

Synagogue de Corfou
©GualdimG, CC BY-SA 4.0 httpscreativecommons.orglicensesby-sa4.0, via Wikimedia Commons
Vous vous trouvez maintenant devant la synagogue de Corfou. C’est ici l’occasion de revenir sur un pan historique majeur de Corfou car la présence de la communauté juive est extrêmement ancienne, remontant à l'Antiquité, avant de s'enrichir au fil des siècles de plusieurs vagues de réfugiés. Au Moyen Âge et à la Renaissance, des Juifs chassés du sud de l'Italie, les Pugliesi, ainsi que des familles expulsées d'Espagne, viennent trouver refuge à Corfou. La cité se retrouve alors partagée entre deux groupes distincts : les Greci, fidèles aux rites grecs d'origine, et les Pugliesi, de culture italienne. Ensemble, ils créent un quartier dynamique, le ghetto Evraiki, et bâtissent plusieurs synagogues, dont la Scuola Greca, qui se dresse toujours aujourd'hui rue Velissariou avec sa superbe architecture d'influence vénitienne. Mais cette présence pluricentenaire va basculer lors de la Seconde Guerre mondiale. Occupée d'abord par les Italiens, l'île bascule en septembre 1943 lorsque l'Italie capitule. L’arrivée des troupes allemandes est précédée de bombardements massifs qui ravagent la ville, détruisant des quartiers entiers, avant que la Wehrmacht ne prenne le contrôle total du territoire. Dès leur arrivée, les forces allemandes instaurent un climat de terreur, imposent des lois antijuives, confisquent les biens et établissent des listes de recensement précises. Le 9 juin 1944, l'ordre tombe et la population juive est sommée de se rassembler. Plus de mille huit cents hommes, femmes et enfants sont arrêtés et conduits derrière les sombres murailles du Vieux Fort où ils sont enfermés plusieurs jours dans des conditions épouvantables. Malgré quelques protestations locales et la tentative, assez rare pour être soulignée, du commandant militaire allemand d’empêcher la déportation, la communauté juive se retrouve acheminée vers Athènes, avant d’être déportée dans les wagons de la mort vers le camp d'Auschwitz-Birkenau. La grande majorité est gazée dès son arrivée. Sur les près de deux mille membres que comptait la communauté à la veille de la guerre, moins de deux cents survivants sont dénombrés après la libération. L'occupation allemande s'achève finalement en octobre 1944 : face au repli général de l'Axe dans les Balkans, les troupes allemandes évacuent l'île au début du mois, avant le débarquement des commandos britanniques le 14 octobre, qui officialise la libération d'une cité en ruines et amputée de sa communauté juive.
Ce point d'intérêt est présent dans les parcours ...
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