matin, au signal de la Première Résurrection, la ville bascule dans un rituel spectaculaire : la tradition des botides. Les habitants projettent de leurs balcons d'imposantes jarres en terre cuite souvent remplies d'eau, qui viennent s'éclater dans un fracas monumental sur le pavé des ruelles. Héritage des festivités vénitiennes ou vieux rite agricole de l'Antiquité, le geste est censé chasser les mauvais esprits et saluer le renouveau. En entrant dans cette église, levez les yeux pour admirer le plafond peint, l'ourania, dont les dix-sept panneaux enchâssés de dorures racontent la vie et les prodiges de ce patron.
Ce point d'intérêt est présent dans les parcours ...
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