Les Rampes du Loch

Ji-Elle, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons

Vous voilà au sommet des rampes du Loch. Essayez d’imaginer le décor sans la promenade, sans les jardins et sans les maisons qui vous entourent. Car à leur place se dressait autrefois le château des ducs de Bretagne.

Autrement dit, vous ne contemplez pas ses ruines de loin : vous êtes pratiquement dessus ! Au passage, pourquoi appelle-t-on l’endroit les « rampes du Loch » ? Rien à voir avec les remparts du château.

Les rampes sont tout simplement les chemins en pente qui descendent en lacets vers le Loch, le nom de la rivière qui coule en contrebas et rejoint ensuite la rivière d’Auray. Dès le XIe siècle, une forteresse dominait ici la vallée. Depuis cette hauteur, elle surveillait le port, contrôlait le passage de la rivière et protégeait les deux parties de la ville : Auray, sur les hauteurs, et Saint-Goustan, en contrebas.

Au début du XIIIe siècle, l’ancienne fortification est profondément transformée pour devenir un véritable château de pierre, avec ses tours et ses murailles. Et il ne servait pas uniquement à repousser les assaillants. Lors de leurs déplacements à travers la Bretagne, les ducs pouvaient y séjourner avec une partie de leur cour.

On y trouvait de grandes salles, des appartements, une chapelle et des écuries. En 1442, le duc François y célèbre même son mariage avec Isabelle d’Écosse. On était donc bien loin du petit donjon perdu au fond de la campagne !

Mais après le rattachement du duché de Bretagne au royaume de France, la forteresse perd peu à peu son intérêt stratégique et finit par tomber en ruine. En 1558, le roi Henri II autorise finalement sa démolition. Mais pas question pour autant de gaspiller toutes ces pierres déjà taillées !

Une partie est transportée par bateau jusqu’à Belle-Île, où un nouveau fort est alors en construction. La vieille forteresse médiévale d’Auray sert donc à bâtir l’ancêtre de l’actuelle citadelle Vauban. Tout n’est cependant pas parti à Belle-Île.

En descendant les rampes, ouvrez l’œil : les trois grands contreforts qui émergent de la pente appartenaient bien au château. Ils soutenaient autrefois sa partie principale, celle qui abritait notamment les grandes salles et les appartements. Vous pourrez également repérer les vestiges d’une tour ronde appelée la « tour du Talus ».

Attention toutefois : tous les murs que vous voyez ne datent pas du Moyen Âge. Les escaliers, les lacets et une partie des murs de soutènement ont été aménagés bien plus tard, lorsque la promenade a été créée sur les ruines du château, en 1821. La forteresse d’Auray est donc toujours là, mais en pièces détachées : quelques vestiges dans la pente, des pierres parties à Belle-Île et son nom conservé par la rue du Château que vous avez parcourue tout à l’heure.

Pour un monument disparu, elle a tout de même laissé pas mal de traces !

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