Oratorio di San Desiderio

©Tommaso Fedeli, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.fr>via Wikipedia Commons

Vous passez devant l’Oratorio di San Desiderio, un petit bâtiment discret, presque anonyme au premier regard. Rien, depuis l’extérieur, ne laisse deviner ce qu’il renferme. Et pourtant, vous avez là l’un des trésors cachés de Pistoia. L’histoire du lieu remonte à plus de neuf siècles. Dès 1084, il abrite un couvent de religieuses bénédictines. Au fil du temps, il change plusieurs fois de fonction : monastère, hôpital pour pèlerins, puis de nouveau couvent. À la fin du XVIIIe siècle, il est transformé en bâtiment privé, allant même jusqu’à devenir un simple entrepôt. Ce n’est qu’au XXe siècle que son importance est redécouverte et que le lieu est restauré puis ouvert au public. Mais ce qui rend cet oratoire unique, c’est ce qui vous attend à l’intérieur. Sur tout le mur du fond s’étend une immense fresque réalisée au XVIe siècle par le peintre Sebastiano Vini, installé à Pistoia mais formé dans la tradition vénitienne. La scène est impressionnante : elle représente le martyre de dix mille soldats chrétiens sur le mont Ararat. Une histoire ancienne, presque légendaire, dans laquelle ces soldats refusent de renier leur foi et sont condamnés à mourir. Regardez la composition : des dizaines de corps, des croix partout, des scènes de violence, mais aussi des gestes de foi. La fresque est organisée comme un vaste panorama, où plusieurs moments se déroulent en même temps. Les couleurs sont vives, presque surprenantes pour un sujet aussi tragique. C’est l’influence de la peinture vénitienne, qui cherche à donner vie et intensité à la scène. Un endroit facile à manquer… mais riche en découvertes.

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